Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La rotonde de Anne-Marie Garat

Anne-Marie Garat
  Dans la main du diable
  Les mal famées
  La rotonde
  Dans la pente du toit
  Nous nous connaissons déjà

Née à Bordeaux en 1946, Anne-Marie Garat est une romancière française. Elle vit à Paris, où elle a enseigné le cinéma et la photographie.

Elle a obtenu le Prix Femina pour son roman "Aden" en 1992 et le prix Marguerite Audoux pour son roman, "Les mal famées".

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"


La rotonde - Anne-Marie Garat

Tentative d’épuisement d’une scène
Note :

   «La rotonde», court texte d’une soixantaine de pages, appartient à un triptyque qui comprend «L’amour de loin» paru en 1998 et un prochain ouvrage encore à paraître.
   
   En ce qui concerne «La rotonde», la quatrième de couverture, qui résume les deux premières pages de l’ouvrage (aussi n’y a-t-il pas ci-dessous divulgation abusive) nous livre la scène sur laquelle l’auteure va broder, discourir, supputer, imaginer, évaluer, présumer, délirer, analyser, deviner, supposer, vaquer en cercles concentriques ou centrifuges, d’où elle va partir et où elle va revenir, sur laquelle elle va braquer différents regards, postés à différents angles, portés par des êtres différents par l’âge, le sexe, la situation, l’histoire, le statut…
   
    «Tandis que je naissais, mon père tira soudain un coup de fusil à bout portant sur la jeune sœur de ma mère. Par accident, inadvertance, ou par fatalité, la balle à elle adressée alla toucher, au creux du cou, sa belle amie sortant de son lointain jardin, au sud. A l'instant, le frère de celle-ci, escaladant la falaise, par héroïsme ou vanité, surpris par la détonation, faisait une chute mortelle sur les rochers de la baie, au nord extrême du paysage»
   
   Flash, lamelle de vie, un éclat de drame, de mort, de vie, d’amour, de bonheur infini et d’infini chagrin, des vies qui commencent, se brisent, prennent un tournant, luttent, vont leur cours ou cessent, au même moment. Une seule scène. Un instant. Bref, comme un coup de feu qui claque. Comme le déclic du photographe. Un éclair, un flash… qui rencontre une conteuse. Une brodeuse. Enivrée par son propre chant, la narratrice, la rêveuse, délire en mots finement brodés. Mais tout cela…
    « C’était juste une image.
   C’était une image dont ma vue est éprise, et charmée, sans lasser d’être éblouie jusqu’à la cruauté, bientôt médusée d’un si grand épouvantement qu’elle hérisse mes poils, et fait grincer mes dents. Partout la nécessité y tenait, partout le beau hasard y ouvrait ses genoux à ce qui naît, à ce qui meurt, comme à l’amour et l’agonie.»

   
   «Juste une image» et tout une image, c'est-à-dire, le point de rencontre de mille possibles.
   
   Et puis il y a le style d’ Anne-Marie Garat, une écriture qui vous surprendra si vous ne la connaissez pas déjà, une façon d’écrire qui n’appartient qu’à elle et qui m’a largement séduite et convaincue.

critique par Sibylline




* * *