Lecture / Ecriture
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Le loup dans la bergerie de Gunnar Staalesen

Gunnar Staalesen
  Anges déchus
  Le loup dans la bergerie
  La Belle dormit cent ans
  La nuit tous les loups sont gris
  Le roman de Bergen - 3 - Le crepuscule
  Le roman de Bergen - 1 - L'aube
  Le roman de Bergen - 2 - Le zénith
  Fleurs amères
  Comme dans un miroir

Gunnar Staalesen est né à Bergen, en Norvège, en 1947. Il fait des études de philologie et débute en littérature à 22 ans. Il se lance peu à peu dans le roman policier et crée en 1975 le personnage de Varg Veum, qu'il suivra dans une douzaine de romans.
(Source éditeur)


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le loup dans la bergerie - Gunnar Staalesen

Varg Veum, le loup.
Note :

   Varg Veum. C’est le nom du détective privé, à la Burma, héros récurrent de Staalesen. «Le loup dans la bergerie» est un clin d’oeil, à priori de l’éditeur français, à la signification de «Veum» : le loup. Clin d’oeil français donc puisque le titre original est : «Bukken til havresekken». Il est vrai que ma connaissance du norvégien est des plus limitées, néanmoins je n’y trouve pas trop de Veum là-dedans !
   
   Bergen, une grosse ville norvégienne, sur la côte ouest (forcément !) de la Norvège, où la montagne tombe directement dans la mer. Où les hivers ne sont pas un vain mot, et les quelques moments d’été avec du soleil longue durée.
   
   A lire «Le loup dans la bergerie» ce ne sont pas les mois d’été qui vous viennent à l’esprit mais bien l’hiver, la semi-obscurité, le froid, le brouillard. Ca suinte des lignes. C’est très bien écrit et on s’y sent bien, on le vit. Gunnar Staalesen est décidément un auteur intéressant.
   «Mon bureau se situait au troisième étage d’une maison du Strandkai et seul le panorama m’empêchait de mourir d’ennui. Depuis la fenêtre, je voyais la vie grouillante du Marché aux poissons. De mon fauteuil j ‘avais le spectacle de tout le Floi. Le flanc de la montagne était comme un miroir tendu aux années. La neige le recouvrait quinze jours par an. Les arbres dépouillés y courbaient l’échine et s’arc-boutaient contre le printemps …»
   
   Le bureau en question, à Bergen, c’est celui où vivote Varg Veum, tentant de survivre dans une misérable activité de détective privé après que quelques menus ennuis lui soient arrivés. C'’est un jour béni. Arrive un potentiel client. Un avocat connu lui propose de suivre sa femme pour identifier l’amant, suspectant une affaire d’adultère. Varg Veum a faim mais il a des principes. L’un de ceux-ci étant de refuser ce genre d’affaires. Il refuse. Et bizaremment, le lendemain arrive un autre homme qui vient lui proposer de rechercher sa soeur perdue. Il a des photos de la soeur.
   
   Vous savez quoi ? La soeur, c’est la femme de l’avocat ! Bref, la curiosité est piquée. Il ne s’agit plus d’une affaire d’adultère, Varg Veum est embarqué. Et nous avec. La suite … c’est l’histoire et vous n’imaginez pas que je vais vous la raconter !
   
   Lisez là. Ca permet de toucher un peu la réalité de la Norvège et de passer des moments agréables.
   
   
   
   Varg Veum
   
    1. Le Loup dans la bergerie (Bukken til havresekken) (1977)

    2. Pour le meilleur et pour le pire (Din, til døden) (1979)
    3. La Belle dormit cent ans (Tornerose sov i hundre år) (1980)
    4. La Femme dans le frigo (Kvinnen i kjøleskapet) (1981)
    5. La nuit, tous les loups sont gris (I mørket er alle ulver grå) (1983)
    6. Brebis galeuses (Svarte får) (1988)
    7. Anges déchus (Falne engler) (1989)
    8. Fleurs amères (Bitre blomster) (1991)
    9. Les chiens enterrés ne mordent pas (Begravde hunder biter ikke) (1992, rééd. 2009)
    ↓

critique par Tistou




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Une bonne dose d’autodérision
Note :

   Varg Veum est détective privé dans la ville de Bergen en Norvège. Les affaires ne marchent pas très fort. Jusqu’au jour où un avocat réputé le sollicite, convaincu que sa femme le trompe. Il demande à Veum de la suivre et de prouver l’adultère. Bien qu’ayant cumulé des dettes, Varg Veum refuse la proposition de l’avocat au nom de son éthique professionnelle. Peu de temps après, il change d’avis: en effet, un autre homme lui demande de retrouver sa sœur disparue et notre détective reconnaît sur la photographie qu’il lui présente l’épouse de l’avocat. Sa curiosité est piquée au vif… Jusqu’où le conduira l’enquête?
   
   J’aime lire les polars nordiques. J’avais découvert un polar norvégien avec «L’œil d’Eve» de Karin Fossum que j’avais beaucoup aimé. Voici le premier polar de Staalesen que je lis. J’ai commencé par la première enquête de Varg Veum.
   
