Lecture / Ecriture
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Tideland de Mitch Cullin

Mitch Cullin
  Les abeilles de Monsieur Holmes
  Tideland

Tideland - Mitch Cullin

"Le plus beau des cauchemars et le pire des rêves"
Note :

   Mais quel drôle de bouquin ! Quel drôle de bouquin ! "Le plus beau des cauchemars et le pire des rêves", dit la quatrième de couverture. Pour une fois qu’on une trouve une formule belle et juste sur une 4ème de couv. ! J’en ai fait mon titre.
   
   Alors voyons : J’ai acheté ce livre parce que c’est le seul autre livre de Mitch Cullin qui soit traduit en français avec «Les abeilles de Monsieur Holmes» qui m’avait littéralement enchantée. Je suis prête à lire tout ce que Mitch Cullin écrit. Que dis-je “je suis prête” ? Je souhaite de tout mon cœur.
   
   Mais là je suis tombée dans un tout autre monde. On peut dire en simplifiant beaucoup que «Les abeilles» est axé sur la vieillesse, le moment où l’on fait le bilan, une certaine forme de sérénité et d’ordre, alors que «Tideland» l’est sur l’enfance, la formation, le désordre et le désarroi. Les thèmes du premier me touchaient davantage, mais on retrouve dans les deux livres le considérable talent d’écrivain de l’auteur. C’est en quoi, bien qu’il m’ait moins convenu personnellement, je ne peux en rien contester la grande qualité de ce roman qui enthousiasmera sûrement d’autres lecteurs. Il a toutes les qualités qu’il faut pour cela.
   
   Quelques mots de l’histoire. Ici, la narratrice est Jeliza-Rose, une enfant qui a rejoint avec son père une vieille bâtisse abandonnée au fin fond du Texas et qui fut la maison de sa grand-mère aujourd’hui décédée.
   
   Cette enfant qui n’a pas ou peu été scolarisée, peu sociabilisée, est dans une misère noire, elle a jusqu’à présent vécu à Los Angeles avec ses deux parents, junkies tous deux. Sa mère, assez violente, l’appelle généralement «petite merdeuse» ou «petite garce», mais alterne les caresses et les coups, ce qui est sans doute encore plus destructeur qu’une méchanceté assurée.
   
   Son père, plus tendre et rêveur mais totalement irresponsable également est une ancienne star du rock qui a depuis longtemps glissé en bas de l’échelle. Les deux sont toxicos au dernier degré, si bien qu’un jour la mère meurt sans que cela ramène le duo restant à la réalité. Et c’est ainsi qu’après un long et exténuant voyage en car, ils arrivent dans cette masure où le père s’assoit dans le rocking chair qu’il ne quittera plus.
   
   Tout cela nous est raconté par la petite qui, ignorante de tout bien qu’en ayant tant vu, est comme une sorte d’enfant sauvage douce qui s’est formé un monde mental dans lequel réel et imaginaire ne se distinguent pas, tel celui de l’Alice de Lewiss Carrol, et qui va se dépêtrer comme elle peut, et avec ses raisonnements imprévisibles de cette situation totalement incontrôlée.
   Il faut dire qu’elle ne va pas être aidée par le voisinage.
   
   Pour soutenir cette histoire forte et très originale, l’écriture me semble d’une qualité au dessus de tout reproche. Vous devriez au moins en lire un.
   
   Vivement les prochains Mitch Cullin!

critique par Sibylline




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