Lecture / Ecriture
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Bug-Jargal de Victor Hugo

Victor Hugo
  Le dernier jour d’un condamné
  Bug-Jargal
  Notre-Dame de Paris
  Les Travailleurs de la Mer
  L'Homme qui rit
  Claude Gueux
  Han d'Islande
  Ruy Blas
  Quatrevingt-treize
  Le théâtre en liberté

Victor Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris, est un poète, dramaturge et prosateur romantique considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a compté dans l’Histoire du XIXe siècle.
(Wikipédia)

Sa biographie en bande dessinée ici.
Judith Perrignon a fait de sa mort le sujet de son roman "Hugo vient de mourir".

Bug-Jargal - Victor Hugo

Esclaves révoltés
Note :

   (également édité en "Folio" avec "Le dernier jour d'un condamné" )
   
    Roman de jeunesse, remanié par Hugo pour ses 24 ans, «Bug-Jargal» est une œuvre romantique fondée sur l'honneur et le courage prêts à sacrifier le bonheur individuel. Ainsi, alors qu'il doit épouser la belle Marie, le jeune Léopold d'Auverney se trouve plongé dans une aventure à hauts risques : son code d'honneur lui fait perdre la belle une fois, deux fois, trois fois ! Mais l'intérêt que je trouve à ce roman hugolien est ailleurs.
   
    L'action, dramatique, se déroule au moment et à la suite de l'insurrection des esclaves de Saint-Domingue, qui débute le 22 août 1791 au Bois Caïman. L'auteur décrit assez bien le système colonial, la traite et la condition des esclaves. Les plantations domingoises sont spécialisées dans la canne à sucre, mais aussi l'indigo, le coton, la cochenille, etc. Le narrateur, Léopold, a été envoyé de France chez un oncle planteur dans le nord de l'île, dans les plaines de l'Acul.
   
   La plantation comprend huit cents esclaves. Parmi ceux-ci, celui que l'on appelle Pierrot n'est pas "né dans les cases" ; c'est en fait le fils d'un roi kakongo et c'est lui Bug-Jargal qui est l'un des principaux organisateurs du soulèvement. Le 22 août 1791, alors que devait être célébré le mariage de Marie et de Léopold, les incendies des plantations et les massacres des planteurs ont commencé. Entre Léopold et Bug-Jargal des relations compliquées s'établissent, chacun sauvant la vie de l'autre par amour de Marie, mais seul Léopold survivra au drame avant de trouver la mort dans une future bataille des guerres napoléoniennes.
   
    Lorsque Victor Hugo a publié la version définitive du texte en 1826, la France venait tout juste de reconnaître l'indépendance de Haïti (proclamée en 1804), néanmoins quelques armateurs pratiquaient encore la traite illégale. À cette date le style de Victor Hugo n'était pas encore plombé par les flonflons de ses lourds discours visionnaires et l'on peut donc trouver quelque plaisir à cette lecture romantique — que je place tout en haut des œuvres littéraires qui témoignent de la tragédie de l'esclavage des Noirs.
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critique par Mapero




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Un premier roman
Note :

   "Bug-Jurgal" est le premier roman de Victor Hugo écrit en 1818 à la suite d’un pari avec ses camarades de classe. Il avait alors seize ans! Remanié en 1826, ce livre de jeunesse témoigne d’un génie précoce et contient déjà en germe les thèmes du grand Victor Hugo même si l’on sent qu’il n’est pas encore- et pour cause- parvenu à maturité.
   
   "Burg-Jargal" raconte la révolte des esclaves de Saint-Domingue en 1791. Le narrateur est le capitaine Léopold d’Auverney. Pendant les guerres révolutionnaires, il fait le récit à ses amis officiers de ces évènements auquel il a été étroitement lié. Cette narration devait appartenir à un recueil intitulé "Contes sous la tente", chaque officier devant à son tour raconter une histoire pour meubler les longues nuits de bivouac. Projet abandonné par l’auteur.
   
