Lecture / Ecriture
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Le meurtre de Roger Ackroyd de Agatha Christie

Agatha Christie
  Le train de 16h50
  Dix petits nègres
  Le meurtre de Roger Ackroyd
  A.B.C contre Poirot
  La maison biscornue
  Passager pour Francfort
  Le crime de l'Orient-Express
  A l'Hôtel Bertram
  Mort sur le Nil

Agatha Christie est un écrivain britannique de romans policiers née en 1890 et décédée en 1976.

Biographie de François Rivière.

Le meurtre de Roger Ackroyd - Agatha Christie

L’art de mener le lecteur
Note :

   Lors d’une visite chez son voisin et ami, Mr Ackroyd, le Dr Sheppard se voit confier d’incroyables confidences de la part de son hôte suite au décès récent de Mrs Ferrars. Alors que le mari de la défunte est quant à lui mort d’une prétendue gastrite aiguë il y a de cela tout juste un an, Mrs Ferras sous l’emprise d’un harcelant chantage a mis fin à ses jours révélant toutefois à son ami Ackroyd son entière responsabilité dans l’empoisonnement de son époux.
   Le lendemain, Mr Ackroyd est retrouvé assassiné laissant de toute évidence penser que les décès sont étroitement liés.
   
   L’enquête s’installe aux côtés du narrateur, le Dr Sheppard vite secondé puis remplacé par plus compétent, son nouveau voisin retraité, Hercule Poirot qui délaisse ses cultures de cucurbitacées pour prendre en charge l’ensemble des investigations relatives à ce meurtre.
   Subtilement, l’intrigue oscille d’un suspect à l’autre brouillant tour à tour les pistes que le lecteur avait pu éventuellement établir.
   
   Parce que j’ai dévoré «les dix petits nègres» il y a quelques jours, j’avais très envie de poursuivre un peu la bibliographie d’Agatha Christie dont j’avais pourtant lu quelques opus, mais il y a bien longtemps.
   
   Ainsi, c’est peut-être parce que je ne suis pas très habituée aux romans d’Agatha Christie, que presque tous les suspects sont restés pour moi douteux jusqu’au dénouement. Et là : apothéose stupéfiante. Il est incontestable qu’ici l’auteure a prouvé sa maîtrise de l’art de l’intrigue et qu’elle savait de plus recourir à des jeux d’écriture pour bluffer ses lecteurs. Je me suis laissée emmener d’un bout à l’autre sans aucune résistance, et tant mieux.
   
   Un très bon moment pour les amateurs du genre, so british !
   ↓

critique par Véro




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"Qu’il ne fût pas venu ici cultiver ses citrouilles!"
Note :

   Relecture
   
   J’ai choisi cet été pour relire ce roman que je classe parmi les 3 ou 4 meilleurs d’Agatha Christie (avec les Dix petits nègres et le Crime de l’Orient express mais ceux-ci ont été trop popularisés et transposés par les films pour que l’on puisse encore tout à fait bien profiter des livres.) Ces trois énigmes policières ont toutes la particularité de jouir d’une astuce particulièrement bien trouvée au niveau de l’intrigue et je suis certaine que c’est cela qui leur a valu ma préférence (sans parler de celle de millions de lecteurs).
   
   D’une manière générale, j’aime A. Christie pour l’intelligence de ses montages. J’ai eu, dans mon passé lointain et un peu chargé avouons-le en expériences livresques, une période durant laquelle, je n’ai lu que des polars; et quand je dis période, je parle de quelques années*. Pour ce qui est d’Agatha, j’avais carrément attaqué les multiples tomes de ses «Œuvres complètes» qui s’offraient sur les rayons de ma bibliothèque municipale d’alors. Et il me semble bien qu’il n’en restait que un ou deux quand un déménagement m’a interrompue. Je n’ai pas repris. Aussi bien, le moment convenait-il, j’avais un peu fait le tour de la question A. Christie. ;-)
   
   Bref, pour en revenir au meurtre de ce malheureux Roger. Je l’avais lu, bien sûr. J’avais été totalement piégée et bluffée, encore bien sûr. C’était il y a fort longtemps, et j’en avais tout oublié, sauf… le nom du ou de la coupable (ne comptez pas sur moi pour laisser filtrer le moindre indice car, si vous n’avez pas encore lu ce polar, vous ne me le pardonneriez jamais).
   
