Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

This is not a love song de Jean-Philippe Blondel

Jean-Philippe Blondel
  Un minuscule inventaire
  1979
  Le passage du gué
  Juke Box
  Accès direct à la plage
  This is not a love song
  Le baby-sitter
  G229
  Et rester vivant
  06h41
  Un hiver à Paris
  La mise à nu
  Dancers

Jean-Philippe Blondel (né en 1964) est un écrivain français. Il enseigne également l'anglais en lycée.

This is not a love song - Jean-Philippe Blondel

Mon premier!
Note :

    Vincent, trente-sept ans, revient passer une semaine chez ses parents, en France, loin de sa femme et de ses filles, restées en Angleterre. Il n'avait pas envie de revenir, il le fait pour tout un tas de mauvaises raisons et le passé lui éclate à la figure de manière inattendue...
   
   
   N'ayant jamais lu de roman de Blondel, chers happy few, je n'avais aucune attente particulière, sauf celle de trouver le narrateur et personnage principal antipathique puisque c'était manifestement l'avis (à peu près) général... Eh bien, chers happy few, non seulement j'ai beaucoup aimé ce roman mais en plus, et contre toute attente, je n'ai pas trouvé Vincent antipathique du tout.
   
   C'est un homme qui se cherchait (pas d'études, accumulation de petits boulots et de conquêtes, il a quitté très tôt le nid familial et franchement quand on voit sa mère on se dit que le contraire eût été difficile) et qui, maintenant qu'il s'est trouvé (situation professionnelle florissante, mariage heureux, paternité épanouie), porte sur son passé et sur sa famille un regard certes sans concessions mais qui paraît souvent justifié. La description de la province (ah, les dimanche) et du dîner chez Fanny et Olivier m'a personnellement fait carrément rire tant je l'ai trouvée juste. Alors, évidemment la fin peut paraître peu morale mais elle est tout à fait dans la continuité de l'intrigue et, à ce titre, très cohérente. Le seul passage sur lequel j'ai une réserve est la confession de Céline, que j'ai trouvée un peu longue...
   
   Un bon roman donc chers happy few, qui m'a donné envie de lire les autres ouvrages de ce monsieur!
   
   PS: "This is not a love song" est le titre d'au moins une chanson de rock de P.I.L
   ↓

critique par Fashion




* * *



Chanson d'amour?
Note :

   Après la lecture agréable de "Accès direct à la plage", celle de "This is not a love song" m'a permis de continuer, de façon aussi agréable, ma découverte de Jean-Philippe Blondel.
   
   J'ai retrouvé l'écriture précise, légère mais aussi grave de JP Blondel qui, en maniant avec dextérité l'humour, sait aborder des sujets de sociétés importants.
   
   Vincent, quarante ans passés, vit à Londres auprès de son épouse anglaise, Susan, et ses deux filles. Il a quitté la France, sans regret, et est parvenu à s'intégrer dans la société anglaise. Il est devenu un chef d'entreprise reconnu, médiatisé... bref, la réussite professionnelle et familiale.
   
   Il existe dans toute vie de couple des besoins de respirer loin l'un de l'autre. C'est ce qui arrive à Vincent et Susan. Cette dernière lui suggère de passer une semaine de vacances, seul.... pourquoi ne pas aller rendre visite à ses parents qu'il voit rarement?
   
   A partir d'une situation banale, Blondel met en scène les tensions familiales, les rancoeurs, les échecs que l'on croyait oubliés, les anciennes amours, les souvenirs de jeunesse et l'amitié que l'on croit toujours solide et qui s'effrite avec l'éloignement.
   
   Vincent arrive chez ses parents et, immédiatement, c'est une désagréable sensation d'étouffement qui assaille non seulement Vincent mais aussi le lecteur. L'ambiance familiale lourde, pesante, dilatée par les non-dits qui blessent durablement, montre combien est angoissante l'impression de n'avoir plus rien à dire ni à voir avec la chair de sa chair. L'ennui, spectre d'épouvante, fait frissonner et engendre un mal être oppressant: Vincent compte les secondes qui le séparent du retour à Londres et n'aspire qu'à une seule chose... s'enfuir! Alors, il erre dans les rues de son enfance, de son adolescence, revit des scènes enfouies dans le passé avec Jérôme, son petit frère, son rival toujours parfait et adorablement détestable: Jérôme qui a toujours fait tout comme il faut... sans penser avoir une once de fantaisie et d'imprévisibilité. D'ailleurs, il a épousé son premier amour, Céline, lui, le prof sans ambition, le mari prévenant, le fils prodigue, le frère énervant, l'homme qui tait ce qui ne devrait pas l'être.
   
