Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Histoire de Lisey de Stephen King

Stephen King
  Marche ou crève
  Anatomie de l’Horreur
  La Tour Sombre 1: Le Pistolero
  La Tour Sombre 2: Les trois cartes
  La Tour Sombre 3 :. Terres perdues
  La Tour Sombre 4: Magie et Cristal
  La Tour Sombre 5: Les loups de la Calla
  La Tour Sombre 6: Le chant de Susannah
  La Tour Sombre 7: La Tour Sombre
  Ecriture - Mémoires d'un métier
  Histoire de Lisey
  Cellulaire
  Shining
  Simetierre
  Juste avant le crépuscule
  Charlie
  Running man
  Salem
  Dolores Claiborne
  Docteur Sleep
  Le Singe - Le Chenal
  Colorado Kid
  Mr Mercedes

Stephen Edwin King est un écrivain américain de thrillers, romans d'horreur et fantastiques, né en 1947 dans le Maine. Il a aussi publié sous les noms de John Swithen (une fois) et plus souvent de Richard Bachman.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Histoire de Lisey - Stephen King

Hum, hum…
Note :

   
   C’était LE King de la rentrée 2007. Grand battage comme il se doit et, ayant raté les King des rentrées 2006-5-4 et précédentes, je me suis laissé tenter, espérant trouver quelque chose du genre de "Chantier", "Cujo" ou "Marche ou crève". Pourtant, la quatrième de couverture annonçait autre chose : « méditation audacieuse sur le processus créatif » et «sensibilité des essais autobiographiques, profondeur de l’analyse, suspense de nouvelles, et terreur psychologique des romans.». Mazette ! Encore mieux. J’allais m’en mettre plein les yeux !
   
   Quelques jours et 566 pages plus tard, je savais que ce n’étaient pas exactement ces mots-là que j’allais reprendre dans mon commentaire et qu’il valait même mieux que je les oublie si je voulais avoir une chance de traduire un peu mes impressions sur ce livre.
   
   Tout d’abord, je pense qu’il ne fera pas partie des «grands» de King, ni comme essai littéraire, ni comme roman, mais c’est vrai qu’on voit bien que Stephen King a tenté là quelque chose de nouveau et assez ambitieux pour lui. On dirait qu’il a imaginé une grande métaphore qui permettrait de représenter la relation des créateurs aux mots par leur capacité à se rendre dans un monde (Na’ ya lune pour celui dont on parle ici) fantasmatique et parfois dangereux où ils puisent puissance créatrice et œuvres tout en frôlant la folie.
   
   Comme on s’en doute, l’aspect symbolique et virtuel de la métaphore ne pouvait suffire à S. King et c’est donc réellement un monde parallèle que nous avons ici dans lequel les personnages seront amenés à se rendre, avec bénéfice ou dommage.
   
   D’autre part, l’auteur s’est amusé à pousser loin la ressemblance entre lui-même et l’auteur, héro de l’histoire, allant même jusqu’à donner le rôle principal à l’épouse (veuve) de l’écrivain inspirée de sa propre épouse Tabitha à qui il dédié ce roman et à y replacer de multiples références à sa biographie réelle. On aurait donc tendance à se laisser emporter par les fausses confidences mais, si je pense que l’attentat et l’hospitalisation que subit le héros ont été inspirés par son accident de 1999, s’il a bien un grand frère et son épouse des soeurs, je crois que le gros de l’histoire est sans rapport avec lui (et c’est tant mieux pour lui).
   
   Pour ce qui est du côté romanesque, dans «Ecriture», King dit lui-même que dans un bon roman l’action doit toujours avancer et malheureusement là, il ne s’est pas tenu à ses propres conseils. On piétine, on piétine pendant au moins une bonne moitié de l’ouvrage. On progresse très lentement et de façon incertaine avec des scènes bien trop longues (les coups de feu contre l’auteur eux-mêmes sont ainsi dépouillés de leur impact –façon de parler-.). On dirait que l’auteur ne trouve pas ce rythme qu’il sait d’habitude imprimer à ses récits et qui lui permet de ferrer un lecteur pour ne plus le lâcher. Lâcher ? Là, c’est moi qui ai dû faire des efforts pour ne pas lâcher ce nanard, surtout dans les 300 premières pages (eh oui, c’est beaucoup…).
   
   L’histoire de Scott Landon (l’écrivain) est doublée de celle du deuil que sa veuve doit faire, mais alourdie par les histoires de ses sœurs et guère boostée par celle du fou meurtrier de rigueur ici. Les scènes de suspens sont prolongées artificiellement par des interruptions descriptives et le tout se déroule sans grande surprise pour le lecteur.
   
   Le style? J’étais consternée par les débuts. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Personne n’a jamais comparé Stephen King à Saint-John Perse, mais tout de même cette fois… L’Histoire de Lisey se lance dans une bien vilaine écriture, moche et vulgaire et vraiment je me suis demandé s’il était possible que Tabitha King soit à l’image de cette Lisey dont le juron préféré est « Oh Jésus Marie et Jojo le charpentier » et qui ne peut évoquer un personnage qu’elle a pris en grippe sans ajouter « fiente molle de poulet frit façon Tennessee » et ce, sans se lasser bien 12 ou 20 fois. Moi, j’étais lassée dès la première. Heureusement, King nous annonce en postface que sa femme n’est pas comme Lisey et là aussi, au fil des dizaines de pages, la chose s’améliore un peu mais tout de même…
   
   Bon, et pour l’essai littéraire, non. On a juste une énorme métaphore pas entièrement claire, une « vach’tement hhhhénaurme* » métaphore, trop énorme d’ailleurs pour fonctionner vraiment. Je peux admettre que, comme le dit King « Il existe vraiment une mare où nous – et ici j’entends par nous la vaste communauté des auteurs et des lecteurs- descendons boire et jeter nos filets. » (tous les romans, chansons, poèmes etc.) et que ce monde créatif peut soigner, guérir ou détruire, qu’il frôle la folie et la mort tout autant que la sérénité. Mais l’image n’est pas assez clairement mise en place pour apporter de grande révélation à qui que ce soit. Le but d’une métaphore est d’aider les gens à se représenter des choses abstraites, s’ils ont déjà de mal à voir l’image parce qu’elle est présentée brouillée, parcellaire, confuse , c’es raté. Or ici, vraiment, les lecteurs ont du mal à y voir clair.
   
   Il y a tout de même des choses un peu intéressantes, des réflexions sur les liens affectifs entre parents maltraitants et enfants maltraités par exemple, sur les fraternités (sororités), les souvenirs ou le deuil. Disons, que j’ai trouvé à ce roman environ 300 pages de trop et qu’il me semble que ceux qui veulent le lire peuvent attendre qu’il sorte en poche.
   
   
   * Expression chérie par Scott Landon

critique par Sibylline




* * *