Lecture / Ecriture
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Toujours prêt, Jeeves? de Pelham Grenville Wodehouse

Pelham Grenville Wodehouse
  Bienvenue à Blandings
  Merci, Jeeves
  Bonjour, Jeeves
  Toujours prêt, Jeeves?
  Le doyen du club-house
  Au secours, Jeeves!
  Sally entre en scène
  Jeeves dans la coulisse
  Pas de pitié pour les neveux

Sir Pelham Grenville Wodehouse est un humoriste et romancier anglais né en 1881 et décédé en 1975.

Toujours prêt, Jeeves? - Pelham Grenville Wodehouse

Un rafraîchissement ?
Note :

   Cette semaine, pas de répit pour Mademoiselle Lou, dont l’agenda overbooké laissait peu de place à la lecture et encore moins à toute tentative d’intrusion de la part d’un quelconque auteur un tant soit peu sérieux. Place au léger, donc, et qui dit léger disait cette fois-ci Wodehouse, dont je me promettais de découvrir la prose so British ! depuis longtemps. Dans les transports ou quelques minutes avant de m’endormir, jusqu’à un samedi après-midi édifiant, ce petit cocktail tonique s’est bien prêté au jeu et m’a joyeusement accompagnée sans pour autant faire travailler mes neurones outre mesure. Je n’en demandais pas plus !
   
   Wodehouse a ceci de reposant qu’il ne se passe pas grand-chose avec lui, hormis les mésaventures abracadabrantes d’un jeune héritier sympathique mais passablement stupide, qui :
   - Apprend que Florence, jeune intello belle mais envahissante, a décidé de se fiancer avec lui, intimement persuadée de l’amour dudit héros (lequel n’ose bien sûr pas revenir sur ce léger malentendu pour ne pas contrarier sa promise) ;
   - Tente de récupérer un collier pour sa tante Dahlia et vole malencontreusement celui d’une des invitées de la tante en question ;
   - Cherche à éviter à moult reprises le futur ex futur ex etc fiancé de Florence, qui a décidé de lui briser l’échine en cinq morceaux (soyons précis !).
   
   Epaulé de son fidèle majordome Jeeves, qui trouve toujours une solution à tout, Bertram Wooster (car c’est bien de lui que l’on parle) vit des aventures rocambolesques tout en cherchant à préserver autant que possible ses sorties au club, ses dîners chez Tante Dahlia et les petits remontants savourés en tentant de résoudre Le Mystère de la Langouste Rose.
   
   Le tandem du majordome intello et de son employeur un peu lent du ciboulot fonctionne bien ; l’humour absurde à l’anglaise fait de cette lourde farce un moment de tranquille plaisir ; tout aussi caricaturaux les uns que les autres, les personnages secondaires valent à eux seuls le détour (avec une mention spéciale pour l’amoureux malheureux à la tête de morue pas fraîche, intellectuel incompris écrivant en cachette des polars pour gagner sa vie – ex : L’Affaire du beignet empoisonné).
   
   Mais la Palme d’Or revient aux doux noms d’oiseaux abondamment utilisés par Wooster et sa tante bien-aimée lorsqu’ils s’adressent l’un à l’autre, avec un petit avantage pour Wooster et son humeur plus artistique :
   - Côté Dahlia :"reptile" ; "espèce de goret demeuré"; "espèce de cloche" ; "espèce de verre de terre"; "crétin" ; "espèce d’andouille"…
   - Côté Wooster : "vieille chair et sang"; "vieille parente consanguine" ; "vieille ancêtre" ; "vieux tremble frémissant"; "vieille chose" ; "parente âgée"…
   
   Chez les Anglais il y a plus drôle et plus fin, mais le temps d’une courte pause, Wodehouse fait tout à fait l’affaire !
   
   Extraits :
   «Le festin, comme je m’y attendais, ne fit rien pour me remonter le moral. Tante Dahlia ne s’était pas trompée en affirmant que mes invités se conduiraient comme des enquiquineurs de première catégorie. L.G. Trotter était un petit homme à la tête de fouine, qui prononça à peine un mot pendant le repas parce que, quand il essayait, la lumière de ses jours lui intimait de la fermer, et Mrs Trotter était une robuste personne au nez crochu, qui parlait tout le temps, principalement au sujet d’une femme nommée Blenkinsop qu’elle détestait. »
   
   « Il est vrai que tout le monde dit que, même si tu as le cerveau d’une paonne, tu es la générosité même. »
   « En fait, j’étais handicapé par le fait que je n’ai jamais rencontré de paonne, ce qui me rendait incapable d’estimer la qualité de l’intelligence de ces volailles, mais elle avait parlé comme si elles étaient un peu à court de matière grise, et j’allais lui demander ce qu’elle voulait dire par «tout le monde» quand »…
   
   «Après tout, pensai-je, il n’y avait rien de bien hasardeux là-dedans. Il me suffisait de me procurer une échelle et d’y grimper, chose bien simple pour quelqu’un de ma sveltesse et de mon agilité. Pas agréable, bien sûr, de devoir sortir à cette heure de la nuit, mais j’étais prêt à le faire afin de ramener le rose aux joues d’une femme qui, au temps où j’étais au berceau, m’avait souvent fait sauter sur ses genoux, sans oublier qu’elle m’avait sauvé la vie la fois où j’avais avalé ma tétine en caoutchouc. »
   
   « C’est à n’y plus rien comprendre. Je ne vois pas du tout ce qu’elle vous trouve.
   - Moi non plus. Tout cela est très étrange. »

critique par Lou




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