Lecture / Ecriture
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La rêveuse d’Ostende (et autres nouvelles) de Eric-Emmanuel Schmitt

Eric-Emmanuel Schmitt
  Oscar et la dame rose
  Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
  L'enfant de Noé
  La rêveuse d’Ostende (et autres nouvelles)
  Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent
  La part de l’autre
  La femme au miroir
  Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus
  Le sumo qui ne pouvait pas grossir
  Dès 08 ans: Les aventures de Poussin Ier
  La nuit de feu
  La secte des égoïstes

Éric-Emmanuel Schmitt est un auteur d'origine française né en 1960 et naturalisé belge en 2008.

La rêveuse d’Ostende (et autres nouvelles) - Eric-Emmanuel Schmitt

Sur les franges du rêve
Note :

    Dans la foulée d’ " Oscar et la dame rose", je me suis lancée dans ce roman ou le rêve – ou l’interprétation du réel - a une large part. En fait," La rêveuse d’Ostende" n’est que la première nouvelle de ce recueil de cinq, cinq nouvelles dont le protagoniste principal est à chaque fois une femme peu ordinaire.
   
   Anna Van A., la logeuse du narrateur-écrivain, passe ses journées dans un fauteuil roulant au cœur de sa bibliothèque. Ses proches disent qu'elle n'est qu'une vieille fille dont l'existence fut désespérément vide. Pourtant, le narrateur est bientôt persuadé qu'elle dissimule une histoire d'amour passionnelle. Qui est réellement Anna Van A.? Une amante débridée ou une affabulatrice?
   "Emma vivait ailleurs, pas parmi nous. N’y avait –il pas dans son port de tête- visage oblique sur cou gracile- quelque chose de penché qui donnait l’impression que ses rêves pesaient trop lourd ? "
   
   Dans "Crime parfait", Gabrielle de Sarlat est jugée pour avoir tué son mari. Ils formaient pourtant un couple parfait. Pourquoi l’a-t-elle précipité du haut d’une falaise lors d'une randonnée ? Si tout le monde, ou presque, est persuadé de son innocence, Gabrielle elle-même ne comprend plus très bien ce qui a motivé son geste.
   
   Une autre femme, complexée, en mal d’amour, est au centre de "La guérison". Stéphanie, qui souffre depuis l’adolescence d’un fort complexe véhiculé surtout par ses relations avec sa mère, va découvrir le désir des hommes. Et qu'importe si celui qui lui permet de faire cette découverte est un aveugle paralytique !
   "Les femmes très minces ont rarement une jolie voix, comme s’il fallait un écrin de chair pour que la voix s’épaississe. Comme s’il fallait un bassin large pour qu’une voix se trouve bien assise, riche en harmoniques. "
   
   Dans son avant dernier récit, Éric-Emmanuel Schmitt nous met en garde : il y a parfois de "Mauvaises Lectures"... Des lectures dangereuses, pernicieuses... Vous ne le croyez pas? Demandez à Maurice et Sylvie, les deux protagonistes de cette histoire, ce qu'ils en pensent...
   "Un livre, c’était un objet sacré, précieux, dont on découvrait d’abord l’existence au sein d’une liste bibliographique … En aucun cas, un livre ne se cueillait au milieu des saucisses, des légumes et des lessives. "
   
   Enfin, dans La femme au bouquet, Éric-Emmanuel Schmitt laisse libre cours à notre imagination. Il ouvre une boite de pandore et nous laisse le soin de résoudre le mystère à notre convenance.
   "A la gare de Zurich, sur le quai numéro trois, une femme attend tous les jours, un bouquet à la main, depuis quinze ans. "
   
   La première et l’avant dernière nouvelles ont chacune un intérêt particulier et une construction moins "ordinaire" que les autres.
   
   Le style de l’auteur est vif et alerte, un peu élémentaire parfois, mais le résultat est là : on se laisse emporter par le scénario bien ficelé et… la part du rêve est grande…. Lecture plaisante, mais qui n’a rien à voir avec les sonorités vibrantes d ’ Oscar.
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critique par Jaqlin




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5 nouvelles
Note :

   5 histoires. 5 histoires de relations femmes /hommes d’une grande originalité. C’est une bonne idée que d’avoir intitulé le recueil du titre de la première nouvelle, car c’est indéniablement la meilleure.
   
   La «rêveuse» d’Ostende passe pour une vieille fille qui n’a pas vécu aux yeux de son entourage. Et pourtant, un écrivain en rupture amoureuse – Eric-Emmanuel Schmitt? – qui vient loger chez cette Anna van A. en doute. En doute tellement qu’il va se mettre en tête, et de découvrir Ostende (et nous avec) et d’avoir le fin mot de l’histoire d’Anna van A.. Fin mot qui n’est ni un vain mot ni un petit mot. Une histoire débridée et surprenante, pas loin du rêve onirique.
   
   Quelque part, la troisième: «La guérison», est dans un type similaire de relation femme/homme puisque E.E. Schmitt nous raconte une infirmière fortement complexée dans sa relation aux hommes qui va guérir de son complexe au contact d’un accidenté hospitalisé aveugle et quasi paralysé. Ses mots à lui sauront la toucher là où elle pourra enfin se reconnaître, ou même plus simplement se connaître.
   
   «Crime parfait» et «Mauvaises lectures» évoluent davantage vers le tragique. Un peu comme des polars avortés qui auraient fini en nouvelles, et qui contiennent un drame. Elles restent originales mais en retrait, dans l’imagination, par rapport aux deux déjà citées.
   
   La dernière: «La femme au bouquet» est dans le domaine de l’étrange plutôt. Comme un cauchemar ouaté qu’on essaierait de raconter sans vraiment le comprendre ni surtout en connaître tenants et aboutissants. Etrange.
   
   Probablement pas l’ouvrage le plus marquant d’Eric-Emmanuel Schmitt, mais le titre éponyme, la première nouvelle, restera probablement dans ma mémoire.

critique par Tistou




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