Lecture / Ecriture
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Imaqa de Flemming Jensen

Flemming Jensen
  Imaqa
  Le blues du braqueur de banque

Flemming Jensen est un auteur danois né en 1948.

Imaqa - Flemming Jensen

Savoir rire de l'inattendu
Note :

   Nous sommes dans les années 70, Martin, après un divorce et une vie à laquelle il ne trouve plus grand sens, demande à être muté dans un tout petit comptoir groenlandais. Pour cet instituteur danois de plus de 35 ans, c’est un changement d’habitudes radical.
   
   Bien que pétri de bonnes intentions, il navigue un peu à vue parmi les habitants de Nunarqarfik, et fait l’apprentissage à ses dépens de la simplicité groenlandaise. Mais petit à petit, il prend sa place et épouse l’harmonie des paysages et des mentalités. Seulement il est censé apporter le progrès, éveiller les jeunes consciences, sa hiérarchie n’attend pas de lui qu’il «régresse» et se plie aux coutumes ancestrales.
   
    Pris entre plusieurs feux, Martin nous plonge dans cette complexe affaire : comment amener une société statique en parfaite autarcie dans un monde dynamique à la logique biaisée ?... Loin d’être simple.
   
   Mais les arguments de Flemming Jensen sont amenés en douceur, de l’intérieur, et on se prend d’une grande affection pour tous ses personnages.
   
   J’ai ri de bon cœur devant des situations ubuesques servies comme des reines par une plume d’une acidité bon enfant dont je raffole, et qui m’a évoquée Terry Pratchett, par exemple.
   
   C’est un roman formidable qui contient absolument tous les ingrédients pour vous faire passer des heures délicieuses.
   
   Je recommande avec jubilation !
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critique par Cuné




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Groenland
Note :

    Si comme le conseille ce roman vous suivez les plus beaux icebergs, vous arriverez au fond du fjord d'Umanaq, dans le comptoir de Nunaqarfik. Prévoir vêtements chauds.
   
    Sinon, il est tout à fait possible de se délecter bien au chaud à la maison, de l'histoire de l'instituteur danois Martin, qui, dans les années 70, a demandé sa mutation à Nunakarfiq. La réalité sera à la hauteur de ses rêves, mais aussi un poil différente. Affrontant sa hiérarchie pour qui l'enseignement doit se faire en danois (langue que ne parlent pas les enfants) et refusant les manuels éloignés de leur univers, il apprend le groenlandais et s'immerge dans la vie du village, parfois moqué mais toujours gentiment.
   
    Dans ces années 70, il semble que la vie des habitants n'avait pas encore trop changé, l'on vit de pêche et de chasse, mais le progrès pointe son nez; le tiraillement entre deux modes de vie est illustré par le jeune Jakunquaq (Jakob) et son père Abala (Abraham).(Ces prénoms donnés aux groenlandais leur sont imprononçables et "impraticables à moins que l'on ne vise une carrière dans le Mossad").
   
   Une roman qui dès les premières pages m'a laissé présager un coup de cœur. Plein d'humour et d'ironie jamais méchante, et aussi de tendresse, d'émotion. Des instants drôles ou tragiques. L'on a fortement envie d'aller s'installer là-bas. Je me demande si l'on y joue toujours à la roulette groenlandaise (mouarf) et si toute occasion est bonne pour se réjouir ensemble. L'alcool continue-t-il à sévir et les produits étrangers à envahir, reste-t-il des pêcheurs chasseurs?
    (pour y avoir passé quelques jours -en août, prudence!- j'ai quelques craintes là-dessus, mais les paysages sont bluffants).
   
    " En pensant à l'imposante quantité de mots groenlandais qu'il avait appris depuis son arrivée, il fut soudain frappé par le fait qu'il n'était jamais tombé sur la locution 'parce que'.(...)
    Au Groenland, lorsqu'on se trouve face à une situation difficile, qui exige un choix ou une décision claire, alors c'est un tout autre mot qui s'impose toujours : imaqa ...peut-être."
(l'auteur a choisi l'ancienne orthographe sans majuscule en début de mot)

critique par Keisha




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