Lecture / Ecriture
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Dr Mukti de Will Self

Will Self
  Dr Mukti
  Ainsi vivent les morts
  No smoking
  La théorie quantitative de la démence
  Le livre de Dave
  Mon idée du plaisir

Will Self est un écrivain et journaliste anglais né en 1961.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Dr Mukti - Will Self

Duel à l’asile
Note :

   Le Docteur Shiva Mukti est psychiatre, il travaille à l’hôpital de St Mungo. Il est également le patriarche de plus en plus incompétent (par désintérêt autant que par manque de capacité) d’une assez nombreuse famille indoue, bien qu’il n’ait qu’un seul enfant. Ses relations avec son seul ami (un ami d’enfance) ne sont pas vraiment celles de l’amitié. Shiva Mukti ne semble pas très capable d’aimer. Ce même ami lui envie d’ailleurs secrètement sa très belle épouse et les délices qu’il imagine (bien à tort) que l’on a avec elle.
   
   Le Docteur Shiva Mukti est également frustré et aigri. Il estime qu’il n’a pas l’épanouissement sexuel, ni professionnel auquel il aurait droit. Il envie énormément ses confrères. Il les envie et les déteste, en particulier le Dr Busner, qui a mieux réussi que lui. Injustement lui semble-t-il. Il en vient à tout envier et détester chez lui, du moins selon ce qu’il imagine : son épouse de luxe, la solidarité morale de sa famille juive, le «piston» de ses coreligionnaires, son succès professionnel…
   
   Le Dr Zack Busner est psychiatre. Il travaille à l’Heath hospital. Il connaît le succès professionnel, apparemment pas tout à fait mérité mais qui le mérite dans leur milieu ? On ne tarde pas à se le demander. De toute façon, c’est le succès. Par contre sa vie privée… Quant à la solidarité des siens… Il doit être loin de se douter des suppositions de Mukti. Lui-même d’ailleurs, envie ce qu’il imagine de la chaleur humaine d’un foyer indou toujours ouvert, offrant une compagnie parentale nombreuse et dévouée.
   Ah! Dernier détail : Il est extrêmement susceptible.
   
   Nos deux héros sont réunis sur le ring professionnel et ont le profil qu’il faut pour que le duel s’engage. Et il va s’engager… pas piqué des hannetons. Choix des armes : duel au psychopathe.
   
   C’est sur ce thème de la frustration et de l’envie que Will Self (non, ce n’est pas un pseudonyme) semble avoir organisé son roman. Envie âpre et luttes sans merci sont la cause et l’effet. En même temps, l’on constate que cette envie est née et s’est alimentée de fantasmes et d’une totale méconnaissance de la réalité d’autrui. On peut donc en déduire que c’est dans le vide que s’agitent si frénétiquement toutes ces existences mues par l’envie et qu’elles vont strictement de rien vers rien. Mais en faisant des dégâts. C’est en tout cas ce que j’en ai pensé.
   
   A part cela, ce roman est mon premier contact avec Will Self, écrivain anglais iconoclaste qui se révèle m’intéresser beaucoup, tant par son écriture que par ses thèmes. J’ai beaucoup apprécié sa façon d’écrire, la liberté et l’originalité de son propos. Je compte donc maintenant lire ses autres livres, voir si mon intérêt se confirme ou s’essouffle. Vous en entendrez donc sans doute bientôt encore parler ici même.
   ↓

critique par Sibylline




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Qui est le plus dingue?
Note :

   Qui est le plus dingue? Est-ce «M. Double»? Celui qui répète deux fois la même chose tout le temps. (echolalie) Est-ce «Créosote man»? Celui qui ressemble à un déchet humain. Est-ce «Rocky»? Ce pseudo-rastafari de deux mètres aux accès de fureur et au discours incohérent.
   On est dans «vol au-dessus d’un nid de coucou» en compagnie de deux psychiatres. On examine des cas pathologiques sans y comprendre forcément grand-chose.
   
   Dr Mukti est le premier de ces deux psychiatres. Non épanoui par sa famille qu’il évite et qui l’évite. Non épanoui par sa femme qui le frustre. Non épanoui par son ami David Elmley qui l’écoute à moitié et qu’il voit sans grande envie. Non épanoui par son travail pour lequel il considère n’avoir pas été reconnu. Au contraire de son confrère admiré, le Dr Zack Busner qui passe à la télé. Ce dernier est plutôt du genre arrogant et sûr de son talent.
   Le jour de la rencontre entre ces confrères arrive. S’ensuivra un échange de «patients» plus ou moins particuliers, plus ou moins manipulés…
   Si bien qu’on se demandera, à la fin, qui est le plus dingue de tous dans cette histoire.
   
    C’est ma première lecture de Will Self qui a un univers très spécial fait de joie dans la créativité, de plaisir de nous perdre dans le récit, d’envie de nous surprendre. On se délecte de sa vision de l’homme tout en description de la jalousie, de l’envie, de la pensée qui veut qu’on voit toujours l’herbe plus verte chez le voisin. On est sur le thème de la frustration des hommes insatisfaits de leur situation toujours en recherche d’un ailleurs ou d’un autrement imaginés bien meilleurs.
   
   J’ai aimé l’originalité et la liberté de ton qui s’accompagne d’une lecture pas toujours simple. J’ai envie de m’essayer à un autre roman de Will Self pour voir si, à la longue, le style m’épuise ou m’enchante. Je vous raconterai…
    ↓

critique par OB1




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La pas marrante histoire du psy d'Inde face au psy de Sion
Note :

    Non, je ne ferai pas partie du cercle d'initiés qui se pâment devant les bouquins de Will Self, pas devant "Dr Mukti" en tout cas, et comme je n'ai guère l'intention de persévérer, Will lui-même et moi, moi-même en resterons probablement là.
   
   Ce toubib, natif de l'Uttar Pradesh comme son nom l'indique, psychiatre de son état, parfois piteux, l'état d'ailleurs, a un rival, le Dr Zack Busner, psychiatre de son état, plutôt arrogant, et juif, ce qui n'arrange rien (là, trait d'humour, pas de levée de boucliers svp). Ne pouvant se sentir réciproquement c'est à travers quelques patients en commun que leur querelle nous est contée. Ça se veut branché et Will Self dispose, je crois, d'un capital sympathie dû essentiellement à ses positions plus que larges concernant la drogue. Etant très libéral c'est forcément quelqu'un d'intéressant. Ben si. Non?
   
    Une fois que je vous ai dit ça je ne vois nulle raison d'épiloguer, ni d'abuser de votre temps. Libre (et encore heureux) au lecteur d'apprécier la drôlerie de Will Self et ses saillies sur la psychiatrie et ses drôles de zigotos. Ce disant je pensais plus aux soignants qu'aux malades, bien que ces derniers soient également pas mal arrangés. Il m'est arrivé de sourire, rarement. De bailler aux corbeaux, souvent, parce que les corneilles en ont marre qu'on baille toujours après les mêmes. De penser, surtout, que ce Self ne m'a pas rendu service. Oui, ce dernier trait ne relève pas le niveau, déjà d'un faible étiage en cet étage psy. Parfaite adéquation donc, entre ce billet, peu susceptible de figurer dans une anthologie de la critique littéraire, et ce roman, peu digne de figurer, etc.

critique par Eeguab




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