Lecture / Ecriture
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La robe de Robert Alexis

Robert Alexis
  La robe

Auteur français contemporain dont on ne sait rien.

La robe - Robert Alexis

Un bien curieux récit.
Note :

   Ce court roman de Robert Alexis est formé d’une succession de paragraphes séparés d’un espace, qui à la façon des pointillistes vont nous tracer une histoire bien étonnante.
   
   Je vais vous en parler, mais je dois d’abord dire qu’il me semble que le lieu ni l’époque ne sont clairement précisés. Cependant, le recoupement d’une ambiance et de certains détails m’amène à situer ce récit à Vienne (peut-être juste à cause de l’œuvre de Schiele qui est en couverture) en tout cas, le centre-Est de l’Europe, vers 1914-18. Il m’a semblé y retrouver le même type de société que dans "Le coup de grâce" de M. Yourcenar. Je parle de l’histoire de fond elle-même, car le récit débute plus tard, de curieuse façon : un narrateur qu’on ne verra que pendant une page ou deux, suit un personnage, qu’on ne retrouvera qu’à la fin et qui lui-même raconte une histoire qui date de sa jeunesse. Un bien curieux enchaînement pour un bien curieux récit.
   
   Je me suis complètement laissé manœuvrer par ce livre. Au moment où l’on rencontre l’objet central de l’intrigue, la robe, j’avais oublié le titre du roman et je n’ai pas tout de suite vu l’importance qu’elle allait avoir. Quand je l’ai vue, je l’ai mal interprétée. Quand j’ai enfin accepté de me laisser ainsi mener par le bout du nez, tout, au contraire s’est mis en place dans mon esprit et je n’ai plus été surprise par ce qui advenait. En fait, c’est le cheminement même du héros, mais c’est une coïncidence.
   
   La première partie n’arrivait pas trop à me passionner, j’avais cru y voir démarrer une sorte de récit militaro-érotique ou même pornographique, je n’ai pu «jouer le jeu» que vers le centre, lorsque l’on vit avec le personnage principal, sa transformation. Là j’ai senti une réalité des sentiments qui touchait à de profondes choses humaines et là, j’ai accepté l’ensemble.
   
    Je dirais qu’à mon avis il y a des outrances, des excès primaires et presque des invraisemblances (sur le plan psychologique j’entends) dans les situations et la peinture des autres personnages, dont celui d’Herman, qui en font comme un récit maladroit, puéril ou raté. Mais qu’il y a en même temps une réalité et une sensibilité dans la peinture de l’histoire du héros qui font que le roman lui, n’est pas raté. Je crois que je vais être obligée de lire le second roman de Robert Alexis pour clarifier ma pensée ou voir s’il a basculé du côté que j’estime raté ou de celui que je nomme "réussite".
   
   Je ne sais pas si le Alexis de son pseudonyme a quelque chose à voir avec celui de Marguerite, mais du début à la fin je n’ai cessé d’avoir "Alexis " ainsi que "Le coup de grâce" dans un coin de mon cerveau. Non que je dise que les œuvres se ressemblent. Il y a parenté, pas ressemblance.
   
   "La robe" a été publiée chez José Corti, maison d’édition dont la devise "Rien de commun" n’est pas démentie par ce livre.

critique par Sibylline




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