Lecture / Ecriture
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A sec (Le retour) de Jean Bernard Pouy

Jean Bernard Pouy
  La petite écuyère a cafté
  Spinoza encule Hegel
  A sec (Le retour)
  1280 âmes
  RN 86
  Cinq bières, deux rhums
  Le rouge et le vert
  Démons et vermeils
  Samedi 14
  Liliane, fais les valises
  Rémy Cooghe, combat de coqs en Flandre
  Calibre 16 mm
  Sous le vent
  Le Bar parfait
  S63
  La Belle de Fontenay
  Le Cinéma de papa

Jean-Bernard Pouy, né en 1946, est l'auteur de plus de soixante-dix romans noirs (dont onze à la Série Noire) et d'une centaine de nouvelles, directeur et créateur de collections.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

A sec (Le retour) - Jean Bernard Pouy

Quelque peu réchauffé
Note :

   Le premier mouvement de cette aventure ("Spinoza encule Hegel") m’ayant bien amusée, comme je l’avais déjà dit ici même, j’ai lu le second, me préparant à m’amuser tout autant ou presque, mais… Eh ben… à vrai dire … j’ai été déçue.
    Au point avouons-le, que si j’avais lu ce volume 2 avant, je n’aurais pas acheté le 3, mais voilà, c’est déjà fait. Je n’ai plus qu’à le lire aussi... et vous en entendrez donc encore parler, mais un peu plus tard. Je fais une pause.
   
   Ce second épisode se situe 30 ans après la fin du premier dans l’histoire de Julius (15 ans après dans celle de J.B Pouy).
   
   " – Vive l’éthique !
   – Vive l’éthique, j’ai répondu. Mais installez quand même les mitrailleuses sur l’hélico, ça aidera. "

   
   Le chef du FAS (Fraction Armée Spinoziste), qui luttait pour l’éthique ayant vaincu Hegel, tenant de l’esthétique, s’est retiré seul à Bombay où il vient de passer ces trois décennies dans un grand calme qui n’est pas sans nous laisser l’impression d’un grand vide. Bref, il semble ne rien s’être passé de notable pour lui pendant cette grosse tranche de sa vie et je dois avouer que cela m’a un peu troublée.
   
   Mais un beau jour, une bonne âme, inconnue jusque là et qui ne le sera jamais beaucoup moins bien qu'elle accompagne tout le roman, vient lui annoncer que Hegel a refait surface et qu’il sévit à nouveau en France – ou du moins dans ce qui reste de notre beau pays. Le sang de Julius ne fait qu’un tour (signe qu’il n’a pas vraiment assimilé les enseignements du Zen) et le voilà qui se précipite vers le champ de bataille.
   
   Nous retrouvons alors les ingrédients du premier épisode : personnages hauts en couleurs, batailles sanglantes, morts nombreuses horribles et rigolardes, spectacle et foule avide de sang, lutte pour des concepts très pointus dans un environnement de totale absurdité.
   En supplément : maintenant, une dérive du foot semble servir d’armature aux combats qui font rage partout d’une façon qui, je l’avoue, ne m’est jamais apparue comme très évidente. (En clair : je n’ai pas trop compris comment tout cela s’organisait)
   
   Il y a bien quelques beaux morceaux : "Le cargo entra lentement dans le port de marseille, comme un coin noir enfoncé dans la vraie vie. Fendant l’eau lourde, il se rangea en grinçant le long d’un quai. Des hommes descendirent plus tard de l’échelle de coupée et les grandes grues jouèrent les araignées. Elles fouillèrent la cale du bateau et en ressortirent des caisses de plus en plus grosses, de plus en plus métalliques…"
   Mais trop rares et j’ai le regret de dire en tout cas, que ça sent le réchauffé tiède, que je n’ai pas retrouvé la magie du 1er volume. On n’est jamais surpris et ce n’est pas l’histoire d’amour d’un cinquantenaire pour une très jeune fille qui risque d’apporter une touche d’inattendu…
   
   Les personnages sont à peine esquissés, les caractères sont sans puissance, on ne les sent pas du tout. Pour tout arranger, ils croisent ou font référence à des personnages du 1er livre sans expliquer, en conséquence de quoi, je plains fort ceux qui ont attaqué avec ce second opus. Ils n’avaient pas leurs chances.
   
   C’est très court, c’est sans charme. Non, J B n’était pas inspiré.
   
   Spinoza encule Hegel – le retour. Dommage. L’aurait pas dû revenir.

critique par Sibylline




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