Lecture / Ecriture
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Entre Dieu et moi, c’est fini de Katarina Mazetti

Katarina Mazetti
  Le mec de la tombe d’à côté
  Les larmes de Tarzan
  Entre Dieu et moi, c’est fini
  Le caveau de famille
  Mon doudou divin
  La fin n’est que le début
  Le Viking qui voulait épouser la fille de soie
  Ma vie de pingouin

Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste à la radio suédoise, auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes.
(Source éditeur)

Entre Dieu et moi, c’est fini - Katarina Mazetti

Une douce petite fleur d'un mètre quatre-vingts
Note :

   Linnea, au début de “Entre Dieu et moi, c’est fini” suit le conseil avisé de sa grand-mère: "En fait, j’avais quelque chose à oublier. Et pour pouvoir l'oublier, il fallait d'abord que je m'en souvienne".
   
   Se souvenir de quoi? De ce père absent qu'elle connaît à peine ? Non, de sa meilleure amie Pia .
   
   Pia, en apparence si sûre d'elle,briseuse de coeurs patentée, qui affirmait sans sourciller : "ça leur fait du bien de souffrir un peu (...) ça enrichit leur vie sentimentale. Tu sais, personne ne peut devenir vraiment heureux s'ils n'a pas été vraiment malheureux. Ils me doivent beaucoup !"
   
   Linnea remonte le cours du temps, le cours de cette amitié si brève mais intense.
   Pas de fadeur, pas d'apitoiement mais de l’humour (politesse du désespoir) tout au long de ce roman de Katarina Mazetti qui nous brosse un portrait acidulé de la jeunesse suédoise. Les camarades de classe, les profs, les parents sont croqués sur le vif et l'histoire avance à toute allure entrecroisant réflexions sur la religion et sur les garçons.
   
   Mazetti ne s'appesantit jamais sur les situations difficiles,elle a une parole qui sonne juste et aborde un problème tabou avec retenue et nous fait éprouver beaucoup de tendresse pour ces personnages qu'on aimerait bien retrouver car tous les mystères n'ont pas été éclaircis. Par chance, cela va être le cas car ce n'est que le premier volume d'une trilogie.
   
   A lire sans faute et à passer à nos ados.
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critique par Cathulu




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L'adolescence n'est pas un long fleuve tranquille
Note :

   Linnea est une jeune lycéenne de 16 ans mesurant 1,80 mètre! Une grande tige qui se sent mal dans sa peau, incomprise et seule. Bref, une adolescente comme il en existe beaucoup... sauf que Linnea parle depuis quelque temps au mur du dressing, chez sa grand-mère. Elle inonde le mur de phrases, de mots qu'elle ne peut dire aux autres. Parfois, elle se cogne la tête contre ce mur qui accepte, muet et imperturbable, lamentations, pleurs et souffrances.
   
   Linnea a 16 ans et une seule véritable amie, qui lui ressemble en beaucoup mieux: Pia, grande, élancée qui n'a pas sa langue dans sa poche et à la répartie facile et ironique. Pia qui tombe les garçons d'un seul regard et qui les fait tourner en bourrique pour ensuite les abandonner tels des jouets devenus sans intérêt. Pourtant, Pia est loin d'être une jeune fille splendide mais elle n'a peur de rien, croit en son pouvoir magnétique et surtout, surtout sait les désirs secrets des garçons.
   
   Linnea raconte au mur les jours passés en compagnie de Pia au lycée, dans la rue, chez sa grand-mère. Elle raconte les jours heureux de rires, de pleurs, de confidences et de conversations de "filles" à bâtons rompus. Elles ont 16 ans et toute la vie devant elles. Elles ont 16 ans, une famille parfois barbante, des mères agaçantes, des frères trop jeune ou trop grand et absent, des pères présent et inexistant ou absent et pénible.
   Linnea se souvient de ses jérémiades auprès de Pia, de leurs conversations philosophiques sur Dieu, la mort, la vie, l'absence de sentiment filial vis à vis du père et pleure de n'avoir pas pu empêcher Pia de commettre l'irréparable.
   
   Le mur est le divan du psychologue que refuse de rencontrer Linnea. Le mur est le pilier qui l'empêche de sombrer dans le noir. Le mur est la surface lisse qui lentement, doucement, va apaiser la douleur de Linnea. Cette dernière revient de son deuil, regarde sa mère autrement, ressent un amour profond pour son petit frère et parle avec sa grand-mère, médiateur entre la mort et la vie.
   
   Katarina Mazetti dans un style à la fois drôle et pittoresque aborde des sujets graves avec un humour désopilant, loin de tout pathos. Elle réussit à faire revivre au lecteur ses 16 ans avec toutes les angoisses existentielles vécues sans occulter le fait que certaines angoisses adolescentes peuvent conduire à un acte désespéré.
   
   Un court roman grave et drôle à la fois dont la lecture, parsemée de sourires, de rires et de larmes, est plaisante et agréable. Une très belle découverte grâce à Nanou qui a eu la gentillesse de me prêter ce délicieux livre.

critique par Chatperlipopette




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