Lecture / Ecriture
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Le fauteuil hanté de Gaston Leroux

Gaston Leroux
  Le mystère de la chambre jaune
  Le fauteuil hanté
  Le parfum de la dame en noir
  La poupée sanglante
  La machine à assassiner
  L comme: Le fantôme de l'opéra - T1

Gaston Leroux est un romancier français, né en 1868 et décédé en 1927.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le fauteuil hanté - Gaston Leroux

Du polar à l’ancienne
Note :

   Le fauteuil en question, c’est un fauteuil vacant à l’Académie Française du fait de la mort de son titulaire. Et M. Hippolyte Patard (charme du polar à l’ancienne : de jolis prénoms désuets), secrétaire perpétuel, est aux cents coups. Il y a déja eu deux élections pour renouveler le titulaire et lors de chacun des deux discours d’investitures, la mort a frappé le récipiendaire. De là à considérer qu’une malédiction a été jetée sur ce fauteuil, qu’il est hanté … ?
   
   On se retrouve donc dans un Paris fin XIXème, finement évoqué par Gaston Leroux, qui se paie, semble-t-il, gentiment la tête de l’Académie Française. Il y a de la psychologie, du gentil délire dans l’intrigue, un savant fou, un académicien sans scrupules et … Gaspard Lalouette (les jolis prénoms, hein ?), antiquaire-brocanteur de son état qui a commis deux livres techniques sur l’Art, et qui vient relever le défi de se présenter au fauteuil (que ne ferait-on pas pour un fauteuil à l’Académie !).
   
   L’intrigue est donc emballée ; mourra-mourra pas ? Interviendront de très curieuses figures, de beaux moments poétiques, et puis une fin un peu précipitée et qui nous laisse sur notre faim. Un peu. Comme s’il avait fallu une fin mais que le coeur n’y était qu’à moitié.
   
   De bons moments néanmoins qui nous confirment que le monde change, vite, de plus en plus vite. Où sont les Hippolyte Patard et les Gaspard Lalouette … ?
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critique par Tistou




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"Mais je te dis que ce n’est pas Fantômas!"
Note :

   J’aime les romans de cette époque dans ce qu’ils ont de plus populaire. Je suis sensible au charme naïf des aventures de Jules Verne, à celui de Sherlock, d’Arsène Lupin, et de Gaston Leroux. Sur cette étagère, "le parfum de la dame en noir" me tend encore ses pages un peu flétries… je ne pense plus pouvoir résister longtemps. Je l’ai déjà lu, oublié, je sens que je lui reviens, qu’il était complexe ce Rouletabille… Je vous tiendrai au courant. Mais revenons-en à notre fauteuil hanté qui est une toute autre histoire et d’abord par le ton qui se veut ici résolument humoristique, bien que dissimulé sous une intrigue tout de même bien prenante. Jugez-en:
   
   Un Mage ayant été débouté de ses prétentions à l’obtention du dernier fauteuil vacant de l’Académie française, a maudit ceux qui prétendraient occuper ce siège à sa place, les condamnant à une mort certaine. On a bien ri et l’on s’est moqué! Mais effectivement, et bien malencontreusement, voilà que les successifs nouveaux nommés succombent de façon inexplicable lors de leur entrée en fonction… On a beau ne pas croire à ces sornettes de mauvais sorts etc. on ne peut se le dissimuler, le flot des postulants ne tarde guère à se tarir, même pour un poste si prestigieux. Le Secrétaire Perpétuel est catastrophé (bien que lui-même ne puisse se décider à s’asseoir, même pour un instant, sur le fauteuil maudit). Bref, l’Académie est aux cent coups! Il faut absolument que ce fauteuil soit occupé et il serait également bon, en passant, d’éclaircir un peu le mystère opaque de ces étonnants décès. Et là, les rebondissements les plus gothiques ne vont pas manquer. Le lecteur n’aura pas à se contenter du mage, il aura également droit au joueur d’orgue de barbarie, au savant fou, à la villa isolée dans la nuit, aux messieurs en gibus, aux superstitions ancestrales des bonnes rurales, aux cas de consciences et à quelques rebondissements inattendus et lourds de conséquences…
   
   En clair, il ne sera pas volé et pour ma part, je me suis bien régalée avec cette vision de l’Académie sensiblement plus intéressante que celle que nous présentent nos journaux actuels et je ne l’ai pas quittée –comme les protagonistes- sans une certaine perplexité et sans que nous restions, eux et moi, un peu dubitatifs, non par maladresse de l’auteur, mais par grand art au contraire.

critique par Sibylline




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