Lecture / Ecriture
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La Marque de Windfield de Ken Follett

Ken Follett
  Peur blanche
  Les Piliers de la Terre
  La Marque de Windfield
  Code Zéro
  Un monde sans fin
  La chute des géants – T 1 - Le siècle
  Dès 08 ans: L'appel des étoiles
  Dès 09 ans: Le Mystère du gang masqué

Ken Follett est né à Cardiff le 5 juin 1949. Licencié de philosophie à l'University College de Londres, il travaille en tant que journaliste à Cardiff puis à Londres où il débute l’écriture. En 1978, son roman L'arme à l'œil devient un bestseller pour lequel il recevra le prix Edgar. Outre le roman d'espionnage, Ken Follett a signé des fresques historiques telles que «Les Piliers de la Terre», «La Marque de Windfield» , «Le Pays de la liberté», et des romans dits d'actualité comme «Le Troisième Jumeau».

La Marque de Windfield - Ken Follett

Roman fleuve pas intello pour un sou
Note :

   J’ai déniché ce livre chez mes parents il y a une dizaine de jours et, horreur ! J’ai découvert qu’il m’avait été offert le 15 avril 1998. Soit presque dix ans auparavant jour pour jour. Décidant qu’il était grand temps de sortir de ma PAL ce roman qui me faisait toujours envie mais que je ne lisais jamais, je me suis plongée dans l’histoire sans trop savoir ce qui m’attendait : thriller ? Policier classique ? Roman historique ?
   
   Le mélange a bien pris et j’ai tout de suite été emportée par cette saga palpitante dont le déroulement est devenu mon principal sujet de préoccupation pendant quelques jours.
   
   L’histoire : en 1866, Peter, un jeune élève de Windfield meurt noyé, vraisemblablement assassiné par un autre élève plus âgé, Edward Pilaster. Parmi les témoins, Micky Miranda, élève opportuniste hautement antipathique venu du Cordovay et sans le sou ; Hugh Pilaster, jeune cousin d’Edward bien plus intègre et sympathique, mouton noir de la famille qui sera retiré du collège le jour même suite à la faillite et au suicide de son père ; enfin, Tonio, petit rouquin de l’âge de Hugh et de Peter également venu du Cordovay. Faisant passer son ami Edward pour un héros ayant tenté de sauver Peter de la noyade, Miranda obtient les faveurs de la famille Pilaster qui croit Edward coupable. Dès lors ils deviennent inséparables et les Pilaster, de puissants banquiers, pourvoient aux besoins du jeune garçon. Fin du prologue.
   
   Nous retrouvons tous ces personnages quelques années plus tard lorsqu’ils s’apprêtent à faire leur entrée dans la vie professionnelle, Edward et Hugh à la banque, Micky dans le corps diplomatique. Malgré son statut d’indésirable, Hugh est promis à un avenir brillant dans la finance tandis que son cousin Edward, mou et peu motivé, doit seulement son poste à son père et aux intrigues menées par sa mère Augusta. D’autres personnages prennent de l’importance à cette période : Maisie, jeune fille débutant une carrière de prostituée après avoir quitté sa famille ruinée par la faillite de Tobias Pilaster ; Solly Greebourne, fils héritier de Ben Greenbourne, banquier juif plus puissant encore que les Pilaster ; April, jeune courtisane qui partage une chambre avec Maisie. Je ne vous en dis pas plus même si l’envie de ne m’en manque pas.
   
   Jusqu’à l’épilogue (1892), nous suivons pas à pas l’ascension et la chute des uns et des autres. Avec horreur et curiosité, nous découvrons toutes les manœuvres d’Augusta pour diriger la banque en manipulant les hommes de la famille ; nous nous attachons inévitablement au bon vivant Solly, personnage d’une générosité incroyable et nous tremblons à chaque instant pour l’avenir de Hugh, sans cesse menacé par les mesquineries habiles de sa tante. Le tout ponctué de quelques meurtres, saupoudré d’intrigues amoureuses, de secrets honteux, de paillettes et de charbon, comme il se doit pour faire une belle épopée victorienne ! Aussi invraisemblable que puissent paraître l’intégrité et la gentillesse de certains, la méchanceté et la ruse des autres, tous les personnages sont d’un réalisme surprenant, leurs portraits brossés avec précision et leurs caractères bien trempés. On aime, on déteste, mais aucun ne nous laisse indifférent.
   
