Lecture / Ecriture
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Dans les bois éternels de Fred Vargas

Fred Vargas
  Petit traité de toutes vérités
  Sous les vents de Neptune
  L'homme aux cercles bleus
  Debout les morts
  Un peu plus loin sur la droite
  Coule la Seine
  Pars vite et reviens tard
  Sans feu ni lieu
  Dans les bois éternels
  Un lieu incertain
  V comme: comme: Les quatre fleuves
  L'homme à l'envers
  Salut et liberté
  L'armée furieuse
  La vérité sur Cesare Battisti
  Ceux qui vont mourir te saluent
  Temps glaciaires
  Quand sort la recluse

Fred Vargas est le nom de plume de Frédérique Audoin-Rouzeau, romancière française de romans policiers et archéozoologue, née à Paris en 1957.

Dans les bois éternels - Fred Vargas

Le polar intemporel de Fred Vargas
Note :

   Le commissaire Adamsberg est confronté à une succession de meurtres, de profanations de sépulture et de massacres de cervidés. Reste à trouver le lien qui unit ces trois séries d'événements macabres.
   
   Fred Vargas continue avec un succès éditorial grandissant son parcours dans le domaine du polar, un parcours qui va à rebours des lois du genre. Là où l'on voit habituellement le roman policier comme un miroir des moeurs d'une époque, une sorte de révélateur social souvent pertinent et efficace, elle se détourne sciemment de la réalité contemporaine pour lancer son commissaire fétiche dans des histoires intemporelles qui remettent à l'honneur des peurs ancestrales, des coutumes oubliées, des fantasmes de toute éternité (ici, une recette pour conquérir l'immortalité).
   
    La géographie de Fred Vargas est aussi mythique que ses histoires. «Sous les vents de Neptune», son roman précédent, avait pour cadre un Québec de carte postale plein de clichés et d'idiotismes, la Normandie qui abrite ici une partie de l'intrigue est tout aussi déréalisée, le Paris que traverse Adamsberg n'existe que par rapport au personnage. Le même traitement affecte les personnages qui constituent une brigade policière pleine de doux rêveurs et d'improbables frelampiers rappelant le monde attachant du Pennac des débuts.
   
   Ces choix séduisent et donnent à ses romans une touche originale qui explique une partie de son succès. L'autre partie est due à la qualité des intrigues, au mélange d'intuition bohème et de rigueur avec lequel les enquêtes sont menées. On ne sait si ça durera aussi longtemps que les contributions (il y a tout de même des moments d'essoufflement, des baisses d'intérêt au milieu du livre) mais pour l'instant, ça marche.
   
   
   La série des Adamsberg dans l'ordre :
   
   L'homme aux cercles bleus, 1990
   L'homme à l'envers, 1999
   Les quatre fleuves, 2000
   Pars vite et reviens tard, 2001
   Coule la Seine, 2002
   Sous les vents de Neptune, 2004
   Dans les bois éternels, 2006
   Un lieu incertain, 2008
   L'armée furieuse, 2011
    ↓

critique par P.Didion




* * *



Où il est beaucoup question de bouquetins
Note :

   Adamsberg. Le commissaire Adamsberg. Qui sort d’une éprouvante aventure canadienne (Sous les vents de Neptune), sauvé par son inspectrice hors-normes Retancourt et qui se trouve confronté à des problèmes d’ombre - ombre humaine s’entend – de meurtres de femmes et de massacres de cerfs.
   Accessoirement il raconte des histoires de bouquetins à son fils de quelques mois pour lui expliquer la vie – la vie selon Adamsberg – en continuant de regretter amèrement de n’avoir pu reconquérir la mère: Camille.
   
   «Tu te souviens où nous en étions? Tu te rappelles ce bouquetin gentil, qui aimait beaucoup les oiseaux, mais qui ne voulait pas que l’autre bouquetin roux vienne l’agacer sur son bout de montagne? Eh bien il est venu quand même. Il s’est approché, et ses grandes cornes balayaient l’espace. Et il a dit : "Toi, tu m’as emmerdé quand j’étais môme et tu vas le regretter, mon gars. – Ce sont des blagues, a répondu le bouquetin brun, ce sont des histoires pour les gosses. Rentre donc chez toi et laisse-moi en paix." Mais le bouquetin roux ne voulait rien savoir. Car il était venu de très loin pour se venger du bouquetin brun.»
   