   Le personnage du détective privé est attachant. Un mot tout d’abord sur son nom: une note de bas de page du traducteur précise que « « Varg Veum » est une formule ancienne désignant un proscrit et qui signifie «le loup dans le sanctuaire» » (p. 12). Ce personnage a un nom prédestiné: il a été contraint de quitter son ancienne profession à la protection de l’enfance car il a eu la main trop lourde sur un homme qui prostituait une enfant à la dérive. Il s’est donc réfugié dans cette nouvelle profession et il va montrer dans ce polar sa capacité à devenir, une nouvelle fois, «le loup dans la bergerie». Varg Veum est un personnage torturé, qui aime l’aquavit, qui ne supporte pas son divorce. S’il apparaît déprimé, le polar en tant que tel n’est pas déprimant: le narrateur est capable en effet d’une bonne dose d’autodérision. L’humour noir est omniprésent dans les descriptions et les réflexions du détective. Cela donne un charme certain à l’ouvrage. Dans sa profession de détective privé, Varg Veum est un proscrit. On le remarque à travers le peu de considération que lui concèdent les policiers.
   
   L’auteur sait ménager le suspens jusqu’au bout, faisant apparaître des rebondissements en toute fin. L’enquête de Varg Veum nous emmène sur les pistes de l’argent, la prostitution, la drogue, l’adultère, les manipulations en tout genre.
   
   J’ai beaucoup apprécié l’humour noir, l’autodérision du narrateur qui confèrent au polar une atmosphère particulière. J’ai porté un peu moins d’intérêt à l’enquête qui reste de qualité néanmoins. Une première enquête de Varg Veum à découvrir et de multiples autres enquêtes à lire.
    ↓

critique par Seraphita




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Le privé, version nordique
Note :

    Le privé Vrag Veum mérite de rejoindre le Wallander de Mankell et le héros de l'Islandais Indridason, dont j'ai oublié le nom, devenus des célébrités dans le petit monde du norpolar (quel barbarisme). L'enquête qu'il mène dans sa Norvège natale est certes de facture classique mais bien ficelée et d'une lecture aisée. Ce roman a été publié en Norvège il y a quand même trente ans, ce qui lui donne l'avantage de ne pas crouler sous une overdose de technologie parfois fatigante.
   
    Dans les rues norvégiennes la filature se fait à l'ancienne dans une petite voiture discrète et toussotante. Veum sait faire la planque pendant des heures et ne roule pas sur les couronnes. L'intrigue n'est pas bouleversante d'originalité mais allez donc tuer de manière inédite de nos jours. Une villa, une maison avec une porte verte qui s'ouvre sur l'horreur, de cette horreur qui hante hélas nos quotidiens. Et l'éternelle et universelle rivalité souvent haineuse entre le flic et le privé, qui nous fait toujours un peu marrer. Humour présent aussi à travers quelques portraits de sous-fifres ou de spadassins. Au pays de Sam Spade et Philip Marlowe bienvenu à l'ami norvégien Varg Veum qui carbure raisonnablement à l'aquavit, version septentrionale de la gnôle, fidèle amie de l'enquêteur.
    ↓

critique par Eeguab




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Une réelle efficacité
Note :

   L'air de pas y toucher...
   
   Avec ce roman policier, Gunnar Staalesen commence la série de ses polars ayant pour héros le détective privé Varg Veum. Il est donc intéressant de commencer par ce livre quand on s'attaque à l'auteur. En effet, grâce à une écriture simple et efficace et une certaine retenue de l'auteur norvégien, tout y est pour en faire un bon polar. Les codes du genre sont respectés avec un héros détective privé ayant la quarantaine, divorcé, père d'un garçon, aimant les blondes incendiaires et connaissant bien sa ville, les beaux endroits comme les plus laids.
   
   Car Bergen, la ville où se situe l'action n'échappe pas à la criminalité et aux délits en tous genre. Varg Veum, notre héros détective reçoit la visite d'un grand avocat qui lui propose de suivre sa femme qu'il soupçonne d'infidélité. Une belle somme pour Varg qui est fauché comme les blés mais qui refuse toujours les affaires de divorce. Au revoir l'oseille! Mais le lendemain, un autre homme se pointe au bureau du détective pour lui faire suivre sa sœur. Sur la photo, Veum reconnaît la femme infidèle de l'avocat! Coïncidence? Surtout le début des ennuis pour notre héros!
   
   Mais Varg Veum a de la ressource et connait bien la noirceur de l'âme humaine. En effet, avec une économie de moyens et une réelle efficacité, l'auteur nous dépeint une société norvégienne des années 1970 qui n'est pas épargnée par les maux modernes.
   
   Il faut ajouter que le récit est truffé de métaphores toujours bien senties. De plus, un humour pince sans rire vient encore augmenter le plaisir de lecture.
   
   Au final, un polar qui ne révolutionne pas le genre mais qui est fort agréable à lire.

critique par L'habitué




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