Lecture / Ecriture
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Le dialogue dans le marécage de Marguerite Yourcenar

Marguerite Yourcenar
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  Alexis, suivi de Le coup de grâce
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  Le tour de la prison
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  D'Hadrien à Zénon, correspondance 1951-1956
  Sur quelques thèmes érotiques et mystiques de la Gita-Govinda
  Un homme obscur – Une belle matinée
  En pèlerin et en étranger
  Souvenirs pieux

AUTEUR DES MOIS D’OCTOBRE & NOVEMBRE 2007

Marguerite Yourcenar, de son vrai nom Marguerite Cleenewerck de Crayencour est née à Bruxelles en 1903 et morte à Mount Desert Island (USA) en 1987.

Elle fut la première femme à entrer à l'Académie française (1981). Elle était déjà membre depuis longtemps de l'Académie Royale belge.

Elle a laissé une œuvre abondante et diverse : romans, poèmes, essais et théâtre.

* Vous trouverez sur ce site la fiche de la biographie " Yourcenar - "Qu'il eût été fade d'être heureux»" de Michèle Goslar ainsi que celle de "L'album illustré de L'Oeuvre au Noir de Marguerite Yourcenar", d' A. Terneuil

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le dialogue dans le marécage - Marguerite Yourcenar

Etude
Note :

   Pièce en un acte
   
   
   Très courte pièce de facture très classique, que Marguerite Yourcenar a écrite vers 1930, soit alors qu’elle avait 27 ans.
   
   Cette pièce lui fut inspirée par quatre vers de Dante qui fait allusion à une Dame Pia que son mari enferma dans un château insalubre et oublia. M. Yourcenar reprit le thème et se mit en œuvre de fouiller les implications de cet acte et la psychologie des deux personnages principaux (le mari et la femme).
   
   Elle nous présente l’époux, escorté d’un moine, qui, en route pour St Jacques de Compostelle, cherche le château marécageux où il enferma son épouse et dont il ne se souvient plus même de l’emplacement exact. Elle nous présente l’épouse, entourée de deux servantes, et ce qu’elle est devenue en cette retraite forcée.
   
   Toute cette scène a à la fois un caractère précis et analytique, et une situation hors du monde qui en fait possiblement un songe ou une illusion. Tout au long et jusqu’au terme, la réalité frôle l’illusion, et la folie, la raison. La scène est un peu lente. Nous évoluons dans l’incertitude des choses et des êtres. Rien n’est sûr des faits, cela l’est davantage des sentiments éprouvés. L’ensemble baigne dans une certaine tristesse non dénuée d’émotion et de sensualité.
   
   Il m’a semblé que Marguerite Yourcenar jeune, se livrait ici à une analyse, la plus fine possible des divers sentiments qui pouvaient être ceux de personnages dans cette situation particulière qui l’avait inspirée. L’analyse, juste et profonde peut étonner chez un auteur si jeune. Mais au regard de l’œuvre elle-même, il m’a semblé qu’elle était trop pure, trop dénuée de toutes les «scories» que la réalité mêle aux faits. Sans doute, cinquante ans plus tard, l’auteur nous aurait-elle peint des sentiments moins nets et tranchés. On ne peut cependant qu’admirer la beauté du style, son aisance et juste se demander si sa perfection et sa netteté, dans les méandres complexes de l’âme humaine sont une qualité ou un défaut.

critique par Sibylline




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