Lecture / Ecriture
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Dix petits nègres de Agatha Christie

Agatha Christie
  Le train de 16h50
  Dix petits nègres
  Le meurtre de Roger Ackroyd
  A.B.C contre Poirot
  La maison biscornue
  Passager pour Francfort
  Le crime de l'Orient-Express
  A l'Hôtel Bertram
  Mort sur le Nil

Agatha Christie est un écrivain britannique de romans policiers née en 1890 et décédée en 1976.

Biographie de François Rivière.

Dix petits nègres - Agatha Christie

Du grand art!
Note :

   Parce qu’ «il y a des crimes dont on ne peut épingler les auteurs », une bien étrange machination prend place sur l’île du Nègre, ourdie par le non moins mystérieux propriétaire A. N. O’Nyme (Anonyme) que personne parmi les huit invités et les deux domestiques n’a pourtant jamais encore rencontré mais dont ils ont néanmoins accepté étrangement l’invitation.
   
   Dans quel but les a-t-il attirés dans cet endroit retiré qui très vite se referme sur eux ? En suivant scrupuleusement le rythme effroyable d’une comptine enfantine, poursuit-il une folie mystique servie par un sens inné de la justice ?
   «Dix petits nègres s’en furent dîner,
   L’un d’eux but à s’en étrangler
   — n’en resta plus que neuf.
   Neuf petits nègres se couchèrent à minuit,
   L’un d’eux à jamais s’endormit
   — n’en resta plus que huit.
   Huit petits nègres … »

   
   Après un début où j’ai bien failli me perdre me demandant s’il n’aurait pas fallu prendre certaines notes car chacun des dix protagonistes de l’histoire est méticuleusement présenté, c’est dans une oppression grandissante que l’histoire se poursuit. L’intrigue maintient de bout en bout le lecteur en haleine, l’invitant à s’interroger sans cesse sur l’identité de chaque prochaine victime de cette macabre conjuration. Pour ma part, j’ai marché du début à la fin émettant certaines hypothèses aussitôt démenties.
   
   Cela faisait des années que je ne m’étais pas replongée dans l’univers très caractéristique d’Agatha Christie et c’est avec une allégresse et une avidité non dissimulées que j’ai tourné les pages de cet ouvrage qui serait apparemment un des plus représentatifs de l’immense talent de l’auteure. Du grand art en matière de suspense!
    ↓

critique par Véro




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Ne lisez pas le dernier mot !
Note :

   Dix personnes d’horizons différents sont envoyées sur une île au large du Devon, au sud-ouest de l’Angleterre. Un certain U.N. Owen (en anglais "Unknown" = "inconnu", en français A.N. Onyme) les y a conviés par lettre, sauf que personne ne l’a jamais rencontré y compris, Morris l’organisateur de cette sauterie.
   
   Tout est prêt dans cette maison isolée pour accueillir nos hôtes, du bon alcool, des serviteurs capables de servir d’excellents dîners, des provisions en suffisance. M. Owen n’est bien sûr pas présent. Seul indice, ou repère : dix petits personnages, dix petits soldats de porcelaine trônent sur la cheminée et disparaissent un à un dès lors que les membres de cette joyeuse bande meurent de mort plus ou moins violente. Il faut dire que le plan de M. Owen fonctionne selon une "nursery rhyme" dans lequel les soldats disparaissent jusqu’à ce qu’il n’en reste plus (… there were none). On s’étonnera que la traduction française aux relents colonialistes ne se soit pas adaptée aux divers titres d’Agatha Christie.
   
   Pendant ma lecture j’ai fait l’insigne erreur de lire le dernier mot du roman : lecteurs potentiels ne faites surtout pas ça, votre lecture serait gâchée car j’avais toujours à l’esprit l’idée que l’assassin était bien celui que je pensais à un ou deux détails près. Pour se délecter de ce roman, il faut s’interroger sur ses différentes possibilités avec une rigueur quasi-mathématique, émettre des hypothèses même les plus farfelues. Nous sommes pris dans un filet inquiétant et, ce qui fait avancer l’intrigue, on pense que jusqu’au bout certains vont s’en sortir.
   
   L’épilogue démonstratif et explicatif montre toujours chez Mme Christie qu’elle devait commencer ses romans par la fin (comme tout bon policier d’ailleurs). Mais un ou deux détails techniques me chiffonnent un peu. Certes, l’atmosphère y est et le style classique et légèrement détaché fait le reste pour nous faire passer de bons moments. Il est en revanche presque télégraphique quand nous entrons dans l’esprit des personnages qui ont tous quelque chose à se reprocher. L’absence d’Owen cette idée un peu christique de la culpabilité… "L’œil était dans la tombe et regardait Caïn." "And Then There Were None" est le roman policier du point de vue de la culpabilité et pose ces questions essentielles : quand sommes-nous vraiment coupables? Quand y-a-t-il vraiment meurtre?
   
   Mais ne lisez pas le dernier mot!

critique par Mouton Noir




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