Lecture / Ecriture
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Ma maison en Ombrie de William Trevor

William Trevor
  Ma maison en Ombrie
  Le voyage de Félicia
  Mauvaises nouvelles
  Les anges dînent au Ritz
  Péchés de famille
  En lisant Tourgueniev
  Hôtel de la Lune Oisive
  Les splendeurs de l'Alexandra
  Secrets intimes
  Cet été-là
  Très mauvaises nouvelles
  Mourir l’été
  Lucy
  Les Enfants de Dynmouth

Sir William Trevor (de son vrai nom William Trevor Cox), né le 24 mai 1928 à Mitchelstown dans le comté de Cork en Irlande, est romancier, nouvelliste, dramaturge et scénariste. Lauréat de nombreux prix littéraires aussi bien en Irlande qu'en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, membre de l'Académie irlandaise, anobli par la reine Élisabeth II d'Angleterre, Sir William Trevor a connu une consécration relativement tardive dans les pays francophones. Il est mort en 2016.
Wikipedia

Ma maison en Ombrie - William Trevor

Alcool + Imagination = perception très personnelle
Note :

   A 11h45 le 5 Mai 1987, une bombe explose dans un train italien. Emily Delahunty, rescapée miraculeuse de cet attentat, recueillera dans sa maison en Ombrie trois autres survivants. Trois personnes très différentes, que rien d’autre que le drame ne réunit, réapprennent à trouver du sens à la vie, ensemble. Chacun est un principe de force pour ses compagnons.
   
   Petit à petit, par minuscules touches brumeuses et noyées dans un flot de paroles, Emily se dessine. Personnage atypique, elle s’est installée en Ombrie la cinquantaine venue, comme une sorte de retraite de sa vie de cocotte. Ses rapports aux autres sont déroutants, le cours de ses réflexions est tout sauf linéaire mais c’est exactement comme ça qu’éclatent les vérités absolues.
   
   Sous le soleil italien, dans une maison d’hôte particulière et avec beaucoup de grappa, l’intelligence des êtres et des choses nous offre un bout de voile à soulever…
   
   Ah comme j’ai aimé ma rencontre avec William Trevor ! C’est ce genre de roman sujet à plusieurs interprétations, jamais de précision ni de remise en contexte, des mots qui ouvrent sur d’autres et qui sont d’une générosité incroyable.
   
   Le tout servi par une plume d’une acuité sidérante.
   
   Un grand Monsieur.
    ↓

critique par Cuné




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Ballade ombrienne
Note :

   William Trevor dont on n'a pas oublié "Coups du sort" ou "Le voyage de Felicia" est une de ces nombreuses plumes irlandaises de talent que les blogs aident d'ailleurs à (re)découvrir. "Ma maison en Ombrie" est en fait la deuxième époque d'un diptyque, "Two lives", la première étant "En lisant Tourgueniev" que je n'ai d'ailleurs pas lu. Si j'ai lu Tourgueniev mais pas "En lisant Tourgueniev", vous suivez un peu?
   
   Emily Delahunty, vieille fille, écrit des romans à l'eau de rose et vit dans sa villa près d'Assise. Elle reçoit quelques voyageurs mais les trois derniers, c'est leur convalescence qu'ils passent là-bas non loin du Lac de Trasimène. Un attentat dans un train a fait plusieurs morts et quatre blessés, un vieux général anglais, un jeune Allemand, une enfant américaine et Emily l'hôtesse.
   
   On apprend au fil du récit le passé d'Emily qui n'a pas toujours été fleur bleue, loin de là. Elle a déjà vécu l'Amérique et l'Afrique. Quinty, son âme damnée, ou son amant, ou son complice ou tout ça à la fois est un bien curieux personnage difficile à cerner. Cependant les trois survivants vont un court moment vivre "un peu" une vie de famille. Tout au moins jusqu'à l'arrivée de M. Riversmith, oncle de l'orpheline chargé de reprendre l'enfant bien qu'il ne la connaisse pas. Cet homme trouble Emily. Et puis il ressemble à Joseph Cotten et Emily est restée un peu midinette.
   
   "Ma maison en Ombrie" est un récit mezza-vocce qui ignore les éclats de voix et les scènes tapageuses, et fait d'Emily Delahunty une maîtresse de maison attentive, sensible aux cocktails et en proie à la tristesse d'une vie s'effilochant alors que ses ultimes pensionnaires s'apprêtent à partir chacun à sa manière. William Trevor nous a séduits dans cette villa d'Italie du Nord où le hasard aura pour quelques mois réuni des cassés de la vie qui auront "réveillé" le jardin et aussi un tout petit peu mieux vécu les séquelles d'un drame aveugle. L'enfant s'appelle Aimée...
   
   Le metteur en scène Richard Loncraine en a tiré un téléfilm.
    ↓

critique par Eeguab




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Entre parenthèses
Note :

   Ce court roman est le deuxième qui se trouvait dans le recueil "Two Lives" de Trevor, après "Reading Turgenev", que j'ai adoré. J'ai donc tout de suite enchaîné avec celui-ci, ayant envie de rester dans l'univers de l'auteur, teinté d'évasion, d'imagination, le tout frôlant (ou entrant carrément) dans la folie.
   
   C'est encore ces thèmes qui sont explorés ici, mais bien différemment. Une femme au lourd passé, auteure de romances, s'est installée en Ombrie, dans un genre de "maison d'hôtes". Et un jour, il y a un accident. Et les rescapés viennent pour un temps s'installer chez elle.
   
   Ce qui m'a fascinée dans ce roman, c'est l'évolution du lecteur face à la narratrice. Au départ, on se questionne. Une femme dans la cinquantaine, au lourd passé. Puis on croit la découvrir un peu, cette dame qui essaie de s'échapper dans ses romans d'amour qui finissent bien. Puis soudain, un malaise. Trop de grappa... Ses paroles, ses actions, sa naïveté, son insistance... Quelle est la part de réalité dans tout ça?...
   
   C'est un bien curieux microcosme que ces personnages. Un Général à la retraite. Un allemand. Et Aimée, une enfant. On croirait presque qu'ils vont parvenir à un équilibre, qu'il vont recréer quelque chose. Pas une famille mais quelque chose qui s'en rapproche un peu. Puis arrive l'oncle de l'enfant. Qui ressemble à Joseph Cotten...
   
   La narration est très bien maîtrisée et la plume précise et incisive. Nous avons droit à des réminiscences parfois embrumées, des passages de romans d'amour, des retours à la réalité. Tout est sous-entendu, on fait confiance au lecteur pour tirer ses propres conclusions. Des personnages atypiques, pas toujours sympathique mais profondément humains avec leurs faiblesses, leurs bassesses mais aussi leurs "grands" moments.
   
   J'ai refermé cette parenthèse (car c'en est une) avec un sourire triste. Je relirai l'auteur, vraiment vraiment!

critique par Karine




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