Lecture / Ecriture
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Impuretés de Philippe Djian

Philippe Djian
  Maudit Manège
  Ça c'est un baiser
  Vers chez les blancs
  Doggy Bag- Saison 1
  Doggy Bag- Saison 2
  Doggy Bag- Saison 3
  Doggy Bag- Saison 4
  Sainte-Bob
  Frictions
  Impuretés
  Doggy bag- saison 5
  Bleu comme l’enfer
  Impardonnables
  Incidences
  Lorsque Lou
  Marlène

Philippe Djian est un écrivain français né en 1949.

Impuretés - Philippe Djian

Vase clos
Note :

   Je ne puis m’empêcher ces derniers temps, en lisant les plus récents ouvrages de Philippe Djian, de me demander quelle serait l’opinion d’un archéologue qui exhumerait ses ouvrages, qui n’aurait que ceux-ci pour analyser notre époque …
   
   Il imaginerait un monde où la vie est relativement facile matériellement, un monde dont les habitants sont désabusés et blasés, essentiellement préoccupés de sexe et de drogue, et où d’autres sentiments humains que ceux du lucre et de l’attirance par la sexualité seraient inexistants. Oui … je crois qu’il l’imaginerait ainsi notre monde?
   Bon, cher Philippe Djian, on n’en est pas encore tout à fait là quand même! Même si ceci peut exister, on ne peut tout réduire à cela!
   
   Ca me gêne d’écrire ce qui précède vu que je me sens plutôt un fan dudit Djian. J’aime sa façon d’écrire, globalement sa façon d’appréhender les faits et les gens. Mais quand même, il nous fait dans le «réducteur» ces temps-ci.
   « "Merde, maintenant il faut y aller, reprit Andreas. Mec, pense que c’est la fin de tous nos soucis. Penses-y de toutes tes forces. Putain, notre sort est entre tes mains, okay?"
   Et en effet, j’en témoigne, il remonta de la planque de Dany Clarence une bonne livre de poudre parfaitement emballée, des plaques d’afghan estampillées, plusieurs centaines d’ecstas, et assez de médocs pour tenir une année entière et le soir même ils montaient dans l’arbre, s’installaient sur la plate-forme et s’en administraient une bonne tandis que Richard se demandait s’il n’allait pas de nouveau quitter sa femme et Laure de son côté si elle n’allait pas atterrir sur les genoux d’Axel Mender de MediaMax maintenant que le compte à rebours était commencé.»

   
   Encore une fois, et c’est une des choses qui me bluffent chez Djian, c’est cette façon de ne pas situer géographiquement l’action. Personnellement j’ai pensé irrésistiblement, et souvent pour d’autres oeuvres de Djian, à l’Amérique du Nord. But …?
   
   Nous sommes dans une société des plus réduites, plutôt vivant en vase clos, où l’argent n’est pas un problème, mais les relations interpersonnelles plutôt! Et puis il y a de vrais problèmes, comme dans la vraie vie pour le moins. Il y a eu un drame dans la famille Trendel. Le fils, Evy, était sur une barque avec Lisa, sa soeur, quand celle-ci s’est noyée, de nuit. Et les parents sont détruits, leur relation est détruite, Evy porte comme une croix d’être celui qui était avec …, d’ailleurs il ne s’exprime pas, n’explique pas. Et la déflagration d’un tel évènement se propage aux connaissances de la famille; amis, amants, maîtresses, …
   
   Philippe Djian manie tout ceci avec habileté, mais ça a un aspect un peu vain pourtant. Dans l’atmosphère, ça m’a fait penser à celle de Twin Peaks, de David Lynch. Du fait de la non-élucidation de la mort peut-être? Du doute qui plane suite au drame?
   
   Bon ben c’est du Djian quoi!
    ↓

critique par Tistou




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Un bon polar pour l'été
Note :

   Si le nom de Philippe Djian n’évoque encore pour vous qu’un intellectuel notoire et transgressif, «37°2 le matin» résonnant encore dans nos inconscients, plongez au cœur de cet assoiffant ouvrage qu’est «Impuretés», désormais en poche.
   
   Ce roman transpire de l’histoire moite et disons-le, glauque, qui entoure la mort dans des circonstances plus que mystérieuses de Lisa, près d’un lac, et du seul témoin de la scène, son frère cadet Evy, adolescent de quatorze ans, désabusé et décadent dans la jeunesse friquée d’une colline américaine. Le décor est planté: à l’heure où les malheurs de la jeunesse dorée sont au cœur de la scène médiatique, Djian nous introduit dans un monde quasi-irréel, où les pères sont des anciens artistes toxicomanes désormais obsédés par la chair fraîche et les restes d’une reconnaissance sociale, où les mères post-soixante-huitardes sont devenues des carriéristes prêtes à tout quel que soit le prix à payer, où les ados gobent du GHB-Lexomil à la place de leur bol de Banania.
   
   Autour d’Evy et de sa proximité troublante avec la mort de sa sœur, c’est surtout la brillante peinture que fait Djian des protagonistes, cette atmosphère étouffante, qui ne lâche plus le lecteur. Jusqu’à plus soif.

critique par Herwann




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