Lecture / Ecriture
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Notre jeu de John Le Carré

John Le Carré
  Notre jeu
  Une amitié absolue
  Le chant de la mission
  Un homme très recherché
  Un traître à notre goût
  Une vérité si délicate

John le Carré est le nom de plume de David John Moore Cornwell, auteur anglais né en 1931. Ayant travaillé pour le British intelligence services MI5 and MI6 dans les années 50 et 60, il se spécialise dans les romans d'espionnage. "L'espion qui venait du froid" (1963) fut un succès international après lequel il quitta l'espionnage pour se consacrer à l'écriture.

Notre jeu - John Le Carré

Jeux de mains ...
Note :

   Magnifique LE CARRE, qui, par le truchement d'un roman d'espionnage (LE CARRE oblige!), nous projette de plain-pied en Ingouchie, dans ces contrées de trou-du-cul-du-monde où l'avenir est un mot qui n'a pas encore été traduit.
   Directement tiré de sa préface :
   "Il me semble notamment incontestable que l'Occident, vainqueur de la guerre froide, ne peut pas se permettre d'éluder les conséquences de sa victoire, qu'il s'agisse de la Bosnie aujourd'hui, de l'Ingouchie demain ou de Cuba après-demain.
   Il est déjà évident, même pour un hérisson (comme disent les Russes) que les puissances occidentales n'ont jamais eu la moindre idée de ce qu'elles devaient faire de ce monde si elles le libéraient un jour du communisme."

   
   Et encore, un peu plus loin, (faisant parler les dites puissances Occidentales) :
   "Vous voulez dire qu'on doit vraiment faire quelque chose pour l'autre moitié du monde? Ca tombe vraiment mal, au moment même où on était en train de devenir si riches."

   Eh oui, ça tombe vraiment mal! Et ceci date de 1995!
   
   A côté de ces considérations géostratégiques, rassurez-vous, l'histoire est traitée humainement. Une femme, 2 hommes, histoire classique et banale. De celles qui font avancer le monde depuis qu'il existe. Les 2 hommes sont amis, frères d'arme dans les Services Secrets britanniques, mais il y a Emma, la femme. Très belle études psychologiques aussi de ses personnages , pour une apothéose en Ingouchie, passage peut être le plus maîtrisé tant John LE CARRE parvient à nous faire toucher la précarité de la vie là bas, l'odeur de ses feux de bois comme le froid glacé de ses Kalachnikov.
   
   Le genre de polar dont on sort plus intelligent.

critique par Tistou




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