Lecture / Ecriture
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Ground XO de Hannelore Cayre

Hannelore Cayre
  Ground XO
  Commis d'office
  Comme au cinéma - Petite fable judiciaire
  La Daronne
  Toiles de maitre

Hannelore Cayre est une romancière, scénariste et réalisatrice française, née le 24 février 1963 à Neuilly-sur-Seine. Elle est également avocate à la cour d'appel de Paris en tant que pénaliste et collabore à la Revue XXI.
(Wikipédia)

Ground XO - Hannelore Cayre

Le cognac, ça rap !
Note :

   Prenez un avocat, Christophe Leibowitz, exerçant depuis bientôt 20 ans, un peu (désab)usé, mais, au fond, aimant follement la faune bigarrée qu'il côtoie et défend. Son humour vachard n'épargne personne, y compris lui même.
   
   Trop souvent imbibé, il doit se soumettre à une mise à l'épreuve et trouve bien évidemment un moyen original de "contourner" la thérapie : l'envoi de missives à son thérapeute, missives déjantées où se donnent à lire autant des fantasmes "fabriqués" pour plaire au psy que ses idées les plus folles.
   
   Le destin, bon prince, vient mettre du piquant dans sa morne existence de défenseur de petits dealers en le faisant hériter... d'une marque de cognac! Aussitôt son imagination s'emballe : il veut unir l'univers traditionnel du cognac charentais et celui bringuebalant des rapeurs-dealers. Usant de ses " relations", il trouve bientôt un rapeur doué qui lui écrit aussitôt un texte prônant cyniquement l'accession à la richesse par le deal et par la même occasion vantant le cognac de Leibowitz rebaptisé Ground XO. Et là, la machine s'emballe...
   
   L'auteure,Hannelore Cayre, elle même avocate, possède un style très visuel et qui fait mouche. Le récit avance tambour battant mais se termine un peu brusquement, seule restriction que j'émettrai concernant ce roman que j'ai dévoré d'une traite, le sourire aux lèvres.
   
   Ce roman étant le troisième d'une série mettant en scène le joyeusement cynique Leibowitz, il ne me reste plus qu'à dévorer les précédents ! (déjà sur ma PAL*: "Toiles de maître")
   De quoi passer un bon moment.
   
   * Pile A Lire
   
   Série Christophe Leibowitz:
   
   Commis d'office, 2004, prix Polar derrière les murs 2005
   Toiles de maître, 2005
   Ground XO, 2007

    ↓

critique par Cathulu




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Qui mange avec le diable...
Note :

   Je me suis bien amusée avec ce polar d'Hannelore Cayre. Un humour déjanté et noir, comme je les aime, qui se termine tout de même sur une note tragique. Mais la vie n'est-elle pas tragique par définition ?
   
   Je pourrais recopier l'avis de Cathulu ci-dessus car je le partage entièrement, sauf que je n'ai pas été déçue par la fin, il est vrai vite expédiée, mais bien dans la logique de l'histoire.
   
   Troisième aventure de notre avocat-narrateur qui est de toute évidence lancé dans une course vers l’abîme. Il boit de plus en plus et son état médical et mental s'en ressent bien évidemment. Il joue de plus en plus des deux côtés des barrières de la loi, se fait de plus en plus d'amis (si on peut appeler cela comme ça) du « mauvais » côté et de plus en plus d'ennemis du « bon ». Il s'amuse le plus qu'il peut, mais sans parvenir à dissimuler, même à lui-même, que sa vie est un naufrage qui va en s'accélérant. D'où, je suppose, la croissance de la prise de risque.
   
   Hériter au milieu de tout cela d'une grande marque de cognac, ne peut rien arranger, même si, en matière de merchandising, il se révèle plutôt performant. Le choix du style gangsta est porteur, tant le commerce est devenu habile à immédiatement s'approprier les diverses rebellions.
   "Le genre qui exalte les vertus de la criminalité et de la richesse facile plait beaucoup... Et puis, toute cette violence, c'est comme le catch, c'est pour de faux, pour provoquer, pour gagner de l'argent."
   
Mais tout de même, il vaut mieux ne pas oublier que quand on mange avec le diable, il faut une longue cuiller...
   
   Un bon moment de lecture, surtout grâce à l'humour. C'est bien écrit, et c'est drôle.
   
   "Son regard était vide de toute expression. A l'instar des autres participants, son cerveau patinait à la recherche d'une quelconque référence qui lui aurait permis d’émettre une opinion sur ce qu’il venait de voir; en vain."
   
   "Mais où les éducateurs puisaient-ils cet optimisme fanatique qui leur permettait d'extrapoler à partir d'un mec comme Termite un embryon de projet de réinsertion? m'étais- je demandé sur le moment."
   

   et last but not least, ballet moderne, vu par H. Cayre, (je vous la fais courte):
   "Des créatures que l'on comprenait être romaines en raison de leurs sandales à lanières et féminines grâce à leur touffe noire détonant sur leur corps nu, se redressaient progressivement pour grouiller debout. (...) Un flot de danseurs en costume noir déferla sur la scène, piétinant au passage les Romaines enduites de cendre. S'ensuivit une heure et demie de bagarres, de masturbation, de projection d'urine des uns sur les autres, le tout dans un sample assourdissant de ce que j'identifiais vaguement comme étant des hymnes nationaux mélangés à des bruits d'autoroute."

   On regrette d'avoir raté ça.

critique par Sibylline




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