Lecture / Ecriture
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La Dernière Neige de Hubert Mingarelli

Hubert Mingarelli
  Hommes sans mère
  L'arbre
  La Dernière Neige
  Le Bruit du vent
  Le jour de la cavalerie
  Le voyage d'Eladio
  Une rivière verte et silencieuse
  Vie de sable
  Océan Pacifique
  Quatre soldats
  La beauté des loutres
  Marcher sur la rivière
  La promesse
  L'année du soulèvement
  La lettre de Buenos Aires
  Un repas en hiver
  L’homme qui avait soif
  La route de Beit Zera
  L'incendie
  Ados: La lumière volée
  La vague
  La source

Hubert Mingarelli est un écrivain français né en 1956 en Lorraine.


* Interview dans la rubrique "Rencontres"

La Dernière Neige - Hubert Mingarelli

Drôles d'envies
Note :

   Texte "Mingarellien" à la frontière de l'absurde et de l'insignifiant. Point d'action trépidante, plutôt de petites touches délicates sur les états d'âme d'un garçon dont le père se meurt doucement, dont la condition matérielle est bien modeste, qui gagne quelque argent avec un job pas banal non plus, et dont le fantasme moteur de sa vie, à ce moment, se résume à rassembler assez d'argent pour acheter un milan (l'oiseau) en cage, mis en vente chez un brocanteur? De la difficulté à tuer des petits chats et des chiens, et régulièrement ce retour auprès du père qui se meurt ...
   Ca se lit très vite et très bien. Introspections en douceur
   
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critique par Tistou




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Un but et un besoin de réussite
Note :

   "Un soir, mon père a voulu savoir si j'avais réuni l'argent du milan, et ensuite si je savais déjà comment j'allais le nourrir. Les bruits d'eau ont illustré à merveille ma réponse à propos de l'argent, parce que c'était justement toute cette pluie qui m'empêchait de réunir la somme que Di Gasso demandait. Quant à la nourriture, j'avais prévu de continuer à travailler à l'hospice afin d'acheter chaque jour un peu de viande".
   

   Comme toujours avec cet auteur, l'histoire tient autant dans ce qui est tu que dans ce qui est dit. L'émotion est tapie entre les mots, sans jamais verser dans le pathos.
   
   Le narrateur, un adolescent, se fait un peu d'argent en travaillant à l'hospice. Il propose ses services pour promener les vieillards dans le parc, en échange de ce qu'ils veulent bien lui donner. A la maison, il y a le père qui l'attend, dont on comprend qu'il est très malade, sans doute mourant. La mère quitte la maison la nuit pour une raison que nous devinerons seulement. La minuterie qui se déclenche au moment où elle part tétanise le père et le fils.
   
   Dans cet univers feutré où tout semble figé, le jeune garçon tombe en arrêt devant un milan, perdu dans un bazar d'antiquités devant lequel il passe tous les jours. Dès lors, il n'aura de cesse d'acquérir l'animal. Le lien déjà serré entre le père et le fils se trouvera renforcé dans cette quête. Tous les soirs, l'adolescent va raconter à son père l'histoire de la capture du milan, l'enrichissant au fur et à mesure de sa narration, qu'il imagine être au plus près de la réalité.
   
   Le garçon est hanté par la peur que le milan soit vendu avant qu'il ne puisse gagner la somme nécessaire. Pour aller plus vite, il se résoudra à utiliser des moyens qui le répugnent lui-même, mais il le fera autant pour son père que pour lui.
   
   Des chapitres courts, des phrases sobres qui se résument à l'essentiel, l'auteur m'a encore cueillie avec cette belle relation père-fils, sous-tendue par la proximité de la mort.

critique par Aifelle




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