Lecture / Ecriture
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Novecento: pianiste de Alessandro Baricco

Alessandro Baricco
  Soie
  Sans sang
  Novecento: pianiste
  Homère, Iliade
  Cette histoire-là
  Emmaüs
  Mr Gwyn
  City
  Châteaux de la colère
  La Jeune Epouse
  Smith & Wesson

Alessandro Baricco est un écrivain, musicologue et homme de théâtre italien né en 1958 à Turin.

Novecento: pianiste - Alessandro Baricco

Si joli !
Note :

   Ah, c’est autre chose que «Sans sang», le dernier Baricco que j’avais lu et qui m’avait quelque peu… mais n’y pensons plus!
   
   J’ai tout aimé ici, l’écriture si belle d’ Alessandro Baricco, son style, ses images, rendues plus proches encore de servir un texte fait pour être joué en public. Car nous avons en ces pages un monologue qui est un spectacle et qui a été joué, mais. «j’ai plutôt l’impression d’un texte qui serait à mi-chemin entre une vraie mise en scène et une histoire à lire à voix haute.» en dit l’auteur.
   
   Imaginez un comédien, seul sur scène, seul avec un pianiste ou une bande son, car la musique y intervient, et beaucoup. Imaginez vous, vous-même, bien calé dans votre fauteuil, le fixant ou peut-être au contraire, les yeux mi-clos… et il vous emmène, pas seulement sur l’océan qu’il traverse maintes fois de l’Est à l’Ouest et de l’Ouest à l’Est. Non, pas seulement sur cet océan-là, mais aussi sur celui de son monde et de son histoire. Vous larguez les amarres, le paquebot géant quitte le port pour «le milieu de la mer, quand la terre n’est déjà plus que des lumières au loin, ou un souvenir, ou un espoir...» et la scène prend vie.
   
   J’ai tout aimé donc, et par-dessus tout cette histoire merveilleuse, ce conte qui nous fait croire à tout. Quelle idée originale, intéressante et belle !
   Un jour, un marin trouve sur ce transatlantique un bébé de quelques jours. Il décide de lui donner un nom et, comme aucun ne lui semble assez beau, il les accumule et c’est ainsi que débute l’existence de Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento.
   
    Homme d’un très grand nom mais d’aucun papier, ce garçon dont l’existence n’a officiellement été enregistrée ou déclarée nulle part, n’en a pas besoin car l’état civil est nécessaire à terre et Novecento n’a jamais mis le pied à terre. Il a trente ans au moment du récit et il a toujours vécu sur ce bateau où il est né. Il n’a fréquenté que l’équipage et les passagers. Il ne s’est jamais intéressé à rien d’autre qu’à la mer, à la musique et surtout, au piano. Son esprit est ouvert à toutes les musiques, son savoir autodidacte n’établit aucune hiérarchie, seul le plaisir de son oreille commande … et il est le plus grand pianiste au monde.
   
   Ah, lisez ce livre, pour votre régal, mais mieux encore, si l’occasion s’en présente, allez l’écouter.
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critique par Sibylline




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Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento
Note :

   Rien que le nom du gars … Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento? Non? Ca ne vous inspire pas? Prononcez le lentement, savourez-le, sa musicalité … car Novecento est musicien. Pianiste.
   
   D’abord il est un bébé tout juste né abandonné dans une boîte à chaussures sur le piano de la salle de bal du paquebot «Virginian». Il est recueilli par un mécanicien, Boodmann, qui se sent prédestiné, pointé du doigt de Dieu, pour assumer la paternité. C’est lui qui va lui donner ce nom. C’est lui qui va l’élever au fil des allers-retours du paquebot entre Europe et Amérique. Et puis aux huit ans de Novecento, Boodmann meurt. Se pose la question de la présence de Novecento sur le paquebot.
   
   Escale en Angleterre, le capitaine veut le confier aux autorités, on ne le trouvera pas, le paquebot repartira et Novecento réapparaîtra, tout à coup devenu virtuose du piano. Et la suite se déroule comme dans un rêve nimbé de rose, un rêve dont on sait que même s’il doit finir mal on ne sera pas triste.
   
   Novecento ne sera jamais descendu du bateau, ce bateau où il est né. Alessandro imagine un «duel» avec une légende du jazz, celui qui se dit le créateur du jazz: Jerry Roll Morton. Et il nous l’écrit comme si l’on était spectateur ébahi dans la salle de bal du «Virginian».
   
   La fin – ben oui ça finit mal, c’était obligé – et on n’est pas triste pour autant. Ca ne pouvait se finir autrement. Je ne sais pas où Alessandro Baricco est allé pêcher une histoire pareille? Une chose est sûre, il nous la raconte magnifiquement.
   
   Il semblerait que ce très court roman ait été plusieurs fois monté au théâtre? Pas étonnant. On le visualise terriblement à défaut de l’entendre (c’est quand même une histoire de pianiste).
   
   Onirique et proche à la fois, bouleversant à coup sûr.
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critique par Tistou




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Théâtral
Note :

   Il y a quelques années mon chemin a croisé celui des "Châteaux de la Colère" d'Alessandro Baricco et si je me souviens peu de l'intrigue j'avais pris assez de plaisir à la lecture pour avoir envie de me procurer quelques-uns de ses textes. Malheureusement j'avais poursuivi avec "City" qui m'avait vraiment déçue (peut-être attendais-je un univers différent) et notre histoire en était restée là. Hier j'ai enfin relu Baricco, avec "Novecento : pianiste".
   
   Novecento naît sur un paquebot. Il a vraisemblablement été abandonné par une passagère de troisième classe décidée à tenter sa chance au Nouveau Monde et peu encline à s'encombrer d'un nouveau marmot. Novecento est ainsi recueilli par un des membres de l'équipage et grandit à bord du bateau, dont il ne descend jamais. Un jour on découvre qu'il a appris à jouer du piano et il s'avère être un merveilleux musicien.
   
   Texte très court, théâtral, "Novecento : pianiste" me laisse un peu partagée. J'ai été vraiment sous le charme de cette histoire, en soi poétique, qui rappelle l'univers des contes. Beaucoup de scènes sont très belles et imagées lorsqu'on se les représente, comme Novecento jouant du piano et valsant pendant une tempête ou la fin, lorsque le bateau est voué à être détruit. J'ai trouvé le récit très plaisant, la lecture agréable. Le texte est riche, très symbolique ; on ne peut qu'être émus par Novecento qui ne se sent pas prêt à affronter la terre ferme et qui, plutôt que de concrétiser ses rêves, préfère revenir à son bateau et vivre à travers sa musique, au côté de passagers toujours nouveaux, aux vies si différentes de la sienne. En revanche, si j'ai bien apprécié le caractère musical et très théâtral de ce texte, l'écriture ne m'a pas complètement comblée. Cette lecture m'a tout de même vraiment donné envie de relire mes autres romans de Baricco.

critique par Lou




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