Lecture / Ecriture
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Et si c’était niais ? de Pascal Fioretto

Pascal Fioretto
  Et si c’était niais ?

Et si c’était niais ? - Pascal Fioretto

C’est pour rire !
Note :

   J’ai failli ne pas lire ce livre.
   Je l’avais acheté parce que j’en avais entendu parler à la radio et que je m’étais dit que c’était le genre de chose que je devais aimer. Et puis, une amie m’en a dit du mal «C’est pas drôle» «J’ai pas accroché» … et j’ai regretté mon achat avant même de tourner la 1ère page et je l’ai laissé de côté encore quelque temps.
   
    Et puis, le bouquin s’est trouvé où il fallait au moment où il fallait. J’ai pensé «J’en lis 50 pages et je laisse tomber si ça ne va pas*» (NDA: chez moi le couperet est à 50 pages). Et dès les premières pages, je riais, je ne parle pas de sourire, mais de rire vraiment et quand j’ai passé la cinquantième page, il était hors de question de m’arracher le bouquin.
   
   Le «truc» de Fioretto, c’est qu’il a mis un de ses meilleurs pastiches d’entrée de jeu (Denis-Henri Lévi est absolument irrésistible) et une fois ces feuillets avalés, l’amateur est généralement conquis et bien dans l’ambiance pour rire et sourire de tout.
   
   Que je vous situe la chose. «Et si c’était niais ?» est un roman policier dont chacun des 11 chapitres est dû à la plume d’un auteur à succès différent. Enfin, pour être honnête, pas exactement des auteurs à succès auxquels vous pensez. Mais à d’autres tels Anna Gavaulda, Jean-Christophe Rangé, Frédéric Beisbéger, Christiane Anxiot etc. qui ne sont pas sans les rappeler.
   
   Pascal Fioretto prête à ses auteurs, non seulement des façons de s’exprimer mais également des déclarations de philosophie personnelle qui sont vraiment très drôles, tout comme est souvent drôle leur rapport au monde «normal». Exemple, dialogue entre un écrivain génial et une concierge
   - Et vous, vous êtes dans quoi exactement ? (…)
   - Je produis de la Conviction
   - Les radiateurs ?
   - Pas du tout.

   
   L’intrigue elle-même nous raconte la sombre histoire d’un serial kidnappeur qui, pour des raisons inconnues, enlève des écrivains célèbres et sur la trace duquel s’est lancé le fameux et redoutable commissaire Adam Seberg (Tiens, lui aussi il vous rappelle quelqu’un ?)
   
   Ces 11 chapitres sont surtout prétextes à pastiches vraiment très bien vus et très drôles du style des dits écrivains. Qui dit pastiche, dit caricature et outrance, mais aussi humour et pour ma part, j’ai trouvé cela vraiment amusant. Pas méchant, ni hargneux comme je l’avais un peu craint avant de commencer, mais talentueux et léger plutôt. J’ai ri sans arrière pensée même des 2 ou 3 auteurs que j’aimais bien. C’est dire.
   
   Il faut admirer également la finesse littéraire de qui est capable de saisir et reproduire les tics d’écriture qui, s’ils sont flagrants (et même lourds) chez certains peuvent aussi être plus légers et finement observés chez d’autres.
   
   Et pour en revenir à la trame elle-même, moi qui ne lis plus beaucoup de romans policiers (mais je vais m’y remettre) et qui ai donc beaucoup perdu de mon entraînement, je me demandais tout du long «Mais qui ça peut être, le coupable ?» et j’ai eu l’immense satisfaction de le deviner enfin, juste quelques pages avant que l'auteur ne donne la réponse. Je sais, plus on approche de la fin moins le mérite est grand et ce n’était pas vraiment un roman à énigme, mais qui dira assez l’intense satisfaction du lecteur de polar qui a trouvé le coupable ?
    Bref, j’étais ravie.
   
   PS : En dehors de ceux que j’ai déjà cités, les auteurs évoqués sont Fred Wargas, le cultissime Marc Lévis®, Mélanie Notlong, l’excellent Pascal Servan, Bernard Werbeux et Jean D’Ormissemon.
   Régalez-vous.
   
   * J’aurais dû me méfier, la dernière fois que je m’étais dit cela, c’était avec le Harry Potter 1

critique par Sibylline




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