Lecture / Ecriture
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Les Insulaires du Pacifique. de Ian C. Campbell

Ian C. Campbell
  Les Insulaires du Pacifique.

Les Insulaires du Pacifique. - Ian C. Campbell

Au pays du grand bleu
Note :

    Histoire et situation politique
    Suivi d'un lexique par J.P. Latouche
   
    L'universitaire néo-zélandais qu'est Ian Campbell nous montre d'abord la progression du peuplement de l'espace du Pacifique, quasiment le tiers de la sphère terrestre pour à peine plus de 8 millions d'habitants. À l'intérieur de ce monde du Pacifique, les trois régions baptisées dans les années 1820 par Dumont d'Urville — Polynésie, Mélanésie et Micronésie — servent de structure à une histoire du Pacifique qui se penche prioritairement sur le XIXe siècle, avant d'envisager les étapes vers l'autonomie et l'indépendance au XXe siècle. C'est sur ce long XIXe siècle que la matière est indiscutablement la plus riche.
   
    Plutôt que de nous décrire en détail les découvertes des navigateurs comme Cook, l'auteur, après avoir rapidement présenté les sociétés insulaires, nous montre l'arrivée d'Européens qui intriguent : des beachcombers, des missionnaires et des marchands. « Rôdeurs de grèves » ces beachcombers sont souvent des marins qui désertent des baleiniers venus faire escale et leurs compétences ont la diversité des métiers manuels inconnus de pays sans fer ni verre. Les missionnaires sont principalement des protestants britanniques aux églises concurrentes, et qui se font parfois trucider par les autochtones. Ce sont plus rarement des femmes intrépides comme Florence Young qui, d'abord installée en Australie, évangélise des Mélanésiens, ceux-ci à leur tour faisant office d'apôtres sur leurs terres d'origine. Les marchands tel Godeffroy de Brême s'intéressent aux noix de coco pour l'huile ; ils lancent des plantations ce qui pose le problème de la terre clanique et exportent le coprah plutôt que l'huile. D'autres productions ont fait la fortune des uns voire le malheur des insulaires : le concombre de mer alias biche-de-mer ou trépang, une holothurie qu'on sèche et fume avant de la vendre aux Chinois ; le bois de santal des Marquises et de diverses îles plus occidentales ; la canne à sucre de Fidji qui fut cultivée et coupée par des immigrés indiens aujourd'hui majoritaires. À ce boom passé du sucre, Fidji doit son exception, d'être indirectement secouée par les coups d'État, en 1976 et tout récemment.
   
    Vient ensuite le temps des administrateurs coloniaux : parce qu'arrivés les derniers les Allemands seront, entre 1880 et 1914, les plus déterminés — mais aussi les plus vite repartis : les Dominions britanniques et surtout le Japon récupérant ces îles jusqu'à la Seconde guerre mondiale. Les grands conflits du XXe siècle viennent bouleverser ces terres avec l'abondance des objets nouveaux et venus d'ailleurs : ainsi le culte de John From et les cultes du cargo sont-ils brièvement mentionnés. L'auteur préfère terminer son ouvrage avec le récit des accessions à l'indépendance d'états désargentés et dépendant financièrement de la communauté internationale — y compris à travers l'essor touristique – tandis que certains territoires restent financés par une métropole plus obstinée que les autres ne l'ont été : la France.
   
    • Le sous-titre insiste honnêtement sur l'histoire politique. Aussi on ne cherchera pas ici les secrets culturels des ethnies et les travaux de Malinowski, ni la menace ponctuelle des cyclones et du Niño, ni la menace générale que le réchauffement climatique fait courir aux îles trop basses face aux eaux tropicales.

critique par Mapero




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