Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Passeport à l’iranienne de Nahâl Tajadod

Nahâl Tajadod
  Passeport à l’iranienne

Nahal Tajadod est une femme de lettres iranienne d'expression française, née à Téhéran en 1960, dans une famille aisée et lettrée. Elle est une spécialiste du bouddhisme, du christianisme en Iran, et du poète perse Rûmî. De culture française, docteur en chinois, elle pratique les trois systèmes d'écriture lui permettant de travailler notamment aux rapports historiques entre la Perse et la Chine.
(Wikipedia)

Passeport à l’iranienne - Nahâl Tajadod

« Befarmâyin, noush-e djân » *
Note :

   Nahâl Tajadod doit rentrer en France, où elle vit depuis de nombreuses années, alors qu’elle est allée passer un mois en Iran, le pays où elle est née. Mais le renouvellement du passeport iranien n’est pas une mince affaire.
   
   Tout commence par la photo. Nous rencontrons deux photographes (c’est toute une histoire de faire une photo «acceptable» pour le gouvernement iranien!), qui vont nous orienter vers un médecin légiste qui a des relations, s’occuper des chaises et entamer une rivalité avec le technicien du cable, pour une histoire de café, entre autres péripéties.
   
   Tout au long de ce roman, l’auteure nous décrit avec beaucoup d’humour, de recul mais aussi une vraie tendresse, le quotidien des iraniens, à Téhéran de nos jours. C’est à s’arracher les cheveux et on se surprend à l’incrédulité, et pourtant, au final, ça fonctionne, là étant le plus incroyable. (Et aussi qu’elle parvienne à ne pas écouter la petite voix qui raisonne à l’occidentale chez elle)
   
   Il y a de très bons moments, par exemple :
   « Lorsque nous arrivons devant mon immeuble, le târof commence avec le chauffeur.
   - Combien je vous dois ?
   - Soyez, pour cette fois, notre invitée.
   J’ouvre mon portefeuille, j’en retire quelques billets.
   - Je vous remercie infiniment. Ca fait combien? dis-je.
   Il prend un cahier, met ses lunettes et examine une série de tableaux pleins de chiffres.
   - Dix mille tomans, conclut-il»

   
   Mais l’accumulation de ces petits morceaux de vie manque de liant, produisant au bout d’un certain temps une lassitude, qui fait qu’on a besoin de passer à autre chose, avant de revenir prendre un petit bout de Kafka à l’iranienne. Après tout, qui a dit qu’on devait obligatoirement lire les romans d’une traite? A la façon de chroniques, le style pêche moins, et on apprend beaucoup…
   
   
   * "Servez-vous, que votre âme le déguste en douceur"
   ↓

critique par Cuné




* * *



Téhéran maintenant
Note :

    "Je suis née ici, je connais Téhéran, j'y ai de la famille et des amis. Bientôt, je devrai repartir pour Paris, où je vis. Mon billet de retour, sur Iran-Air, est prêt. Juste un petit souci, presque rien : je dois renouveler mon passeport iranien.
    J'ai l'habitude. D'ordinaire cela prend trois jours. J'ai dix jours devant moi : c'est plus qu'il n'en faut."

   
   
    Oui, mais! Nahal découvre qu'il faut maintenant un mois! Quand même, il doit bien y avoir moyen de se débrouiller, non?
   
    C'est le début d'une longue quête à travers tout Téhéran, de rencontres pittoresques. Chacun veut l'aider, connaît un frère, un cousin qui connaît untel bien placé. A travers ce roman très autobiographique Nahal Tajadod brosse le portrait de l'Iran actuel, pétri de traditions et de modernismes, qui tâche de contourner la loi islamique et se soumet à la coutume du târof.
   
    "Je lui raconte ma journée passée en compagnie d'un médecin légiste-professeur de dissection à l'Université de la Police, avec aussi un promoteur immobilier en quête d'un œil, une maquerelle expéditrice de filles à Dubaï, une vieille tchâdori qui soudoie les autorités avec des poules vivantes et un chauffeur kôlah makhmali, au doigt tranché, avec lequel j'ai partagé le meilleur des œufs aux plats."

   
   Une lecture très divertissante et instructive. L'auteur n'est pas franchement une Iranienne (ni même une Française) moyenne mais son histoire sonne vrai!

critique par Keisha




* * *