Lecture / Ecriture
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Le débarcadère des anges de Patrick Raynal

Patrick Raynal
  Arrêtez le carrelage
  Le débarcadère des anges
  Le ténor hongrois
  Au Service Secret de sa Sainteté

Patrick Raynal est écrivain français né en 1946 à Paris.

Le débarcadère des anges - Patrick Raynal

Vraiment très court !
Note :

   Je ne sais pas si tous les polars de la «Suite noire» sont calibrés de la même manière mais ce «débarcadère des anges» est vraiment très court. 93 pages avec gros interlignes dans un petit format … !
   
   Nice et son environnement.Un détective privé un peu fauché, un peu paumé ; Corbucci. Un commissaire un peu bourru, un peu copain ; le commissaire Pansard. On pense irrésistiblement à Leo Malet et ses «Burma». A «Pulp fiction» également, de Bukowski.
   
   Pas follement original (cf ce qui précède) mais bien écrit, ça se laisse gentiment lire mais c’est du trop vite consommé. Et un peu politiquement correct, au sens où dans le milieu polar une sensibilité «de gauche» semble indispensable.
   
   Bref pas de quoi bouleverser le monde. Ca donne l’impression que Patrick Raynal, qui a dû être fort occupé de 1991 à 2005, période pendant laquelle il a dirigé la collection «Série noire», l’a écrit sur un coin de table à ses moments perdus.
   
   «Pour un vieux Niçois, déambuler dans le Vieux Nice à l’heure de l’apéro reste une entreprise dangereuse. La moindre rencontre risque de se transformer en une terrible embuscade où les rafales de « momies Casa» remplacent efficacement les armes conventionnelles. Quitte à être téméraire, autant ne pas mégoter, et j’ai garé ma Norton sur la place Rossetti, juste devant la cathédrale Sainte-Réparate. Rossetti, c’est une petite place en plein coeur du Vieux Nice ; une fontaine, perpétuellement à sec, posée au milieu d’un dallage qui descend en pente douce vers le fronton de la cathédrale et entourée d’autant de terrasses de bistrots que de rez-de-chaussée d’immeubles.»
   
   Question : Patrick Raynal serait-il niçois?
    ↓

critique par Tistou




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Polar à la française
Note :

   Guiseppe Corbucci, après plusieurs tentatives professionnelles infructueuses, vient de se lancer dans le métier de détective privé, rêvant d’imiter Marlowe, le héros de Chandler. Mais son installation est compliquée: il se fait rapidement tabasser par deux gros bras, qui lui font passer plusieurs jours à l’hosto. Il en profite pour raconter les raisons de ce règlement de comptes: son histoire avec la mafia locale qui infiltre tous les milieux, et les raisons qui l’ont poussé à accepter cette affaire, la mort trouble d’une femme après un passage chez son gynécologue.
   
   "Le débarcadère des anges" est ce que j’appellerai un polar français d’ancienne facture. Même si je ne connais pas particulièrement ce genre, c’est exactement l’image que je m’en fais: un détective privé, à Nice, milieu rêvé pour les histoires mafieuses, compagnon de personnalités un peu louches, et n’hésitant pas à agir selon des méthodes illégales. Ajoutez à cela l’utilisation d’argot ou d’expressions un peu vieillottes, et ce roman récent a tout d’une œuvre surannée.
   
   Mais le format de ce roman fait que l’ensemble reste agréable. On sent un peu l’exercice de faire de cet ouvrage un hommage à une forme un peu ancienne de polar, mais l’action et les méthodes de Corbucci tiennent le lecteur en haleine, que ce soit lorsqu’il se fait passer pour un réparateur d’alarmes ou qu’il fait une descente dans un club de muscu. Deux points intéressants dans ce roman: le début qui montre Corbucci en train de se faire tabasser, et qui introduit donc immédiat du suspense, et le parallèle avec l’enquête officielle, toujours un poil en retard face aux découvertes de Corbucci.
   
   Livre plaisant, donc, même si je pense que je n'abuserai pas de ce genre. A noter qu’il a fait l’objet d’une adaptation diffusée cette été sur France 2, par Brigitte Rouan, dans le cadre des polars diffusés le dimanche soir.

critique par Yohan




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