Lecture / Ecriture
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Dépeçage en ville de Bernard Mathieu

Bernard Mathieu
  Dépeçage en ville
  Un cachalot sur les bras
  Cargo

Dépeçage en ville - Bernard Mathieu

Très bon roman pour mauvais titre
Note :

   Ce roman n'est presque pas un polar. Tout d'abord parce que c'est un Roman, un vrai, très bien écrit et qui parle de la vie, la vraie aussi et des vrais sentiments des gens.
   
   Quand je l'ai choisi, c'était après une lecture très sérieuse et je voulais lire un polar pour me distraire un bon coup. Je suis tombée sur celui-là absolument par hasard, d'autant que j'ignorais tout de l'auteur et que le titre m'inspirait vraiment peu. Une fois rentrée chez moi, quand j'ai lu «Dépeçage en ville» sur la couverture et une déplorable 4ème, je me suis vraiment demandé pourquoi j'avais pris ce livre-là. Seulement, il était là, alors je l'ai ouvert quand même, et vous, je vous conseillerais surtout de ne pas non plus vous laisser stopper.
   
   Ma première surprise a été la qualité de l'écriture. Bernard Mathieu écrit vraiment bien, d'un style dont le souci ne démange pas toujours les auteurs de polars qui lui préfèrent l'histoire : «Souvent je contemple la ville comme si c'était la mer. J'aime le moutonnement des zincs, d'un gris éteint, lisses comme des peaux d'animaux amphibies. Parfois, lorsque la lumière s'y prête, on jurerait que les toits sont les dos, chauves, d'hippopotames rassemblés en un gigantesque troupeau pâturant le bitume.» J'étais conquise.
   
   Je devais l'être tout autant par l'authenticité de son personnage principal. Une sorte d'aventurier, retour du Brésil qu'il a dû quitter très précipitamment, un ponte local à ses trousses.
   
   Les deux récits s'entremêlent, celui de l'aventure qu'il vit ici, à Paris, en temps réel et celui de celle qu'il a vécue au Brésil, quelque temps auparavant et qui se poursuit là-bas sans lui. Il en a des nouvelles par téléphone et c'est ainsi qu'elle rejoint et ponctue celle de Paris, sans qu'il y ait de rapport entre les deux. Sauf qu'elles sont toutes deux en même temps dans la tête de celui qui parle.
   
   Celui qui parle, est un homme, solitaire et décidé. Un personnage tout à fait sympathique, pour moi, par la vérité de ses sentiments, la cohérence qu'il maintient toujours entre ce qu'il fait et ce qu'il pense, le regard humaniste qu'il pose sur les autres. C'est un type qui observe tout. Il voit tout et l'accepte. «C'est ainsi» semble-t-il toujours se dire, et ne jamais penser qu'on lui demande de juger ou de choisir.
   
   Il a des problèmes d'homme honnête avec lui-même, qui font qu'on se reconnaît en lui (du moins, je vous le souhaite).
   
   Ah ! Encore un détail. Vous serez peut-être étonné par la fin? que je me garderai bien de vous dévoiler, mais qui laisse réfléchir longtemps.
   
   Bernard Mathieu est un «journaliste de terrain». Il a bourlingué un peu partout dans le monde. Il réalise des reportages, il écrit des romans. Je pense qu'il doit pas mal ressembler, au moins mentalement, à son personnage, sans qu'il lui soit arrivé les mêmes aventures. Mais d'autres? sûrement.
   
   Il a écrit plusieurs romans, dont d'autres polars. Je pense que je vais en lire encore.

critique par Sibylline




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