Lecture / Ecriture
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Millenium 3 : La reine dans le palais des courants d'air de Stieg Larsson

Stieg Larsson
  Millenium 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes
  Millenium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
  Millenium 3 : La reine dans le palais des courants d'air

Stieg Larsson est le nom de plume de Karl Stig-Erland Larsson, journaliste et écrivain suédois né en 1954 et mort d'une crise cardiaque en 2004. Sa trilogie "Millénium" a été publiée à titre posthume de 2005 à 2008. David Lagercrantz lui a même ajouté un tome 4...

Millenium 3 : La reine dans le palais des courants d'air - Stieg Larsson

Déjà la fin !
Note :

   Avec "La reine dans le palais des courants d'air" (titre énigmatique s'il en est) se clôt la trilogie du Millénium.
   700 pages denses et efficaces qui tiennent en haleine au point que j'ai lu jusqu'à 1 h 30 mardi matin...
   Pas pu résister !
   Au début de ce roman, le rythme est nettement ralenti car l'héroïne, Lisbeth, la prétendue psychotout-ce-que-vous-voulez avait quand même salement été amochée à la fin du volume deux et elle a beau avoir neuf vies comme les chats, un peu de repos était nécessaire.
   
   Cela donne aussi l'occasion à Stieg Larsson de nous expliquer les rouages d'une histoire d'espionnage politique avant de mettre en place les rebondissements tant dans la vie privée que dans le dénouement de la conspiration qu'il a su orchestrer avec brio.
   
   Mais "Tout compte fait, cette histoire n'a pas pour sujet principal des espions et des sectes secrètes dans l'Etat, mais la violence ordinaire exercée contre des femmes, et les hommes qui rendent cela possible"(p.651), ces hommes qui n'aimaient pas les femmes, thème qui a couru tout au long de ces trois volumes.
   
   Nous craignons pour la vie de tous les personnages auxquels nous nous sommes attachés, en découvrons de nouveaux et continuons à explorer les rouages du journalisme, de la politique et de la police suédois.
   
   Le procès (et le revirement qui s'y opère) nous fait battre le coeur et nous refermons ce volume, un petit pincement au coeur,sachant que nous ne retrouverons pas ceux auxquels nous nous étions attachés, l'auteur étant malheureusement décédé.
   ↓

critique par Cathulu




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Final haut de gamme
Note :

    On sait tout désormais ou presque sur l'histoire Millémium: les trois tomes écrits en deux ans et apportés d'un bloc à l'éditeur, les sept autres prévus, la mort subite de Stieg Larsson avant la sortie du premier livre, le succès envahissant la Suède (2,5 millions d'exemplaires vendus), puis les pays nordiques et maintenant le monde entier. On a dit assez tôt ici tout le bien que l'on pensait du premier volume, on a exprimé dans la foulée un léger bémol concernant le deuxième, une petite déception totalement éclipsée par la lecture du volet final.
   
   Dans ce dernier épisode, on s'apprête à juger Lisbeth Salander pour une série de crimes qu'elle n'a pas commis et son principal soutien, le journaliste Mikael Blomkvist, est occupé à démanteler tout un pan des Services secrets suédois. La machine Larsson est parfaitement en place et on se demande comment d'emblée, à son premier essai, ce journaliste a pu ainsi faire preuve d'une telle maîtrise des codes du thriller.
   
    La construction du livre est une merveille: les deux intrigues principales qui progressent crescendo en montage alterné, autour de ces deux pôles une succession d'histoires secondaires qui finissent par y être connectées, l'injection régulière de nouveaux personnages, le suspense maintenu jusqu'aux deux morceaux de bravoure attendus (le procès Salander et le coup de filet dans les hautes sphères de l'espionnage) sans oublier un rebondissement final qui vaut le détour.
   
    C'est magistral, bourré d'inventions et de surprises, c'est écrit au rasoir sans un paragraphe superflu et c'est d'autant plus remarquable que Stieg Larsson dépasse la simple maîtrise des codes d'un genre (que d'autres ont possédée avant lui) pour faire de sa création une oeuvre politique, sociale et humaniste à la hauteur de ses préoccupations: Stieg Larsson était un idéaliste, un journaliste acharné à révéler les aspects les plus sombres de son pays et cette trilogie a été écrite dans cet esprit.
   
    Pour une fois qu'un énorme succès est mérité, il n'y a pas lieu de faire la fine bouche : on a rarement tourné 2000 pages à une telle vitesse.

critique par P.Didion




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