Lecture / Ecriture
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Le cimetière des bateaux sans nom de Arturo Perez-Reverte

Arturo Perez-Reverte
  Le cimetière des bateaux sans nom
  Le Tableau du Maître flamand
  Club Dumas
  Le Peintre de batailles
  Le soleil de Bréda - Capitaine Alatriste - 3
  Le maître d'escrime
  Corsaires du Levant - Le capitaine Alatriste - 6
  Cadix, ou la diagonale du fou
  Le pont des assassins - capitaine Alatriste - 7
  Deux hommes de bien
  La patience du franc-tireur

Ecrivain espagnol né en 1951.
Il fut reporter de guerre pour la presse puis pour la télévision espagnole.
Il se consacre aujourd'hui exclusivement à la littérature.
Il a commencé sa carrière de romancier en 1986.
Il est membre de l'Académie royale espagnole depuis 2003.

Le cimetière des bateaux sans nom - Arturo Perez-Reverte

Chasse au trésor
Note :

   Coy est un marin désoeuvré. Suspendu pour une période de vingt mois pour une erreur de navigation, il erre dans les rues de Barcelone en épuisant ses dernières économies.Afin de tromper son ennui, il a pour habitude d'assister aux ventes aux enchères d'objets nautiques. C'est au cours de l'une d'elles qu'il assistera à la lutte acharnée que se livrent deux acheteurs pour la possession d'un atlas cartographique du XVIIIè siècle. C'est à la fin de cette vente qu'il fera connaissance de ces deux personnages. La femme qui a remporté l'enchère se trouve menacée par l'acheteur éconduit. Coy, témoin de l'altercation, intervient et fait alors la connaissance de Tanger Soto, une femme fascinante - chercheuse au musée de la Marine de Madrid - ainsi que de son adversaire, un aventurier peu scrupuleux, spécialisé dans le renflouement d'épaves et qui semble porter un grand intérêt à l'atlas géographique qu'à acquis la jeune femme.
   
   A partir du moment de cette rencontre, la vie de Coy va être bouleversée ; follement épris de cette femme mystérieuse, il la suivra dans sa quête du destin secret d'un navire affrété par la Compagnie de Jésus qui a disparu corps et biens,coulé par un navire corsaire en 1767, et autour duquel plane une aura de mystère.
   
   S'engage alors une formidable chasse aux trésor où les indices se retrouvent éparpillés dans les bibliothèques et les musées .
   
   Arturo Perez Reverte, l'auteur du "Club Dumas" et des "Aventures du Capitaine Alatriste" nous entraîne avec ce roman dans un folle aventure où l'on retrouve le souffle et les références des grands romans d'aventures maritimes. On ne peut s'empêcher de penser, en lisant ce livre, à Herman Melville, à Joseph Conrad, à Stevenson ainsi qu'à Patrick O'Brien.
   
   On y perçoit aussi le désenchantement d'un marin devant la fin d'une époque où le positionnement par satellite a remplacé la navigation traditionnelle, basée sur l'observation des étoiles, où la loi du profit et le libéralisme ont transformé marins et capitaines en businessmen arrivistes.
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critique par Le Bibliomane




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La mer, toujours recommencée
Note :

   J'ai découvert Arturo Perez-Reverte avec ce livre et je suis complètement tombée sous le charme. J'en ai savouré chaque phrase, comme on peut, au bord de la mer, se laisser fasciner par le mouvement des vagues: mouvement toujours le même, éternellement recommencé et pourtant toujours différent parce que le passage d'un nuage a fait virer la couleur des flots du bleu au gris, ou parce qu'un rayon de soleil vient soudain piqueter d'étoiles l'immensité mouvante et frangée d'écume.
   
   Et "Le cimetière des bateaux sans nom" nous conte réellement une très belle histoire d'amour, une des ces histoires où : "Il y a celui qui aime et celui qui est aimé, et ce sont deux univers différents. Celui qui est aimé ne sert souvent qu'à réveiller une immense force d'amour qui dormait jusque-là au fond du coeur de celui qui aime. En général celui qui aime en est conscient. Il sait que son amour restera solitaire. Qu'il l'entraînera peu à peu vers une solitude nouvelle, plus étrange encore, et de le savoir le déchire". Amour, désir, fascination, je ne sais quel serait le mot juste mais c'est - presque - aussi beau que la ballade du café triste de Carson McCullers. Une de ces histoires d'amour déchirantes qui sont si belles quand on les lit dans les livres (quant à vivre une de ces histoires, c'est tout autre chose...)
   
   Et pour conclure, un commentaire sur le titre (très beau, et dont il me semble qu'il est tiré d'un poème de Paul Valéry, mais je n'en suis pas certaine): "Le cimetière des bateaux sans nom" est une singularité française. Le titre original espagnol était "Carta esferica" et celui de la traduction anglaise - très prosaïque - "Nautical Chart". Pour le coup, je trouve que le traducteur français nous a gâté!

critique par Fée Carabine




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