Lecture / Ecriture
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Les tambours de She Lao

She Lao
  Le pousse-pousse
  Gens de Pékin
  La cage entrebâillée
  L'Enfant du nouvel an
  Un fils tombé du ciel
  Quatre générations sous un même toit
  Les tambours
  Histoire de ma vie
  L'homme qui ne mentait jamais
  Messieurs Ma père et fils
  Ecrits de la maison des rats

AUTEUR DES MOIS DE FEVRIER & MARS 2008


Ecrivain chinois né en 1899, il a écrit des romans, des nouvelles et un peu de théâtre.

Ses personnages centraux sont habituellement des habitants de Pékin des classes pauvres ou moyennes.

Bien que partisan de Mao dès le début de la révolution, il n’échappa pas aux exactions de la Révolution Culturelle et sa mort dans le lac Tai Ping le 24 août 1966, officiellement attribuée à un suicide, risque fort d’être un crime des Gardes Rouges. Chose difficile à tirer au clair maintenant.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les tambours - She Lao

La Chine des bateleurs.
Note :

   Chongqing, Chine, 1938 et années suivantes, pendant la guerre contre les Japonais.
   
   La situation est des plus complexes, entre la guerre contre l’envahisseur et le trouble de la politique intérieure. Lao She fait manifestement un roman d’une expérience personnelle. Il a vécu à Chongqing à cette époque et d’aucuns le reconnaissent dans le personnage de Meng Liang, l’intellectuel écrivain, qui intervient dans le roman.
   L’aspect de la guerre n’intervient que comme péripétie permettant l’enchaînement des faits, mais le vrai sujet reste plutôt la dénonciation du sort fait aux femmes, et aux artistes en particulier. Une fille ne vaut rien, c’est connu : c’est son père qui désigne son mari et négocie le mariage. Quant aux chanteuses, ce sont forcément des prostituées qu’on achète et qui se vendent.
   
   Grace (Grace de Lotus) est la fille adoptive de Baoqing, chanteur au tambour, et de Madame Fang, la femme de Baoqing.
   Baoqing a fait de Grace une jeune femme au talent certain de chanteuse. Il éprouve une vive affection pour cette fille adoptive, au moins égale à celle qu’il éprouve pour Bijou, sa fille de sang.
   Madame Fang, elle, alcoolique invétérée, considère Grace comme une marchandise qu’il conviendra de vendre à l’heure, avant toute «dépréciation». Et manifestement pour elle l’heure est venue. Baoqing a évolué dans sa conception du monde et protège Grace d’une telle issue. Il la protège mais l’échec ne sera pas évité (les femmes chez Lao She, et en Chine certainement, ne sont pas à la fête !).
   
   Outre ces considérations sur l’évolution de la mentalité chinoise à l’égard des femmes, Lao She fait donc intervenir Meng Liang, écrivain au service d’une Chine nouvelle dont on a dit qu’il jouait son propre rôle, comme catalyseur de cette évolution. Et on le sait, la contestation, un esprit libre ne sont pas choses naturelles en Chine. Le sort de Meng Liang sera donc douloureux.
   
   Il m’a semblé que le dessein de Lao She, au moins dans ce livre, était davantage de raconter une histoire, d’exposer des faits, que d’écrire un roman. Je veux dire par là le fond privilégié à la forme. Un peu simpliste du coup peut-être et qui vieillira certainement rapidement, comme un poisson sorti de son élément naturel.
   
   A noter que ce roman a été traduit de l’anglais. Il aurait en effet été écrit aux USA entre 1948 et 1949 en chinois, traduit au jour le jour en anglais par sa traductrice, et le manuscrit chinois n’a finalement jamais été retrouvé ! Si bien que ce n’est qu’en 1980 qu’il fut retraduit en chinois et publié en Chine, quatorze ans après la mort de l’auteur, alors qu’il avait été initialement publié en 1952 aux USA !

critique par Tistou




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