Lecture / Ecriture
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En attendant l’aube de Mario Rigoni Stern

Mario Rigoni Stern
  Lointains hivers
  En attendant l’aube
  Histoire de Tönle
  Les saisons de Giacomo
  Le sergent dans la neige

Mario Rigoni Stern est né en Vénétie en 1921. C’est un montagnard très attaché à ses racines.
Il a participé à la seconde guerre mondiale dans les chasseurs alpins, a été fait prisonnier en stalag pendant des longs mois avant de s’évader.
Il a été publié assez tard.
Il a reçu le prix PEN italien en 1999.
Il est mort en juin 2008 à 86 ans.

En attendant l’aube - Mario Rigoni Stern

Racines
Note :

   Nous avons ici un beau petit recueil de cinq courtes nouvelles qui nous imprègnent de l’ambiance qui est propre à Rigoni Stern et que j’aime; un monde simple, profond et vrai, en harmonie avec la nature et qui ne s’embarrasse de rien d’inutile. Il saisit à la perfection la naturelle évidence des choses de la vie.
    «Tu exprimes ce que tu as à dire, parce que tu as compris que les choses qui donnent un sens à la vie sont en petit nombre.»
   Très petit, toujours, mais plus encore à la période pendant laquelle se situent ces nouvelles : la guerre.
   
   Ce sont des textes vraiment poignants tous habités d’une vérité profonde et de cette connaissance parfaite qu’a cet auteur de la justesse des choses qui méritent qu’on s’y intéresse, quelques que soient les circonstances.
   
   La première : «Neiges de janvier» évoque à la fois la mort d’un soldat et, par le biais de ses derniers souvenirs, les joies simples et vraies d’une rencontre amoureuse.
   
   «En attendant l’aube» évoque la vie au stalag où fut emprisonné Mario Rigoni Stern, faim, froid, travaux forcés et les adaptations profondément humaines. Ces camps dont il «était certain de revenir», sans réaliser semble-t-il aujourd’hui encore, qu’ils l’étaient dans leur grande majorité et que beaucoup se trompaient.
   
   «Noël 45» : juste après la guerre, le narrateur se « refait » dans la solitude hivernale de la montagne, retrouvant les gestes simples de la vie, rêvant d’ « Australie », incapable de pardon tout autant que de vengeance.
   
   «La bouteille retrouvée» souligne le drame des pertes humaines de la guerre (1917) et le parallèle entre la vie simple et proche de la nature de ces hommes qui réapparaît même au front, et le sort guerrier qu’on leur fait vivre. Les réflexes de la chasse se retrouvent au front.
   
   Seule la dernière nouvelle n’est pas sur ce thème. Elle est un hommage au peintre de la Renaissance, Jacopo da Bassano (Jacopo da Ponte), natif de sa région et auquel il voue une grande admiration. Cet hommage se fait par l’historique de la vie de cette famille de peintres, retrouvant et soulignant chez lui les valeurs simples et vraies du montagnard qu’il était aussi.
   
   Le style de Mario Rigoni Stern est à l’image de la philosophie qu’il véhicule : dense, simple, beau.
   A lire

critique par Sibylline




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