Lecture / Ecriture
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Dès 10 ans: Auggie Wren's Christmas Story de Paul Auster

Paul Auster
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AUTEUR DU MOIS DE NOVEMBRE 2005

Paul Auster est né en 1947 dans le New Jersey. Il vit aux Etats Unis (Brooklin) avec de fréquents séjours en Europe, France en particulier. Il a fait des études littéraires à la Columbia University et il parle fort bien le français puisqu'il fut le traducteur de Mallarmé, de Sartre et d'autres.


Il connaît une dizaine d'années de galère durant lesquelles il écrit tout en exerçant différents métiers, jusqu'au décès de son père. A ce moment, son héritage lui permet de s'adonner plus complètement à l'écriture et il sera plublié 3 ans plus tard.
Il écrit également des scénarii de cinéma.
C'est maintenant un auteur largement reconnu.
Il est le compagnon de Siri Hustvedt.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"


Dès 10 ans: Auggie Wren's Christmas Story - Paul Auster

Une perle pour le sapin
Note :

   D'abord, il y a l'histoire. "Paul", un écrivain vivant à Brooklyn, a promis de livrer un conte de Noël, pour publication dans le "New York Times" le 25 décembre. Et il le regrette amèrement... Jugez plutôt: "The very phrase "Christmas Story" had unpleasant associations for me, evoking dreadful outpourings of hypocritical mush and treacle. Even at their best, Christmas stories are no more than wishfulfillment dreams, fairy tales for adults, and I'd be damned if I'd ever allowed myself to write something like that." Soit, dans un traduction approximative, de mon cru: "Les seuls mots de "Conte de Noël" éveillent en moi des sensations déplaisantes, évoquant des épanchements pénibles, hypocrites, d'eau de rose et de mélasse. Au mieux, les contes de Noël ne sont que des souhaits de voir des rêves devenir réalité, des contes de fée pour adultes, et que je sois damné si je me laisse jamais aller à écrire une chose pareille." Compte tenu de cet état d'esprit, vous devinez que Paul se retrouve très vite en "panne" d'inspiration et de surcroît tourmenté pas le fantôme de Dickens et de ses livres de Noël. En désespoir de cause, Paul se décide donc à aller prendre l'air, renouveler son stock de cigares dans la petite boutique de son ami Auggie Wren, que sans doute il n'est plus nécessaire de présenter à tous ceux qui ont vu ou lu le diptyque de Paul Auster et Wayne Wang - "Smoke" et "Blue in the face", où Auggie Wren prenait les traits d'Harvey Keitel. Et Auggie Wren de raconter à Paul un conte de Noël "véridique"... mais toutes les histoires ne deviennent-elles pas peu ou prou véridiques dès qu'il se trouve quelqu'un pour croire en elles? Paul Auster - ou Auggie Wren - tient donc ici la gageure de nous livrer un conte de Noël qui ne dégouline pas de bons sentiments, un conte un peu immoral en fait, mais qui rayonne pourtant d'optimisme et de cet indéfinissable esprit de Noël qui fait qu'on a le sourire aux lèvres au moment de refermer ce livre.
   
   Et puis, il y a l'objet, une reliure de toile rouge, une couverture dans des dominantes de rouge et de vert - les couleurs de Noël - adoucies de bleu, de gris et de beige. Et lorsqu'on ouvre le livre, l'odeur de l'encre, un peu entêtante (une odeur d'huile de lin ?), le papier blanc très brillant... Et surtout les superbes illustrations d'Isol, délicieusement absurdes, avec leurs personnages aux têtes énormes et rondouillardes - évoquant les traditionnels bonhommes de pain d'épice, leurs décors de maisons de poupées et de boîtes de biscuits, et une irrésistible caricature de "Paul" trônant sur une touche du clavier de sa machine à écrire, se grattant le crâne en attendant une improbable étincelle d'inspiration.
   
   Bref, c'est une vraie petite merveille que la nouvelle édition Américaine de "Auggie Wren's Christmas Story" chez Henry Holt, un cadeau bien de saison à offrir ou à s'offrir. Et puis, c'est l'occasion rêvée pour ceux qui lisent peu l'Anglais de franchir le pas, avec ce texte court, écrit dans un style simple même si la petite musique austérienne y est bien reconnaissable. Et pour ceux qui préfèrent s'en tenir à la version française, "Le Noël d'Auggie Wren" est paru chez Actes Sud dans une traduction française de Christine Le Boeuf et avec des illustrations de Jean Claverie (bien différentes de celles d'Isol, à en juger d'après la photo de couverture)
    ↓

critique par Fée Carabine




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Travail d'orfèvre
Note :

   Il n'est parfois nul besoin d'écrire un roman de 500 pages pour émerveiller un lecteur sur le talent d'un auteur.
   
   "Le conte de Noël d'Auggie Wren" est un chef-d'oeuvre d'efficacité. Paul Auster réalise un véritable travail d'orfèvre en moins d'une trentaine de pages, avec un brio qu'il ne répètera malheureusement pas toujours dans les romans qui constituent son oeuvre.
   Mais là, nous tenons la quintessence du talent d'Auster.
   
   Paul, le narrateur, doit écrire une nouvelle pour le New York Times qui doit paraître au matin de Noël. Auggie, qui tient une boutique de cigares, à Brooklyn inévitablement, connaît Paul depuis onze ans. En échange d'une invitation au restaurant, Auggie va raconter à Paul une histoire pour le conte de Noël. L'histoire en elle-même est d'une sobriété épatante; mais elle atteint la sensibilité du lecteur avec une rare simplicité.
   
   Pourtant, la mise en abyme réalisée par Paul Auster est digne des plus grands (je pense à Gide ou à Zweig), car ce conte a réellement été publié dans le New York Times en 1990.
   
   Du moment qu'une personne y croit, il n'existe pas une histoire qui ne puisse être vraie. Paul Auster est rejoint par Yann Martel sur ce point.
   
   Je n'ai pas lu ce conte dans la version "Actes Sud Junior" mais les illustrations peuvent y ajouter un petit quelque chose (en espérant que cela ne dénature pas l'histoire). J'avais en mémoire, en lisant le texte, l'extrait du film de Wayne Wang, Smoke (avec l'excellent Harvey Keitel) qui y fait référence.

critique par Julien




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