Lecture / Ecriture
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Les dieux ne valent pas mieux de Marie Phillips

Marie Phillips
  Les dieux ne valent pas mieux

Les dieux ne valent pas mieux - Marie Phillips

Les dieux sont tombés sur la terre
Note :

   Aphrodite qui susurre des obscénités au téléphone rose, Artémis qui promène des chiens, Dyonisos qui tient une boîte de nuit et Apollon qui tente de percer à la télé avec ses dons de divination, oui les dieux de l'Olympe sont tombés bien bas et subsistent tant bien que mal à Londres.
   
   Le roman de Marie Phillips , Les dieux ne valent pas mieux commencent comme une comédie mais très vite tourne à l'aigre, comme si on passait d'un soap à Dynasty, les dieux grecs n'ayant rien de petits anges et pratiquant l'inceste, les viols et les coups bas avec une jubilation sans pareille. L'irruption dans leur maison de la tendre et douce Alice, la bien nommée qui ne descendra pas dans un terrier de lapin mais au royaume d'Hadès, va perturber encore plus cette famille en déroute et entraînera peut être même la disparition du soleil...
   
   Ceux qui, se fiant au slogan de la couverture "Désordre libertin version Olympe" espèrent trouver ici un livre qu'on lit d'une seule main, en seront pour leurs frais car si le vocabulaire est parfois cru, "Euh, Apollon, disait la voix du réalisateur dans son oreillette. Tu es bouche bée, ça fait dix secondes que tu n'as rien dégoisé et, si j'en crois la caméra n°2, tu as la trique des grands jours. On fait une pause?" , le sexe entre Apollon et sa tante Aphrodite est devenu une mécanique vaguement ennuyeuse car, comme le dit Woody Allen : "L'éternité, c'est long. Surtout vers la fin". Ce temps sans fin dont souffrent les Dieux donne une dimension tragique au roman, à laquelle j'ai plus été sensible qu'à la dimension humoristique dont j'ai relevé finalement peu d'exemples : "L'idée qu'on avait pu laisser un aussi bel édifice se délabrer à ce point était à la fois scandaleuse et troublante. Il avait ressenti un peu la même chose quelques jours plus tôt, en tombant sur une photo récente de Brigitte Bardot." ('Et pan dans les dents des français ! :))
   
   Ce roman fourmille de bonnes idées, la présence muette d'Arès, dieu de la guerre, qui suscite aussitôt une dispute entre des amoureux qui ne se sont pas encore déclaré leur flamme, la description vraiment intéressante des Enfers, mais souffre néanmoins de quelques longueurs. Un roman agréable mais qui ne satisfait pas totalement, peut être parce que j'aime trop la mythologie ...
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critique par Cathulu




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Une affaire de famille
Note :

   On les croyait définitivement disparus, oubliés, relégués dans les galeries des musées où leurs effigies de marbre impressionnent les visiteurs. Eux, ce sont les Dieux de l'Olympe, cette turbulente famille qui présida, dans l'Antiquité, aux destinées des hommes, des demi-dieux et des héros.
   
   Pourtant – malgré les apparences – ils sont toujours parmi nous, et cohabitent dans une vétuste résidence londonienne, à l'abri du regard des mortels depuis le XVIIème siècle. C'est ici qu'ils ont trouvé refuge, dans cette vieille demeure crasseuse et poussiéreuse, menaçant ruine. L'Âge d'Or est définitivement terminé pour les Olympiens depuis qu'ils se sont fait damer le pion dans le coeur des mortels par un modeste charpentier nazaréen qui expira sur la croix sous le règne de l'Empereur Tibère.
   
   Diminués, affaiblis, les dieux grecs n'ont eu, pour seule échappatoire, que de s'adapter aux conditions de vie contemporaines afin d'exercer leurs talents respectifs. Ainsi, Artémis, déesse de la chasse, s'est reconvertie dans le Dog-Sitting, Apollon est devenu animateur d'émissions télévisées, Aphrodite déploie ses talents dans le téléphone rose, et Dionysos est devenu tenancier d'une boîte de nuit de bas étage.
   Si leur splendeur passée est définitivement évanouie, les Olympiens n'ont pas perdu pour autant leur caractère chicanier et tapageur.
   C'est d'ailleurs une de ces disputes si coutumières aux dieux grecs qui va mettre le feu aux poudres.
   
   Apollon, tourmenté par son inextinguible libido, s'est encore une fois compromis avec une mortelle qu'il a – après avoir été repoussé par celle-ci – métamorphosée en eucalyptus. Cet acte va lui attirer les remontrances d'Artémis qui lui reproche de gâcher ainsi les dernières réserves de pouvoir divin dont disposent les Olympiens.
   
   Mais cette mésaventure va surtout déclencher la colère et la jalousie d'Aphrodite qui va dès lors s'ingénier à concocter sa petite vengeance. Apollon est attiré par les mortelles, Soit ! Et s'il tombait éperdument amoureux de la première venue ?
   
   Avec la complicité de son fils Eros, elle va rendre Apollon fou d'amour pour une femme choisie au hasard dans le public assistant à l'enregistrement de l'émission animée par le bellâtre infidèle. Le choix va se porter sur Alice, une jeune femme de ménage qui n'en demandait pas tant...
   
   Mais la machination orchestrée par la déesse de l'amour va très rapidement tourner au vinaigre et ce qui au départ se présentait comme une simple vengeance destinée à donner une bonne leçon au dieu Apollon, va finir par prendre des proportions cosmiques qui pourraient avoir comme conséquence l'extinction de la race humaine et par conséquent des dieux eux-mêmes.
   
    Dans la lignée de «De bons présages» de Neil Gaiman et Terry Pratchett, ainsi que du «Fils du Dieu de l'Orage» de Arto Paasilinna, le roman de Marie Phillips est une comédie légère et enlevée, sans temps mort, qui entraîne le lecteur dans un tourbillon de rebondissements, de clins d’œil à la mythologie antique et d'allusions cinglantes envers notre société moderne.
   
   Sans égaler en humour le roman de Gaiman et Pratchett cité plus haut, «Les dieux ne valent pas mieux!» est de ces ouvrages qui offrent un agréable moment de lecture sans pour autant prétendre au chef-d’œuvre. Amusant et léger, ce roman n'a d'autre but que celui de nous divertir.
   
   Les dieux grecs, si profondément humains dans leur comportement – et cela depuis l'Antiquité – apparaissent une fois de plus dans l'ouvrage de Marie Phillips comme le modèle des travers et des défauts propres aux simples mortels que nous sommes. Soumis eux aussi à ces passions bien humaines que sont la colère, l'orgueil, la jalousie et le libertinage, ils sont bel et bien le reflet – ou plutôt le prototype – de nos imperfections. Non, décidément, les dieux ne valent pas mieux !

critique par Le Bibliomane




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