Lecture / Ecriture
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Le rocher de Tanios de Amin Maalouf

Amin Maalouf
  Les Echelles du Levant
  Origines
  Le premier siècle après Béatrice
  Samarcande
  Le rocher de Tanios
  Léon l'Africain
  Le périple de Baldassare
  Les Croisades vues par les Arabes
  Les jardins de lumière
  Les Identités meurtrières
  Les désorientés

AUTEUR DU MOIS DE SEPTEMBRE 2005

Né au Liban en 1949, Amin Maalouf fit des études d'économie et de sociologie. Il fut ensuite journaliste et grand reporter. Il s'exila en France à partir de 1975.


Il écrit dans un français extrèmement classique, utilisant une langue de conteur qui charme ses lecteurs et les entraine partout où il veut les mener (assez souvent dans le bassin méditerranéen, assez souvent dans le passé).

Il a été élu à l'Académie française en 2011.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le rocher de Tanios - Amin Maalouf

Prix Goncourt 1993.
Note :

   Maalouf et le Liban. Maalouf et l'histoire bien perturbée à l'époque déja du pauvre Liban (XIX ème siècle).
   
   En note finale, A. Maalouf précise ceci :
    «Ce livre s'inspire très librement d'une histoire vraie : le meurtre d'un patriarche, commis au dix-neuvième siècle par un certain Aboukichk Maalouf. Réfugié à Chypre avec son fils, l'assassin avait été ramené au pays par la ruse d'un agent de l'émir, pour être exécuté.
   Le reste- le narrateur, son village, ses sources, ses personnages - , tout le reste n'est que qu'impure fiction.»

   
   Une implication plus conséquente d'A. Maalouf dans cette histoire peut être suspectée.
   
   Le fil de l'histoire mêle à la fois une histoire d'hommes, de femmes, l'Histoire, et un zeste d'irrationnel sans lequel un écrivain proche-oriental ne serait pas un écrivain proche-oriental !
   
   Jeune garçon déja, Tanios se distinguait de ses congénères. Le mystère qui plane sur sa naissance, et que A. Maalouf laisse en vol libre jusqu''au bout, ajoute à sa particularité. Entre alors en scène l'Histoire, bien troublée quand même, et on est parti pour 277 pages de plaisir.
   «Tanios intervint, en usant du prestige qui lui restait encore, et emmena l'homme avec sa mule jusqu'à la sortie du village Un trajet de trois milles tout au plus en comptant le retour, mais mon pupille ne revint que quatre heures plus tard. Il ne parla à personne, monta s'asseoir sur un rocher. Puis, comme par prodige, il disparut.»
   
   Le rocher de Tanios fût, faut-il le rappeler, Goncourt 93
   ↓

critique par Tistou




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Un chapitre de l'histoire du Liban
Note :

   En s'efforçant de retracer le destin de Tanios, qui avait vécu dans son village un siècle auparavant, le narrateur du "Rocher de Tanios" nous plonge dans un chapitre de l'histoire du Liban, en proie à de violentes dissensions religieuses et déjà la cible des visées de puissances étrangères, ottomans, français et américains en tête. Amin Maalouf nous fait partager la vie d'une galerie de personnages hauts en couleurs, le seigneur don Juan, affublé d'une épouse aussi tranchante en parole qu'elle n'est rondelette au physique, une beauté fatale - Lamia, la mère de Tanios -, le pope et son épouse à la volonté bien trempée... Des personnages somme toute très typés. Pour moi, c'est là que la bât blesse quelque peu. Je n'ai pas retrouvé dans "Le rocher de Tanios" toute la richesse de couleurs et de nuances qui m'avaient fait aimer "Samarcande". Et malgré tous ses rebondissements, l'intrigue est un peu trop prévisible, finalement moins riche en surprises que celle du "Périple de Baldassare".
   
   Mais ces réserves faites, j'ai lu "Le rocher de Tanios" avec plaisir... parce qu'Amin Maalouf est malgré tout un merveilleux conteur, qu'il nous prend au piège dans le filet de ses phrases et qu'on ne quitte son livre qu'à regret...
   
   
   

critique par Fée Carabine




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