   Cependant la famille réserve des surprises: Céline, la belle-soeur irritante de suffisance, renvoi permanent de l'image de "loser" que Vincent a endossée jusqu'à son départ (sa fuite salvatrice) en Angleterre, Céline brisera le mur de silence qui entoure la disparition de l'unique ami de Vincent, Etienne. Peu à peu le passé le rattrape, l'enveloppe, le transforme douloureusement. Vincent lutte contre ses fantômes et ses peurs indicibles pour comprendre qu'il est des fiertés valant la peine d'être oubliées.
   
   Le texte est vibrant, d'une grande émotion sous des clichés (que certains lecteurs pourront trouver creux et agaçants) qui, grâce à la plume, à la verve, au ton caustique de Blondel n'en sont plus: les images prennent une dimension originale, le lecteur a le plaisir d'être emmené dans la tête des personnages par un Blondel sachant créer une psychologie complexe sous des aspects anodins et sachant décrire avec justesse le cheminement de pensée des personnages.
   
   Certes, ce n'est pas une histoire d'amour qui nous est racontée: l'arrogance du Vincent imbu de sa réussite et de son mode de vie anglo-saxon, tellement plus "in" que le marasme gluant de la France "franchouillarde", se désagrège face au passé qui lui saute à la gorge. L'arrogance puis le cynisme sont, au fil des pages, bien mis à mal... cependant, je n'ai jamais pu détester vraiment Vincent, pas plus que les personnages qui l'entourent.
   
   Peut-on penser que "les histoires d'amour finissent toujours mal"? Elles prennent très souvent une autre direction et ce qui fait mal c'est peut-être le regard en arrière que l'on ne peut réprimer.
   
   Quant à la conclusion du roman... on peut rester sur sa faim car elle semble trop attendue. Néanmoins, elle ne laisse pas indifférent et j'y ai vu une lueur dans la grisaille du monde moderne.
   ↓

critique par Chatperlipopette




* * *



Le regard dans le rétroviseur
Note :

   C'est toujours pareil. Il suffit que l'on me rabatte les oreilles avec un bouquin (idem pour les films ; non je n'ai pas encore vu Les ch'tis, pas plus que je n'ai vu Kate Winslet et Leonardo au cinéma) pour que je fasse ma moue, et me fasse prier pour les lire. Si je ne l'ai pas décidé par moi même, pas de précipitation...
   
   Mais parfois j'ai réellement de très bonnes surprise et je ne peux que remercier à haute et intelligible voix l’amie qui a décidé de me prêter son exemplaire dédicacé. En sa compagnie, j'avais croisé Monsieur Blondel au Salon du livre et je garde un excellent souvenir des quelques phrases échangées. Cela ne m'avait pas décidée pour autant à lire son livre, me direz-vous? Et bien non comme d'habitude, j'ai fait ma têtue (et j'avoue quelques autres lectures en attente). Voilà l'erreur est réparée, et je comprends à présent l'enthousiasme chez certains.
   
   Ce roman m'a plu à plus d'un titre. D'abord pour le style que j'ai trouvé facile (non ce n'est pas péjoratif, loin de moi cette idée, mais selon les auteurs vous accrochez ou non). Je me suis très vite intéressée à son personnage principal et à ses remises en question par rapport à son retour chez ses parents.
   
   Se juxtapose à mon sens 2 idées:
   - Les relations familiales, au sens élargi du terme car c'est aussi au niveau des amis "intimes" que l'on perçoit les échanges ou les non dits, la capacité, la facilité à discuter de tout, de rien, de choses plus ou moins importantes selon le regard que nous y posons.
   
   - Le regard dans le rétroviseur que nous faisons parfois sur notre vie, sur nos aspirations, et les regrets que nous avons parfois mais qui ne doivent pas nous empêcher d'avancer.
   
   
   Bref à plus d'un moment ce roman m'a parlé - et ce n'est pas qu'une figure de style, un peu facile -.
   
    A ceux qui ne l'ont pas lu, ma seule recommandation sera de prendre votre temps. J'espère que comme moi, vous l'ouvrirez un jour et en ressortirez ravi et la gorge un peu nouée...

critique par Delphine




* * *