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Histoire de la principauté de Liège (De l'an mille à la Révolution) de Demoulin & Kupper

Demoulin & Kupper
  Histoire de la principauté de Liège (De l'an mille à la Révolution)

Histoire de la principauté de Liège (De l'an mille à la Révolution) - Demoulin & Kupper

Fièvres et fiertés de la cité ardente
Note :

   Fondée par la donation d'Ingelheim en 985, la principauté ecclésiastique de Liège a su jalousement préserver son indépendance pendant près d'un millénaire, jusqu'à ce que les révolutionnaires liégeois, animés par la volonté de réformes sociales, ne chassent le prince-évêque César-Constantin-François de Hoensbroeck. C'était en 1789. La Bastille était tombée quelques semaines plus tôt, marquant le début d'une période troublée qui verrait la ci-devant principauté devenir successivement française, hollandaise et enfin belge...
   
   Mais cela, c'est une autre histoire, fort éloignée des premiers temps d'une principauté qui jouissait alors sur la scène politique européenne d'une importance qu'elle ne retrouvera plus par la suite. Formé à la prestigieuse abbaye de Saint-Gall puis à Cologne, auprès de l'archevêque Brunon et enfin du frère de ce dernier, l'empereur germanique Otton 1er, Notger devient évêque de Liège en 972. S'imposant comme une des grandes personnalités de son époque, Notger restera toute sa vie un conseiller influent des empereurs Otton 1er, Otton II et finalement de l'impératrice Théophanu, la veuve d'Otton II qui assurait la régence pour son fils encore enfant. C'est cette dernière qui, dans son désir de s'assurer définitivement le soutien de Notger, posera l'acte fondateur de la principauté ecclésiastique, la donation d'Ingelheim par laquelle elle cédait à l'évêque de Liège le comté de Huy, joignant ainsi un rôle temporel à son rôle spirituel.
   
   Jusqu'au XIIème siècle, Liège occupera ensuite une position privilégiée au sein de l'Eglise qu'on peut alors qualifier d'impériale, puisque ses plus hauts dignitaires sont nommés directement par l'empereur. Mais la Querelle des Investitures, remportée par la papauté, annonce la fin de cette période. La principauté de Liège se replie dans ses frontières et elle sera dès lors tiraillée entre ses voisins - Empire Germanique, Pays-Bas espagnols, France... -, l'influence de Rome et la détermination des bourgeois de ses bonnes villes à défendre leurs privilèges. Déjà riche en rebondissements, l'histoire de ce coin de terre, placé dès l'Antiquité à un carrefour de grandes voies de communication européennes, devient extraordinairement complexe mais aussi très révélatrice des luttes d'influence en sous-main et des grands intérêts politiques, économiques et religieux qui les suscitent.
   
   Ce millénaire d'histoire - ou presque - est ici abordé en deux parties bien distinctes. L'histoire de la principauté au Moyen-Age, des origines jusqu'à la prise de Liège par Charles le Téméraire en 1468 est due à la plume de Jean-Louis Kupper. Celui-ci nous offre une synthèse d'une remarquable clarté des enjeux de la Querelle des Investitures. En revanche, la seconde partie de l'ouvrage, signée par Bruno Demoulin, est un peu plus confuse à force de promener le lecteur d'une époque ou d'une problématique à une autre, d'une façon quelque peu intempestive.

critique par Fée Carabine




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