Lecture / Ecriture
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Les larmes de Tarzan de Katarina Mazetti

Katarina Mazetti
  Le mec de la tombe d’à côté
  Les larmes de Tarzan
  Entre Dieu et moi, c’est fini
  Le caveau de famille
  Mon doudou divin
  La fin n’est que le début
  Le Viking qui voulait épouser la fille de soie
  Ma vie de pingouin

Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste à la radio suédoise, auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes.
(Source éditeur)

Les larmes de Tarzan - Katarina Mazetti

Tarzan, Janne et les bébés singes
Note :

   Le jour où Mariana ,"un peu d'yeux verts et des seins en oreille de basset et une grande bouche joyeuse sans rouge à lèvres qui [dit] tout le temps des choses inattendues" tombe (au sens propre) sur Janne, golden boy plus habitué aux créatures dignes des magazines qu'aux mères de famille débordées, cela ne pourrait rester qu'une banale histoire d'entente sexuelle.
   Oui mais voilà, Janne n'arrive pas à se sortir de la tête cette Mariana, flanquée de deux marmots remuants et pas du tout attachants à ses yeux.
   
   On voit d'ici le schéma classique mais tout le talent de Katarina Mazetti est de faire exploser les poncifs du genre et de nous livrer, mine de rien, une histoire sociale et pas du tout "un navet avec Meg Ryan", bluette sans saveur, aussi vite oubliée que regardée.
   
   J'avoue que durant la première partie du livre, je craignais le pire mais, en nous dévoilant progressivement les raisons de la situation de Mariana, parent isolé, deux enfants à charge et travailleuse pauvre, même si elle enseigne le dessin à temps partiel, c'est toute une partie de la société suédoise (et européenne) qui nous est montrée ici. Pas de misérabilisme cependant, la solidarité féminine et l'humour décapant de l'auteure se chargeant de dégommer toute sentimentalité excessive.
   
   Roman polyphonique (les différents personnages, y compris les enfants, prennent chacun leur tour la parole et éclairent donc d'un jour nouveau le récit qui avance à toute allure), «Les larmes de Tarzan» joue avec nos nerfs tant on craint que Mazetti ne cède à la facilité mais ce n'est jamais le cas. Elle analyse avec finesse les réactions des différents personnages face à leur "déséquilibre social», sans tomber dans le piège du schéma "Prince charmant"/belle jeune fille éplorée, stéréotype vilipendé par l'héroïne.
   
   Je me garderai bien de dévoiler l'épilogue pour vous laisser tout le plaisir de savourer ce "miracle en équilibre".
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critique par Cathulu




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Mars et Vénus
Note :

   Après "Le mec de la tombe d'à côté", Katarina Mazetti explore à nouveau, sous un autre angle, les histoires d'amour de prime abord impossibles. Cette fois, elle met en scène une jeune mère de famille, lasse, débordée entre ses enfants et son boulot de prof d'arts plastiques à temps partiel dans un lycée, et un jeune gagneur de l'informatique. Tout les éloigne: il aime le côté raffiné des choses, le luxe, les belles femmes, il ne sait pas ce qu'est la peur du lendemain; elle vit un désert sentimental depuis que son mari, schizophrène et phobique, a quitté sans crier gare le domicile conjugal, elle trime pour garnir un tant soit peu le réfrigérateur.
   
   C'est sur une plage suédoise que la rencontre percutante a lieu, lorsque Mariana agrippée à une liane, sous le regard amusé de son fiston, rentre en collision avec Janne. D'abord échaudés par une telle rencontre, ils finissent par passer une soirée ensemble et à oublier leur solitude respective dans les bras l'un de l'autre. Ce qui ne devait être qu'une aventure sans lendemain, se transforme très vite en histoire d'amour compliquée, dense et pleine de rebondissements. Mariana a beau avoir des kilos en trop, la peau distendue par les grossesses, se négliger un peu, elle possède un charme indéfinissable qui envoûte immédiatement Janne, peu habitué à une sensualité naturelle, sans complexe et débordante de tendresse.
   
   Le lecteur, amusé toujours, ému bien souvent, suit la construction d'une relation amoureuse au fil de chapitres très courts, regards croisés de Tarzan/Mariana, de Janne, de la meilleure copine et des enfants: entre rires et gorge serrée (le quotidien de Mariana est loin d'être semé de doux pétales de rose), il se prend d'affection pour ces personnages au verbe haut, au caractère incroyable, et ne leur souhaite qu'une seule chose, un avenir commun où le quotidien devient plaisant.
   
   "Les larmes de Tarzan" est une lecture agréable. Un roman sur la difficulté de comprendre les sentiments de l'autre mais aussi sur la difficulté à se comprendre soi-même: les méli-mélo sentimentaux brouillent allègrement les pistes du quotidien. Katarina Mazetti met en scène une autre version de la difficile communication amoureuse entre Mars/l'homme et Vénus/la femme...le tout avec humour et tendresse.

critique par Chatperlipopette




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