Lecture / Ecriture
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Les papiers de Puttermesser de Cynthia Ozick

Cynthia Ozick
  Un monde vacillant
  Les papiers de Puttermesser
  Le Messie de Stockholm

Cynthia Ozick est une écrivaine américaine née en 1928 à New York.

Les papiers de Puttermesser - Cynthia Ozick

Couteau à beurre
Note :

   C’est mon premier Cynthia Ozick, et sans doute mon dernier, pour un bon moment du moins car je semble être bien peu sensible au charme de cette prose que je vois louée un peu partout… J’en reste songeuse… Qu’est-ce qu’il y a encore qui ne va pas avec moi? Bon. Tant pis.
   
   Tout d’abord, la forme. Je ne l’ai pas appréciée parce que ce roman se révèle être le raccord de quatre récits tout à fait distincts, quatre grandes nouvelles en fait, précédées d’une présentation du personnage et qui n’ont d’autre lien que celui, assez arbitraire ma foi, d’avoir le même personnage principal, à différents moments de sa vie : Ruth Puttermesser.
   
   Ruth Puttermesser est une avocate juive new-yorkaise, jeune et pleine d’espoir dans la première nou… partie, moins jeune et moins optimiste dans la seconde, moins encore dans la troisième et totalement revenue de tout dans la dernière (et c’est tant mieux pour elle dans un sens). La première la voit perdre ses illusions sur sa carrière, la seconde sur sa vie sentimentale, la troisième sur sa famille et la dernière sur la vie elle-même.
   
   Déjà, je dois reconnaître que la réalité quotidienne de la société juive new-yorkaise m’échappe totalement. Il me semble qu’on n’a pas l’équivalent en France ou alors, je ne connais pas du tout, et vraiment, que la première chose que je me dise en voyant quelqu’un soit «Il est juif» ou «Il n’est pas juif» est totalement invraisemblable. Pour moi, et il me semble pour pas mal de gens ici, c’est une question tout à fait secondaire et pour tout dire, pas très intéressante. Partie comme ça, je me doutais que le mono focalisme de Cynthia Ozick allait ne pas m’accrocher longtemps (même s’il traduit très certainement une réalité pour elle et sans doute même une réalité new-yorkaise), dans la mesure où ce n’est jamais sur cette situation elle-même que son regard et son questionnement se posent.
   
   Donc la première nouv… partie est assez fantaisiste et nous conte carrément l’histoire de la création d’un golem qui permettra à Puttermesser de devenir un temps, maire de New-York. C’est à mon avis la partie la plus faible. L’idée de départ m’a semblée franchement simpliste. Les caractères et les situations sont assez caricaturaux, peu fouillés, pas toujours psychologiquement très crédibles (je ne parle pas des particularités inhérentes à l’état de golem). Je conclurais : pas intéressant.
   
   La seconde partie est plus originale et plus intéressante mais se heurte quand même sans arrêt à l’impossibilité d’expliciter vraiment le concept de départ : la copie hyper exacte qui ne serait pas copie mais création. J’ai un peu eu l’impression que l’auteur s’en servait pour recycler une étude sur George Eliot et George Lewes, qui m’a intéressée d’ailleurs, mais bon… ce n’est pas ce que j’attends d’un roman.
   
   La troisième partie voit apparaître une cousine qui n’est pas loin de nous rappeler le golem du départ. Personnage russe, et donc comme il se doit exubérant et excessif (ben voyons…), ce n’est pas avec elle que l’on pouvait espérer que la finesse de la peinture des caractères allait s’améliorer. On avait raison.
   
   La fin, rapide, devient carrément gore, encore que peu claire (par la fenêtre du 3ème étage en centre ville ?...). Elle réjouira les adversaires farouches de la happy end, qui voudront sans doute voir là une profondeur de vue… qui ne m’apparaît pas du tout.
   
   «Et le style?» Me dites-vous ? Le style ? Ben, euh... bof

critique par Sibylline




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