Lecture / Ecriture
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Les rêves des autres de John Irving

John Irving
  Liberté pour les ours !
  L'épopée du buveur d’eau
  Un mariage poids moyen
  Le monde selon Garp
  Hôtel New Hampshire
  L'oeuvre de Dieu, la part du Diable
  Une prière pour Owen
  Les rêves des autres
  Un enfant de la balle
  La petite amie imaginaire
  Une veuve de papier
  La quatrième main
  Mon cinéma
  Je te retrouverai
  Dernière nuit à Twisted River
  A moi seul bien des personnages
  Avenue des mystères

AUTEUR DES MOIS D'AOUT & SEPTEMBRE 2007

John Irving est né en 1942 dans le New Hampshire. C’est un enfant naturel à qui sa mère a refusé de parler de son père. Toute son œuvre porte la trace de ce traumatisme. Pourtant, il adora son beau-père qui l’adopta, dont il prit le nom et qui le traita toujours comme son fils.


Après des études assez médiocres, il devint pourtant professeur lui-même, activité qu’il cessa dès que le succès du « Monde selon Garp » le lui permit.

John Irving a toujours été passionné de lutte, sport qu’il a ardemment pratiqué et enseigné.

Depuis les années 80, Irving est un auteur à succès qui vit de son œuvre, qui a été adaptée au cinéma, généralement avec sa participation.

Actuellement, il vit dans le Vermont, à Toronto et à New York.

PS : John Irving semble ne guère priser les Français. Cela transparaît dans certains de ses romans. C’est pure ingratitude de sa part car nous, on l’aime bien. ;-)

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les rêves des autres - John Irving

Sept nouvelles
Note :

   «Les rêves des autres» réunit sept nouvelles de John Irving écrites entre 1968 et 1993.
   
   D’intérêt et préoccupations variées, elles sont néanmoins toutes en liaison avec l’essence de l’être humain, de «l’homus americanus», qui inévitablement en vient un jour à se poser des questions existentialistes ; «pourquoi en suis-je là ?, vers quoi mon destin me pousse-t-il ?».
   
   Que ce soit pour celui qui acquiert un jour la faculté de rentrer dans les rêves des autres en dormant dans leurs lieux de sommeil («les rêves des autres»),
   
   Ou celui qui se laisse un peu cahoter par la vie comme elle vient, urologue de profession (tiens, ne serait-ce pas un recyclage des données collectées pour «l’épopée d’un buveur d’eau» ?). Qui a du mal à trancher entre ses obligations à l’hôpital, la volonté opiniâtre de son voisin à vouloir abattre son noyer qui provoque un raffût de tous les diables lors de la chute des noix sur leurs toits respectifs, et l’envie de sa jeune femme d’avoir un enfant. Le tout sur fond désabusé («l’espace intérieur»).
   
   Ou encore celui qui pour quitter sa femme prend la route avec sa Volvo chérie pour aligner les kilomètres comme on peut les aligner aux USA et se retrouver aux portes de l’Iowa pour mal finir («dans un état proche de l’Iowa»).
   
   Ou encore, plus étrange, Minna Barrett, surveillante de pensionnat vieille fille de cinquante-cinq ans, dont le seul horizon se borne à planifier la retraite chez son frère pour partager leurs maigres ressources, qui nous raconte ses sentiments feutrés et desséchés et qui se trouve confrontée, l’espace d’un été, à la tornade constituée par Clémence, femme pulpeuse et pleine de vie qui chambardera le bel ordonnancement du pensionnat («un royaume de lassitude»).
   
   Dans «mon dîner à la Maison Blanche», il nous livre quelques clef permettant de cerner le John Irving homme public.
   
   Mais c’est dans «faut-il sauver Piggy Sneed» qu’il présente sa conception de l’écrivain et de la démarche de l’écrivain :
   « Ce qui va suivre est autobiographique, mais, entendons-nous bien, pour l’écrivain non dépourvu d’imagination, toutes les autobiographies sont truquées. La mémoire d’un auteur de fiction ne saurait lui fournir que des détails peu satisfaisants ; il nous est toujours possible d’en imaginer de meilleurs, de plus adéquats. Le détail juste est rarement ce qui s’est produit sans retouches ; le détail vrai, c’est ce qui aurait pu, ou qui aurait dû, se produire. Je passe la moitié de ma vie à me relire et, sur cette moitié, la moitié du temps à introduire de menus changements. La condition de l’écrivain exige qu’il sache allier l’observation minutieuse à l’imagination non moins minutieuse de ce qui ne lui a pas été donné d’observer. Quant au reste, il consiste à se colleter proprement avec le langage ; pour moi, en l’occurrence, travailler et retravailler les phrases jusqu’à ce qu’elles sonnent avec la spontanéité d’une conversation de niveau agréable.»
   
   Puisse-t-il continuer à converser encore longtemps !

critique par Tistou




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Rêves éveillés ou réalités cauchemardesques ?
Note :

   En fait, le titre de cet ouvrage n’est que celui de la première des sept nouvelles qui le composent.
   
   Les autres ont des titres tout aussi inspirés de l’imaginaire et du burlesque, deux spécialités dans lesquelles John Irving règne en maître !
   
   Récits pleins d’humour, fantasques, anticonformistes ; de cette teinte propre à l’auteur.
   
   L’écriture est aisée, et si les thèmes sont, à mon goût, souvent trop « méandreux», cette écriture fluide et maîtrisée fait que le plaisir de lire reste entier.
   
   Son imagination débridée lui permet la plupart du temps d’insérer un récit dans le récit, même dans une courte nouvelle comme ici…
   
   Il n’oublie pas non plus le petit clin d’œil au dur métier d’écrivain, qui figure dans plusieurs de ses romans.
   
   Si j’avais dû choisir un extrait, j’aurais gardé le même que Tistou…

critique par Jaqlin




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