   Le récit :
   Léopold est le neveu d’un riche colon de Saint Domingue, maître dur et implacable qui possède de nombreux esclaves. Léopold n’approuve pas l’esclavage mais il ne se préoccupe pas trop du sort des malheureux, préférant ne pas voir ce qui se passe, car il nage dans le bonheur . Il va bientôt épouser sa cousine, Marie, la fille de son oncle. Un jour, Pierrot, un esclave de la plantation, amoureux de Marie, sauve la vie de la jeune fille attaquée par un crocodile. Mais peu de temps après, il est emprisonné et condamné à mort pour avoir tenu tête à son maître. Léopold rend visite à Pierrot dans sa prison et devant la noblesse des sentiments du jeune noir et son courage, il devient son ami, son "frère". Il s’aperçoit bien vite que Pierrot, fils du roi du Congo, jouit d’un grand prestige auprès de ses semblables. Le jour du mariage de Marie et Léopold, la révolte des esclaves éclate. Pierrot en sera l’un des chefs incontestés sous le nom de Bug-Jargal. Mais d’autres hommes ambitieux se disputent le pouvoir, en particulier le cruel et sanguinaire Jean Biassou. L’amitié entre Burg-Jurgal et Léopold d’Auverney pourra-t-elle survivre alors que le noir a enlevé Marie dont on ne retrouve plus les traces? Léopold tombé aux mains de Biassou échappera-t-il à la vengeance du nain, Habibrah, complice de Biassou et chapelain des révoltés?
   
   Le récit est bien mené et se lit avec plaisir même s’il n’est pas terminé. Si nous savons dès le début que Bug-Jargal et Marie sont morts, nous n’apprenons ce qu’il advient du capitaine d’Auverney, de sa fidèle ordonnance, le sergent Thadée, et de Rask, le chien fidèle de Bug-Jargal, que par des notes ajoutées en 1826 à la fin de l’ouvrage.
   
    Préjugés racistes et anti-révolutionnaires :
   Victor Hugo n’est pas encore le républicain que nous connaissons, il est anti-révolutionnaire. Il se déclare contre l’esclavage mais, à l’exclusion de Bug-jargal qui fait preuve d’humanité envers ses victimes, il dépeint les révoltés comme des sauvages fanatiques et superstitieux, des rebelles sanguinaires. Et il se laisse aller à des préjugés raciaux anti-noir à maintes reprises. Son héros n’aime pas voir les esclaves souffrir mais n’intervient à aucun moment pour améliorer leur sort. Pourtant, dans un souci de justice, Hugo a à cœur de présenter les deux points de vue, celui de l’esclave et celui du maître, dénonçant ainsi l’iniquité de l’esclavage. A d’Auverney, naïf, qui pense que le nain Habibrah doit avoir de la reconnaissance envers son maître qui le traitait bien, celui-ci répond qu’il n’éprouve que la haine envers quelqu’un qui l’humiliait chaque jour en se moquant de sa disgrâce physique.
   
   Le nain Habibrah :
   On reconnaît dans ce premier roman des personnages qui peuvent servir d’ébauche et seront développés dans d’autres grands romans. Le nain Habibrah, difforme, hideux, peut évoquer le Quasimodo de Notre-Dame de Paris, Le Gwinplaine de L’Homme qui rit, ou le Triboulet de Le Roi s’amuse, la figure du révolté Bug-Jargal fait partie de la longue liste des héros hugoliens en lutte contre l’injustice, Hernani, Ruy Blas, ou le révolutionnaire Gauvain de Quatre-vingt-treize… Léopold, prisonnier de Biassou attend son exécution dans sa prison comme dans "Le dernier jour d’un condamné".
   
   Certaines scènes préfigurent aussi celles des grands romans : Le combat de d’Auverney contre le nain qui cherche à l’entraîner dans le gouffre est celui de Gilliatt contre la pieuvre dans "Les travailleurs de la mer".
   
   Dans ce premier roman VH fait preuve dès 1818 d’un talent certain qui va aller en se confirmant d’année en année jusqu'à son apogée en 1830 lors de la bataille d’Hernani, faisant de lui le chef de file du mouvement romantique.

critique par Claudialucia




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