Lecture / Ecriture
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Ados: Un petit cheval et une voiture de Anne Perry-Bouquet

Anne Perry-Bouquet
  Ados: Un petit cheval et une voiture

Ados: Un petit cheval et une voiture - Anne Perry-Bouquet

L’époque où les enfants voulaient faire des études…
Note :

   Durant la seconde guerre mondiale, une jeune fille de Lorraine se bat coûte que coûte pour accéder au CC, le cours complémentaire que les élèves suivaient à cette époque après le fameux Certificat d’études. D’une famille d’ouvriers, Anne aime l’étude et la lecture mais ses parents ne comprennent pas tout d’abord cet engouement, d’autant qu’elle est placée facilement à l’ouvroir des bonnes sœurs. Anne use de maints stratagèmes pour accéder à ses fins.
   
   Une fois dans la place, c’est la découverte d’un autre monde, plus bourgeois, plus cultivé, où l’on écoute Beethoven en buvant du thé, mais c’est surtout cet amour que la jeune fille éprouve pour « la Grande », une professeure de mathématiques genre « sévère mais juste». Les poèmes et les lettres qu’elle lui écrit sont sans nul doute à l’origine de sa vocation littéraire. La guerre bien sûr rattrape ses rêves et c’est la conscience de son égoïsme qui la pousse à la rupture avec «la Grande ».
   
   Très sincèrement, j’ai préféré la première partie du récit à la seconde. La description de son milieu où l’expression «un petit cheval et une voiture» renvoie les gens aux réalités… -«Faire des études ? Et pourquoi pas un petit cheval et une voiture... » - montrant combien les petites gens n’imaginaient pas que l’accès à la culture et l’éducation pouvait leur être destiné aussi. Le style est efficace, en ce sens, que le vocabulaire est choisi, on ne trouve aucune lourdeur et quelques mots régionaux viennent l’émailler avec bonheur. Car Mme Perry-Bouquet a enseigné dans ma région, dans ma ville même jusqu’au collège où je travaille. Il ya du Colette chez elle et il est vrai que les amours tout platoniques avec sa professeure de maths, dans la seconde partie, occupent à mon goût une trop grande part du livre. On pense bien sûr à Claudine et à Melle Sergent chez Colette. Malgré tout, l’auteur retombe sur ses pieds quand on s’aperçoit que «la Grande», ainsi que son amie Elsa, sont les tremplins vers sa destinée, les ouvertures possibles d’un nouveau monde. J’ai lu l’ensemble plutôt comme un documentaire sur les études de cette époque.
   
   Roman plutôt destiné aux adolescents, je l’ai trouvé dans ma bibliothèque avec dédicace de l’auteure à ma fille. J’ai lu les premières lignes, puis ai voulu continuer. Ce qui est plutôt bon signe.

critique par Mouton Noir




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