Lecture / Ecriture
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Voyage au centre de la terre de Jules Verne

Jules Verne
  Paris au XXe siècle
  De la terre à la lune
  Michel Strogoff
  Le tour du monde en 80 jours
  Le Château des Carpathes
  Autour de la lune
  Sens dessus dessous
  Voyage au centre de la terre
  Dès 09 ans: Une fantaisie du docteur Ox
  Vingt mille lieues sous les mers
  V comme: Les enfants du Capitaine Grant
  Ados: Michel Strogoff
  Ados: En Magellanie
  Un prêtre en 1839
  Les aventures du Capitaine Hatteras
  Le testament d’un excentrique

Jules Verne est un écrivain français né en 1828 à Nantes et décédé en 1905.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Jean-Yves Tadié lui a consacré un livre.

Voyage au centre de la terre - Jules Verne

Tout bon!
Note :

   Peut-être mon préféré parmi les Voyages extraordinaires de Jules. Je ne saurais sans doute pas au juste vous dire pourquoi. Même le film un peu nanar (1960 avec James Masson et Arlene Dahl) bien que le personnage féminin ait été totalement ajouté et qu’il soit l’occasion d’une cascade de considérations miso, (peut-être censément drôles ? je ne me rends pas compte). Même le film donc, avec ses effets spéciaux hyper rétros, parvient à m’attendrir. C’est dire si cette histoire me plaît.
   
   Mais parlons plutôt du livre. Michel Serres à qui nous devons de sages et fines considérations sur l’œuvre de Jules Verne, dit que dans chaque Voyage Extraordinaire, il y a 3 voyages : un voyage géographique, un voyage dans la connaissance et un voyage initiatique.
   Je constate ici encore que Michel Serres a raison puisque avec l’Islande un voyage géographique nous mène à l’entrée de ce monde souterrain, un voyage dans la connaissance nous fait réviser différents savoirs géologiques ainsi que l’histoire de l’humanité, quant au voyage initiatique, il nous fera peut-être apercevoir le cousin d’Adam et, le temps d’un éclair, la naissance du monde…
   
   Comme toujours, c’est en suivant la trace d’un docte prédécesseur que nos héros se lancent à l’aventure, et quelle aventure ! Le centre de la terre est visitable !!
   
   Comme toujours, le docte prédécesseur est mort sans avoir pu tirer tout le suc de sa découverte, comme toujours, il est toutefois parvenu à transmettre un message livrant à d’autres son secret et leur transmettant la mission de mener sa tache à son terme mais comme toujours encore, poussé par un souci de prudence et de secret, le dit message n’a rien de transparent et seul un cerveau d’exception saura le comprendre.
   
   Voilà l’aventure lancée, énigmes, découvertes, dangers, espoirs et deuils nous tiennent en haleine sans un instant de baisse, heureux les enfants qui ont encore ces livres-là à découvrir et les adultes aussi quand ils les ont négligés ou oubliés ! Car un régal est à leur portée.
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critique par Sibylline




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Voyage à cent à l'heure
Note :

    Jules Verne, la lecture d'enfance, les livres à lire à plat ventre sur son lit, Nemo, la progéniture du capitaine Grant, Fogg et Passe-Partout, vingt mille lieues en quatre-vingts jours, je n'ai pas connu. Jules Verne, pour moi, ce fut une série de rendez-vous manqués. Il reste bien le souvenir de "Robur le conquérant" entamé sans conviction chez ma grand-mère à Paris, celui d'un volume disparu rassemblant sous une jaquette bleu turquoise les deux romans lunaires, sans doute un cadeau, jamais ouvert perdu depuis, et puis une tentative vers "Les Tribulations d'un Chinois en Chine" mais ça ne ressemblait vraiment pas au film avec Belmondo. Depuis rideau, un rideau d'au moins trente ans jusqu'à cette lecture née des aléas scolaires. Avec à la clé cet immense soulagement: Jules Verne, ça marche encore.
   
   Sans aller jusqu'à affirmer avec Raymond Roussel qu'il est "monstrueux de le faire lire à des enfants", force est de constater qu'il est tout aussi délectable au lecteur adulte. Il faut dire que "Voyage au centre de la Terre" est un des premiers titres de la série des "Voyages extraordinaires", que c'est le roman d'un homme encore jeune, trente-six ans, et qu'il ne souffre peut-être pas de la masse de considérations techniques et scientifiques qui, dans mon esprit, allaient alourdir les volumes à venir. En fait il y a bien ici des notations savantes mais elles ne sont pas indigestes, elles sont de plus forcément limitées dans la mesure où Jules Verne parle d'un monde souterrain totalement inconnu, les explorations d'Édouard-Alfred Martel, l'inventeur de la spéléologie moderne, ne devant venir qu'un peu plus tard.
   
   Un autre préjugé concernant les romans de Jules Verne a trait à la longueur et à la fréquence des descriptions. Là aussi, c'est une fausse idée, du moins pour ce volume. Les passages descriptifs sont pure poésie, un enchantement de lecture qui ajoute au plaisir de suivre une aventure vraiment palpitante. Le roman est assez court, nerveux, toujours en mouvement et ne laisse pas un instant de répit. Il est raconté par le jeune Axel, neveu d'un professeur intrépide qui l'entraîne dans une aventure à laquelle il ne veut pas vraiment participer. Jules Verne inverse ici intelligemment le schéma habituel des romans de jeunesse, c'est l'adulte qui est téméraire et l'enfant pantouflard. Le roman raconte aussi, c'est son côté formateur qui correspondait à la vision de l'éditeur Hetzel, l'évolution de ce dernier, son éveil au courage et à l'intérêt scientifique.
   
    Curiosité. J'apprends, dans le dernier chapitre, que les habitants de Stromboli s'appellent les Stromboliotes. C'est pour moi une grande nouvelle, comme le devinent ceux qui se souviennent de cette notule d'octobre 2004 : "TV. Football : Chypre - France (0 - 2). La présence des Chypriotes me remet en mémoire la grande affection que j'entretiens pour le suffixe "ote" qui, ajouté à un nom de lieu, en désigne les habitants. Le match n'étant guère passionnant, je pars à la recherche de la liste de ces lieux que j'avais commencé à établir. Elle n'est pas très longue, puisque, outre les Chypriotes susmentionnés, elle ne comprend que les habitants de Smyrne (Smyrnotes), du Caire (Cairotes), Istanbul (Stambouliotes), Skopje (Skopjotes), Sofia (Sofiotes), Andros (Andriotes). Je n'ai jamais trouvé d'où venaient Judas Iscariote et Simon le Zélote. Mais j'ai connu une grande félicité lorsque j'ai découvert dans le Larousse illustré de 1905 que les habitants de Chio ("île de l'archipel ottoman") étaient les Chiotes. L'article précise même qu'au Moyen Âge, "Arabes, Turcs et Européens s'en sont constamment disputé la domination". Ce qui me permet d'affirmer, renouant avec un humour de cour de récréation que je n'ai jamais totalement renié, que les Chiotes ont été souvent occupés."

critique par P.Didion




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