   Depuis la dernière page tournée, je m’étais juré de le relire pour vérifier si tout cela était bien possible et tenait debout depuis le début et dans le moindre détail. Beaucoup plus de temps qu’imaginé a passé mais je viens de procéder à cette vérification minutieuse en dévorant le roman en deux jours fort occupés par ailleurs et, comme je n’en doutais pas et quoi qu’en dise Pierre Bayard, tout tient jusqu’au plus petit détail, mieux encore, tout atteint la perfection. Et je dois dire que j’ai pris presque autant de plaisir à le lire en connaissant la chute que j’en avais pris en la découvrant.
   
   Une seule chose à ajouter, si vous n’avez pas lu ce roman policier, ne laissez personne vous en parler et lisez-le… jusqu’au bout surtout.
   
   
   * Je vous parlerai une autre fois de ma période Science-fiction…
   ↓

critique par Sibylline




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Schéma classique
Note :

   Agatha Christie est la reine du roman policier qu'on pourrait appeler «vieille école», ou Cluedo: un meurtre, souvent dans des milieux bourgeois ou aristocratiques, un détective dépêché sur les lieux et une résolution finale lors d'une réunion où tous les protagonistes écoutent le meneur de jeu présenter ses conclusions.
   
   Le meurtre de Roger Ackroyd n'échappe pas à ce schéma: Hercule Poirot, en retraite à King's Abott, est amené à élucider le meurtre de Roger Ackroyd, tué dans son bureau d'un coup de couteau dans le dos. Au fil de son enquête, il pousse chacun des protagonistes à dévoiler son secret, pour finalement pointer le doigt sur le coupable, qui ne peut plus se disculper.
   
   Car, comme le dit Poirot, tout le monde a quelque chose à cacher, des servantes au secrétaire particulier en passant par l'ami militaire. Et le coupable désigné, Ralph Patton, que tout accuse et qui ne se montre pas, sert d'alibi au détective belge pour questionner mine de rien les suspects. Bien entendu, les femmes jouent un rôle central dans cette affaire, les relations amoureuses (comme les questions d'héritage) étant une étape quasi-obligée de ce type d'ouvrage.
   
   Bon, la seule grosse originalité de cette aventure d'Hercule Poirot réside dans le choix du meurtrier, que je ne dévoilerai pas ici mais dont je pense beaucoup ont entendu parler. L'autre personnage intéressant est celui de Caroline, la sœur de docteur Sheppard, homme de confiance de Poirot le temps de cette enquête. Fouineuse, bavarde, elle n'a pas de plus grand plaisir que celui d'alimenter et de se tenir au courant des potins du village. Alors quand un meurtre doit être élucidé, elle tourne autour de Poirot pour tenter de glaner des informations.
   
   Le choix des intrigues d'Agatha Christie est néanmoins un peu suranné, et un roman de l'auteur de temps à autre est suffisant. Car même si elle glisse des réflexions amusantes sur les manies des continentaux à constamment toucher leurs connaissances ou des descriptions assez osées, l'ensemble reste assez convenu et sans grande folie. Bref, une lecture plaisante, pour la détente, mais qui ne casse pas trois pattes à un canard. En fait, si j'ai lu ce roman, c'est surtout pour savourer au mieux la relecture qu'en a fait Pierre Bayard, éclairant l'ouvrage d'une nouvelle vision, avec une nouvelle enquête*. Voici donc une des prochaines lectures à venir...
    
   
   * "Qui a tué Roger Ackroyd?" : Suivi de "Arrêt sur énigme" de Pierre Bayard

critique par Yohan




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