   Danglard est toujours là, de même les autres membres de la Brigade et ils ne seront pas trop de 27 pour élucider les meurtres et sauver Retancourt. Même un chat, apathique, y met du sien et laisse parler son instinct félin! Et puis il y a Veyrenc qui débarque. Il débarque de son Béarn natal et du passé d’Adamsberg. Il est lourd, le passé! Et rapplique aussi un médecin légiste qui a troublé et trouble à nouveau Adamsberg. Du beau monde. Et de la complication! Le tout sur fond de Haute Normandie où se taire n’est pas vain et où la tuerie de cerfs n’est pas bien portée. (Tiens je réalise en écrivant tout ceci que ça vous a un petit côté Le Poulpe…)
   
   Ca parait compliqué, dit comme ça, mais ça possède sa cohérence interne même s’il y a quelques facilités pour faire avancer l’intrigue. Je dirais que Fred Vargas triche un peu parfois… C’est un peu moins déjanté que sa production antérieure. Adamsberg, avec la perte de Camille et l’arrivée de Thomas, est devenu plus grave. Plus adulte?
   ↓

critique par Tistou




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Toujours improbable... et incontournable
Note :

   Et voilà, le soleil aidant, le dernier polar de Vargas est devenu partie intégrante de ma personne, enfin si l'on peut dire. Après la récente lecture de "Sous le vent de Neptune" me voici reparti avec notre cher "pelleteux de nuages", le Commissaire Adamsberg, Danglard son fidèle écuyer toujours là quoique moins présent ici, Retancourt qui a acquis son droit de cité maintenant qu'elle a sauvé le commissaire et puis Camille qui est toujours là, dans l'ombre insaisissable mais bien là et pour une bonne raison, on le sait depuis le dernier opus... Alors qu'est-ce qui se passe? Eh bien la fragilité d'Adamsberg est là, toujours pendante, il a de plus en plus besoin de ses acolytes pour avancer dans les méandres sinueux de ses enquêtes qui se complexifient...
   
   Tiré d'une interview de Fred Vargas: "Comment évolue votre ami Adamsberg? Il commençait à m’énerver, c’est pourquoi je l’ai mis en danger dans "Sous les vents de Neptune", pour lui montrer qu’il avait besoin des autres. Dans "Dans les bois éternels", il est encore fragilisé, on sent qu’il fait plus gaffe aux autres, non?" Heureusement il a toujours son naturel et son flegme intemporel, cet instinct hérité de la Montagne, des Pyrénées dont il retrouvera un de ces vieux "rivaux" en quelque sorte, Veyrenc de Bilhc, un petit rouquin de l'autre Vallée, celle d'Ossau... Que vient-il faire faire ici, sur son territoire surtout qu'il semble avoir hérité de famille d'une étrange manie... il fait des vers, des alexandrins pour être plus précis... "Est-ce une faute, est-ce un crime, que d'avoir vu le jour/Non loin de vos vallées? Est-ce donc un outrage/D'avoir posé mes yeux sur les mêmes nuages?/D'avoir couru enfant au long de vos montagnes/Que les Dieux comme à vous m'ont données pour compagnes?" Alors que Sainte clarisse reste invisible dans son grenier, que des cerfs meurent dans l'horreur de la campagne Normande (Haute ou basse Normandie...) et qu'un mystérieuse infirmière tue sans vergogne, à la recherche de l'éternité, de l'élixir d'éternité... Une ombre plane mais où se cache t-elle, tout est là... "Peu de jours après que je suis revenu. Elle guettait peut être avant, rôdant dans nos parages". On retrouve aussi avec grand bonheur Mathias, le grand "préhistorien" de l'excellent "Debout les morts" qu'envoie à la rescousse Vandoosler...
   
   C'est quand même son 10ème roman et elle reste toujours improbable, incontournable en quelque sorte...
   
   A lire évidemment, tranquillement au soleil de préférence, petit cocktail de fruits à portée de mains (il vous en faudra quelques litres en fait...) et puis voilà savourez bien... Hasards ou coïncidences... rien n'est dû au hasard... volonté oblige...

critique par Herwann




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