Lecture / Ecriture
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La chaussure sur le toit de Vincent Delecroix

Vincent Delecroix
  La chaussure sur le toit

La chaussure sur le toit - Vincent Delecroix

Mystère sur les toits parisiens
Note :

   Quand une chaussure se balade sur un toit, on est en droit de se dire qu’on assiste là à un phénomène peu banal. Quand en plus, il s’agit du sujet du dernier livre de Delecroix, «La chaussure sur le toit», l’évènement acquiert un très fort pouvoir de conviction. Et là, votre chroniqueuse de s’interroger devant le roman en regardant ses petites chaussures (que voulez- vous, quand on fait un 36…) : « lira tout de suite ou lira tout à l’heure ? » Parce que, autant vous le dire, j’aime bien les titres énigmatiques qui ne veulent a priori rien dire, ceux qui ont un je ne sais quoi de fascinant. Une chaussure sur un toit c’est absurde. Mais c’est aussi émouvant. Triste. Ridicule. Drolatique. Ubuesque. Bref, toute cette plâtrée d’excuses pour en arriver à une conclusion inévitable : j’ai craqué.
   
   J’ai craqué devant ce drôle de titre et le quatrième de couverture. Puis j’ai entamé la lecture. Et finalement, cette vieille godasse dégoûtante traînant sur une gouttière l’a emporté. Et c’est pour partager ce grand coup de cœur que je vais vous parler en quelques mots de ce livre. Mais pas trop. Autant préserver le mystère et laisser tout le charme opérer !
   
   Le sujet : une chaussure qui traîne sur un toit. Autour de cette chaussure se construisent les récits les plus variés. Tous semblent converger vers un même objectif : raconter l’histoire de cette chaussure. Ou plutôt, répondre à une question (qui vous taraudera vite fait) : comment cette chaussure a-t-elle atterri là ? De la chaussure jetée par la fenêtre dans une crise de rage à celle qui a été déposée par un ange, les explications s’enchaînent en une dizaine de chapitres. Jusqu’aux dernières pages qui bouclent l’ensemble par une ultime approche. En résumé, l’histoire d’une chaussure. Ou comment raconter autrement la vie d’un immeuble près de la gare du Nord .
   
   Pas de temps mort dans ce roman qui se lit d’un trait. Des personnages variés tous aussi intéressants les uns que les autres. De l’humour, des drames, petits ou grands, des doutes, plus ou moins existentiels. Une écriture agréable et des pages qui filent à toute allure. Et surtout une chaussure que l’on finit par saluer comme une vieille amie à chacune de ses apparitions au fil des chapitres. Bref, ce roman foisonnant de personnages aux parcours entremêlés est un pur régal !
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critique par Lou




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Finalement, d'où vient-elle, cette chaussure?
Note :

   Une chaussure abandonnée sur un toit de Paris. Quoi de plus banal ? Mais quoi de plus insolite aussi ? Cette chaussure oubliée est le point de départ et le fil rouge du roman de Vincent Delecroix.
   En une dizaine de récits, l'auteur nous livre différents points de vue sur l'explication de la présence de cette chaussure égarée. A qui appartient-elle ? Comment est-elle arrivée sur le toit de cet immeuble situé près de la Gare du Nord ?
   
   Est-ce un ange triste qui l'a égarée ? Un cambrioleur épris de vengeance ? Un jeune africain sans-papiers ? Un présentateur vedette d'une émission littéraire reconverti à la philosophie ? Un trio de braqueurs aux pseudonymes empruntés à l'Iliade d'Homère ? Un chien irrité par l'attitude de son maître ?
   Cette chaussure sera aussi à l'origine des inquiétudes d'une vieille dame solitaire, de la révélation picturale d'un artiste contemporain et des interrogations d'une petite fille rêveuse.
   
