Lecture / Ecriture
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Yonder de Siri Hustvedt

Siri Hustvedt
  Tout ce que j’aimais
  Les yeux bandés
  L'envoûtement de Lily Dahl
  Yonder
  Elégie pour un Américain
  Les mystères du rectangle
  Un été sans les hommes
  Un monde flamboyant
  La femme qui tremble - Une histoire de mes nerfs

Siri Hustvedt est une écrivaine américaine née en 1955.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Yonder - Siri Hustvedt

Six méditations entre ici et là
Note :

   “Méditations”, c’est le terme qu’a choisi Siri Hustvedt pour évoquer ces 6 textes dans lesquels elle exprime ses réflexions sur différents sujets qui lui sont proches et lui tiennent à coeur.
   
   Le texte éponyme, "Yonder", est le premier et le plus long. Il évoque ses souvenirs d’enfance, sous l’angle de l’histoire de sa famille autant que de la sienne. Il s’agit d’une famille d’immigrants norvégiens aux Etats-Unis. Son père était né aux Etats-Unis de parents eux-mêmes nés en Norvège. Sa mère, elle, était née en Norvège. La famille vivait dans une petite ville qui regroupait les immigrants norvégiens, permettant ainsi à S. Husyvedt de connaître la langue et les coutumes du pays d’origine de sa famille.
   Ce qui frappe le plus dans ce texte, me semble-t-il, c’est l’affection et ce respect mutuel dans lequel baigne cette bienheureuse famille. C’est une sorte d’hommage sans ostentation à ses parents, qui montre surtout l’affection et l’estime qu’elle a pour eux et le soin qu’elle a pris à écouter et connaître leur histoire et à les comprendre. Ces sentiments ne sont pas aussi fréquents qu’on veut bien le dire, mais très beaux, autant pour ceux qui ont la chance de les inspirer que pour ceux qui ont celle d’en être inspirés. Cette histoire des quatre sœurs Hustvedt et de leur famille entraîne également une méditation sur les lieux et les langues (Siri savait le norvégien avant l’anglais et confondait les deux dans son enfance) en ce qu’ils sont liés.
   
   Le second texte, "L’annonciation de Vermeer " traite d’un tableau qui n’est pas justement une annonciation mais le célèbre "Jeune fille au collier de perles". Encore une fois, je conseille de se procurer, ne serait-ce que sur le Net une copie de cette œuvre que S. Hustvedt va explorer en détail car celle de couverture, si elle aide beaucoup par son gros plan, ne suffit pas car elle n’en présente qu’un fragment. Vous comprendrez alors pourquoi il est ici intitulé " Annonciation «. Les réflexions de cette auteur qui est également passionnée par la peinture, sont d’une extrême finesse et d’un grand intérêt m’a-t-il semblé. Elles sont accessibles à tout lecteur de bonne volonté, même s’il n’y connaît rien en peinture, comme c’est mon cas.
   
   Le troisième texte "Les lunettes de Gatsby " est, comme vous l’avez peut-être deviné, une intéressante réflexion sur le roman de Scott Fitgerald. Une réflexion originale, précise et argumentée. A conseiller plus que vivement à tous ceux qui viennent de lire "Gatsby le magnifique", ils y trouveront une interlocutrice captivante.
   
   "Plaidoyer pour Eros",comme son nom l’indique, présente quelques réflexions sur l’érotisme, par référence aussi bien à quelques expériences personnelles ou parvenues à sa connaissance que par des regards sur d’autres lieux ou d’autres époques, quand ce n’est pas par référence littéraire.
   
   "L’ami commun revisité" étudie de façon passionnante cette œuvre de Charles Dickens*. Environ soixante-dix pages sont consacrées à des réflexions précises, organisées en chapitres selon l’angle abordé. Lorsque l’on sait que Siri Hustvedt a obtenu son doctorat de lettres anglaises en traitant de Charles Dickens, on comprend l’intérêt qu’elle porte à ce sujet et la richesse des connaissances qu’elle est capable de mobiliser sur ce thème.
   
   La dernière méditation s’intitule "Fantômes à table" et nous ramène au monde de la peinture dans un domaine que pour ma part j’aime particulièrement et qui est celui des natures mortes. Chardin, Matisse, Cézanne, Guston et plusieurs autres sont évoqués et étudiés pour une méditation qui, comme celle sur "La dame au collier", reste à la portée du néophyte.
   
   
   * Charles Dickens fut l'objet de la thèse de l'auteur "Figures of dust"

critique par Sibylline




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