Lecture / Ecriture
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Une demoiselle comme il faut de Barbara Pym

Barbara Pym
  Des femmes remarquables
  Une demoiselle comme il faut
  Crampton Hodnet
  Adam et Cassandra
  Un brin de verdure
  La douce colombe est morte
  Comme une gazelle apprivoisée
  Jane et Prudence
  Quatuor d'automne
  Moins que les anges

Barbara Mary Crampton Pym est une écrivaine britannique née en 1913 et morte en 1980.

Une demoiselle comme il faut - Barbara Pym

Thé, ragots et petits fours
Note :

   Ianthe Broome est bibliothécaire, célibataire et a trente ans passés. Son avenir de vieille fille soutien de la paroisse semble tout tracé. Personne ne la voit autrement, surtout pas dans le quartier de Londres où elle vient d’acheter une petite maison… Personne ? Pas si sûr ! Car soudainement les demandes en mariage se succèdent et la concurrence se fait rude avec la sœur de la femme du pasteur !
   
   J’ai entendu qualifier Barbara Pym de Jane Austen du 20e siècle. Si l’austenephile que je suis ne peut totalement signifier son accord, il faut dire que l’on retrouve dans l’œuvre de cet auteur britannique l’ambiance des romans de Jane Austen. Tasses de thé, pasteurs, réunions de paroisse, course au mariage. Mais les pasteurs sont de doux rêveurs, leurs femmes de douces dingues, les vieilles filles filent vers des cieux meilleurs avec d’affreux étrangers, les fonctionnaires cachent des mœurs étranges. J’en passe et des meilleurs. Un petit brin de folie en plus donc ! On retrouve aussi ces dilemmes entre amour et raison, cette critique voilée des conventions sociales, ce regard moqueur mais tendre sur un petit monde persuadé de son importance.
   
   S’il ne se passe pas grand-chose dans ce roman (le summum de l’aventure est un voyage paroissial à Rome, c’est dire), on est cependant happé par des personnages attachants, vivants dans leurs petites contradictions. Des personnages humains, des gens «bien», charitables, respectant les convenances mais qui cachent leurs bizarreries, leurs petites mesquineries et des opinions sur les choses et les gens qui sont bien loin des recommandations bibliques. Des gens qui vivent dans une Angleterre des années 60 agitée par des changements qu’ils ont du mal à comprendre. C’est peut-être ce que j’ai préféré dans ce roman : ces gens qui vivent encore comme au début du siècle, à côté de la modernisation. Cet entre-deux où cœxistaient encore la vieille Angleterre et la nouvelle.
   
   Et puis Ianthe comme sa rivale Pénélope sont attendrissantes dans leurs atermoiements sentimentaux. Par certains aspects, on dirait des adolescentes d’aujourd’hui, plus prude sans aucun doute, mais traversées par les même élans. Par d’autres, elles sont bien plus proches des femmes du 21e siècle que ce que l’on pourrait penser… Même dilemmes, mêmes souffrances, mêmes peurs. Les choses n’ont pas tant changé…
   
   Et puis, la bibliothécaire en moi, s’est réjouie du portrait sans concession de la profession ! Des bibliothécaires raidis de poussières et de fiches, féroces aboyeurs ! Quant au regard du monde sur la pauvre bibliothécaire… Quel plaisir !
   
   Jugez plutôt : «Cette bibliothèque est à l’usage des lecteurs dignes de confiance. Le bibliothécaire se réserve le droit d’en interdire l’accès.» Autres temps, autres mœurs !
   
   
   Ps : la description des relations entre anglicans et catholiques est d’actualité ! Comment comprendre sinon le battage autour de la conversion au catholicisme de ce vieux Tony !

critique par Chiffonnette




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