   Ce roman kaléidoscope fait intervenir, au fur et à mesure des différents récits qui le composent, des personnages secondaires qui se trouvent tout à coup au premier plan et deviennent de ce fait les narrateurs principaux de l'un ou l'autre des textes dont est constitué l'ensemble. Avec eux l'on s'interroge ou l'on découvre les causes mystérieuses de la présence de cette chaussure oubliée. L'imagination s'emballe et les différentes explications de cette présence s'ajoutent les unes après les autres, se superposent, se contredisent et offrent au lecteur un large éventail d'interprétations, parfois dramatiques mais aussi comiques ou insolites. Un seul point commun à tous ces récits : la solitude qui enveloppe chacun des personnages évoqués dans ce roman.
   
   Qu'elle soit volontaire ou subie, cette solitude omniprésente – symbolisée par cette chaussure abandonnée à qui manque sa parèdre – se révèle comme l'un des maux les plus répandus dans notre société contemporaine, une sensation d'isolement des personnes qui n'est même pas comblée par la proximité des uns et des autres au sein de cet immeuble parisien où chacun semble s'être enfermé dans sa bulle.
   
   Roman polyphonique dans lequel l'unité de lieu tient une très grande place, «La chaussure sur le toit» m'a bien évidemment fait penser à l'extraordinaire «La vie, mode d'emploi» sans toutefois égaler la virtuosité et la complexité du récit de Georges Pérec.
   
   En lisant cet ouvrage, j'ai aussi pensé à «L'élégance du hérisson» de Muriel Barbery mais les différents récits présentés dans le roman de Vincent Delecroix m'ont donné une impression d'inégalité et je n'ai pu les apprécier tous de la même manière. Certains m'ont littéralement «emballé» tandis que d'autres m'ont quelque peu ennuyé. «Le syndrome conte de fées» qui revisite le conte de Cendrillon m'a passionné alors que «L'élément esthétique» m'a arraché quelques bâillements. J'ai beaucoup aimé le début de «Explication de ma disparition» qui est une satire féroce du milieu télévisuel en général et des émissions littéraires en particulier, mais avoue avoir été un peu déçu par la deuxième partie de ce récit, truffée de références philosophiques dont mon pauvre intellect n'a pas su déceler les subtilités.
   
   Toutefois, l'impression générale que je retire de ce roman de Vincent Delecroix est celle d'un roman inventif, astucieux, déroutant et comique. J'ai adoré certaines caricatures des milieux intellectuels parisiens, la construction du et des récits autour de cette chaussure qui s'invite dans chacun d'entre eux, ainsi que la poésie et la petite musique douce-amère qui émane de l'ensemble.
   
   Même s'il me laisse un peu partagé, ce roman m'a procuré un moment de lecture agréable. La construction et l'idée de départ m'ont beaucoup plu et, ayant refermé le livre, je me suis – comme beaucoup – posé la question : «Finalement, d'où vient-elle, cette chaussure ?» et j'ai rapidement compris qu'il n'appartenait qu'au lecteur de décider de l'explication de la présence de cet objet.
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critique par Le Bibliomane




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Tout est possible
Note :

    Quelle drôle d'idée! J'avais bien entendu parler d'un hussard, mais une chaussure? Quoi que dans Cendrillon...
   
    Ce livre, je l'avais repéré dans mes LAL diverses lors de sa parution, mais j'attendais une parution en poche (c'est la crise n'est-ce pas ).
   
    Le point de départ, à savoir une chaussure abandonnée sur un toit et plusieurs histoires qui se croisent avec un point commun me laissait présager du meilleur.
   
    J'avoue ne pas avoir été déçu. Ce petit livre peut se lire comme une suite de nouvelles ou comme un tout, bien que dans ce cas, il semblerait que le toit de cet immeuble soit couvert de chaussures. Cet un exercice de style bien tourné, qui n'attend que ses lecteurs. Bien sur, je voulais savoir ce qu'il adviendrait de cette chaussure, qui viendrait la délivrer, la secourir? Mais finalement, les tranches de vie qui se succèdent m'ont emportées sur le toit, juste à coté d'elle et depuis, j'attends. D'autres réponses, d'autres possibilités même les plus improbables…

critique par Le Mérydien




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