Lecture / Ecriture
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Bleu comme l’enfer de Philippe Djian

Philippe Djian
  Maudit Manège
  Ça c'est un baiser
  Vers chez les blancs
  Doggy Bag- Saison 1
  Doggy Bag- Saison 2
  Doggy Bag- Saison 3
  Doggy Bag- Saison 4
  Sainte-Bob
  Frictions
  Impuretés
  Doggy bag- saison 5
  Bleu comme l’enfer
  Impardonnables
  Incidences
  Lorsque Lou
  Marlène

Philippe Djian est un écrivain français né en 1949.

Bleu comme l’enfer - Philippe Djian

Premier roman
Note :

   Premier roman publié par Philippe Djian, en 1983 (après le recueil de nouvelles «50 contre 1»). Ma critique, réalisée en ce temps ( 83 … j’avais … bon n’y pensons même pas !), aurait été toute autre. A coup sûr. Nouveauté d’un style de narration, audaces des images et des mots, l’arrivée de Djian à cette époque a forcément dû être un tremblement de terre.
   
   Ecrite vingt-cinq ans après sa sortie, ma critique aura malheureusement un ton plus désabusé. Bien sûr le style de Djian est toujours là, déja là plutôt ! Bien sûr son imagination féconde et les attitudes «impolitiquement correctes» de ses personnages aussi. Le problème, c’est que ces caractéristiques, elles ont été rabâchées dans l’essentiel de ses ouvrages ultérieurs. Ces personnages, essentiellement mûs par le sexe et prèts à la violence, on en a vu défiler sous sa plume !
   
   Du coup, ce qui était révolutionnaire en 1983, sans nul doute, rentre dans le rang, un rang serré, maintenant. Dommage ! Je comparerais la situation à celle du rap : celui qui a créé le premier rap était novateur et créateur. Mais la transformation en genre décliné à l’infini n’a pas de sens. Il y a un peu (un peu) de cela à mes yeux avec Djian (même si j’aime toujours autant le lire _Dieu que c’est compliqué !).
   
   « En fait, c’était sa troisième bière, il se demandait s’il allait pouvoir la finir. Il était onze heures du matin et le soleil harponnait les bagnoles qui glissaient sur l’autoroute. Il avait mal dormi, il avait vu un coupé rouge vif grimper sur les glissières, juste devant eux, et les morceaux de ferraille qui s’envolaient, et l’explosion, ils étaient passés à travers les flammes.
   - Ah, dis donc … merde ! avait grogné le chauffeur.
   En se penchant vers le rétro, Henri avait vu la lune qui commençait à prendre feu. Ils avaient roulé toute la nuit et l’autre avait parlé toute la nuit, c’était un gros type avec une voix aiguë, désagréable, pas moyen de fermer l’oeil, les filles placardées dans la cabine le faisaient bailler. Et maintenant, il y avait cette bière à finir, il regardait son verre d’un air idiot, les petites bulles qui éclataient sous son nez. Il y avait juste un couple au bar, une blonde qui rigolait très fort quand le type la touchait, il essayait de lui glisser une main entre les jambes, elle voulait bien mais elle gesticulait sur son tabouret, … »

   
   C’est le départ du roman, de la carrière de romancier de Djian aussi. Et ça donne bien le ton général : écriture géniale, préoccupations … redondantes, qui tournent autour de l’alcool, de la drogue couramment et quand il y a un être du sexe faible, ce sont les fesses qui apparaissent en premier. Pour un premier roman, en 1983 c’était assurément novateur. Depuis Philippe Djian nous l’a beaucoup réécrit …
   
   Cela dit, si la violence ne vous fait pas peur (c’est typiquement le genre de bouquin que je n’irais pas voir transcrit à l’écran, pour les scènes de violence récurrentes), c’est du très bon Djian. Il a fait pire depuis ! (et je continue à le lire …)

critique par Tistou




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