   Bien sûr, Ken Follett est un écrivain de thrillers et n’est pas particulièrement connu pour sa plume légendaire. Cependant, sans être un roman «d’auteur», ce livre est écrit dans un style tout à fait correct qui, sans être intéressant en soi, ne gêne absolument pas la lecture. J’ai relevé quelques erreurs de traduction un peu agaçantes mais peu nombreuses : une allusion à la Richesse des Nations d’Adam Smith (ici «Fortune des Nations», ce qui ne correspond pas au titre français) ; Maisie qui devient Daisie une fois ; ou encore quelques fautes d’impression ou de frappe. Cela dit, pas plus d’une dizaine pour plus de 600 p, donc rien de bien important – des corrections ont peut-être été apportées depuis, d’ailleurs, puisque mon livre a été imprimé il y a dix ans.
   
   Au final, je conclus sur un vrai coup de cœur pour ce roman qui va de rebondissement en rebondissement et ne laisse pas au lecteur le temps de reprendre son souffle. Absolument passionnant, 100% accrocheur, à recommander chaudement aux amateurs de sagas familiales, de romans historiques et de l’époque victorienne.
   
   PS : à ceux qui l’ont lu, que pensez-vous de la fin et du coup (à mon avis excellentissime) de la malle?
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critique par Lou




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Décadente société victorienne
Note :

   Je n'arrive pas à dire si j'ai aimé ou non ce pavé.
   
   Il avait tout pour me plaire: cadre intéressant (époque victorienne...), intrigue pleine de suspense, histoires de famille, amours contrariés, personnages assez fouillés, auteur dont j'ai apprécié d'autres livres (" Les Piliers de la terre" et "Le 3ème jumeau").
   
   Que demander de plus, me direz vous?
   
   Et bien pourtant, je n'en ressors pas totalement conquise. Certes cela se passe à l'époque victorienne... mais il ne faut pas s'attendre à un roman victorien. La référence à Dickens sur la couverture ne me convainc pas vraiment: bien sûr Ken Follett nous fait pénétrer au coeur de la société victorienne, en nous entraînant dans ses pires dépravations, nous révélant hypocrisie et vices. On est pourtant à des lieues de la critique ironique et pleine d'humour d'un Dickens. Ici, pas de pudeur; c'est dur, cru, sans concession. Trop cru parfois. Quelques passages m'ont presque dérangée.
   
   Rajoutez à cela quelques longueurs, des personnages un peu trop manichéens (des gentils très gentils, des méchants vraiment méchants), cela donne une impression mitigée.
   
   A lire pour la description de cette société et pour les fans de l'auteur. Cependant rien ne vaut un bon Dickens... ou un Wilkie Collins!
   ↓

critique par Morwenna




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Baignade fatale
Note :

   1866. Un vol a été commis au collège de Windfield. Tant que l’auteur n’est pas retrouvé, les élèves sont consignés dans leurs chambres, avec interdiction de sortir. Mais certains d’entre eux bravent l’interdit, pour aller se rafraîchir dans la mare avoisinante. Tout en sachant qu’ils risquent douze coups de canne s’ils sont pris. Alors que trois d’entre eux, élèves de quatrième, nagent nus dans l’eau, Edward et Micky, élèves de troisième, arrivent sur place et prennent leurs vêtements posés sur les rochers et les jettent à l’eau. Une bagarre s’ensuit, au cours de laquelle un des élèves va se noyer, vraisemblablement à cause d’un de ses "camarades". Mais l’affaire est étouffée et il est même relaté qu’un des leurs a essayé de le sauver, sans succès. L’enquête conclut donc à une mort accidentelle. Pourtant un des élèves, qui a vu ce qui s’est réellement passé sait qu’il ne s’agit pas d’une noyade mais d’un meurtre. Il garde le silence, par peur des représailles.
   
   On retrouve tous ces protagonistes quelques années plus tard, en 1873. Devenus adultes, ils vont se retrouver liés par toute une série d’événements. Et ce n’est qu’à la fin du roman que la vérité éclatera sur ce funeste jour de la mort de l’un d’eux, tragédie à laquelle s’ajoute un autre drame : le père d’un des élèves s’est suicidé, en raison de la faillite de son entreprise. Ce qui aura des conséquences pour bon nombre de personnages du roman.
   
   Ce thriller psychologique est impossible à lâcher. Véritable page turner, il est à la fois facile à lire et bien écrit. On se passionne pour la vie de tous ces êtres parmi lesquels d’odieux personnages, et le suspense est ménagé jusqu’à la fin. Car la vérité finira par éclater, bien évidemment. Un roman ouvert par hasard et que j’ai dévoré.

critique par Éléonore W.




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