Lecture / Ecriture
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Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux de Kate Atkinson

Kate Atkinson
  La souris bleue
  Dans les replis du temps
  Sous l’aile du bizarre
  Dans les coulisses du musée
  Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux
  A quand les bonnes nouvelles?
  On a de la chance de vivre aujourd'hui
  Parti tôt, pris mon chien
  Une vie après l'autre
  L'homme est un dieu en ruine
  Transcription

Kate Atkinson est un écrivain britannique née en 1951.

Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux - Kate Atkinson

Poupées russes
Note :

   A Edimbourg, pendant le festival de théâtre, se produit un accrochage entre deux automobilistes : une Honda emboutit une Peugeot. Bien que les dégâts soient minimes, le chauffeur de la Honda se met à frapper sauvagement celui de la Peugeot avec une batte de base-ball. Un témoin s’interpose et parvient à faire fuir l’agresseur. L’incident semble clos, mais c’est en réalité le point de départ d’aventures hautes en couleurs dans lesquelles se retrouvent impliqués plusieurs témoins de l’incident, à commencer par Jackson Brodie, l’ex-détective privé devenu millionnaire, héros de «La souris bleue».
   
   Une fois de plus, Kate Atkinson parvient à mêler avec brio enquête policière à suspense et satire de la vie contemporaine britannique. Tout est réussi dans «Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux». La galerie des personnages tout d’abord est incroyable : outre le très attachant Jackson, qui a toujours le chic pour se fourrer dans le pétrin, et sa compagne Julia, comédienne ratée également rencontrée dans «La souris bleue», on trouve dans les rôles principaux Martin, un timide auteur de romans policiers, Gloria (mon personnage préféré), l’épouse d’un promoteur immobilier véreux dont on ne sait pas trop si elle est une sainte ou une psychopathe, Louise, une policière efficace dans son travail mais qui a du mal à gérer son adolescent de fils, ou encore Tatiana, une mystérieuse call-girl russe. Mais comment Kate Atkinson parvient-elle à créer des personnages aussi vivants ? Ils sont tous si réels, avec leurs rêves, leurs défauts, leurs angoisses, qu’on ne peut s’empêcher d’éprouver une grande tendresse pour eux, et c’est à regret qu’on les quitte à la fin du livre (au point que j’ai lu les dernières pages très, très lentement pour faire durer le plaisir).
   
   Et l’intrigue ! Du grand art, comme toujours, car elle est complexe, foisonnante et cependant jamais obscure. La construction est brillante : les chapitres suivent alternativement les différents protagonistes, et peu à peu des liens se tissent entre chaque histoire, les pièces du puzzle s’emboîtent progressivement comme des poupées russes, jusqu’à ce que tous les rouages de l’intrigue apparaissent en pleine lumière. Toutes les questions sont résolues à la fin, donc pas de frustration pour le lecteur. Admirons le travail d’orfèvre de Kate Atkinson, qui réussit même l’exploit de glisser un coup de théâtre à la dernière ligne du roman !
   
   Et l’humour ! L’humour caustique, c’est presque la marque de fabrique de Kate Atkinson qui excelle à épingler férocement tous les travers de la société. En vrac, le snobisme culturel et le théâtre d’avant-garde (la pièce dans laquelle joue Julia s’intitule «A la recherche de l'équateur au Groënland», mais ne parle ni de l’équateur, ni du Groënland ni de la moindre recherche), la dure condition de l’écrivain, le cynisme des promoteurs immobiliers, le culte des affaires et de l’argent, l'exploitation sexuelle des femmes d'Europe de l'Est et j’en passe. Ca décape ! Mais le roman contient aussi son lot de moments émouvants, en particulier lorsque Kate Atkinson aborde la problématique du couple (Jackson/Julia) ou les relations familiales à travers les personnages de Louise et de Gloria notamment (ses romans sont peuplés de Desperate housewives).
   
   J’ajoute juste que j’adorerais retrouver Jackson Brodie dans un troisième volume (et aussi savoir à l’occasion qui était vraiment Tatiana !).
   ↓

critique par Caroline




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Je m'en mêle
Note :

   Excellent! Décidément j'ai un vrai coup de coeur pour cet(te) auteur(e)
   (à priori nous serions vivement encouragés à féminiser le plus possible les noms maculins. Pour ma part, j'ai du mal avec la version féminisée, peut-être la force de l'habitude...Bref, fin des parenthèses)
   
   Pour en revenir au roman, une image me semble bien lui correspondre: les matriochkas. Vous savez, ces petites poupées russes qui s'emboîtent les unes dans les autres...
   
   Et bien ce récit est construit pareil: plusieurs histoires se mêlent, s'emmêlent, s'emboîtent... Les différents récits semblent n'avoir rien en commun, et pourtant...! Ce système pourrait paraître casse-tête, véritable embrouillamini, mais non, Kate s'en sort les doigts dans le nez; un enchevêtrement qui m'a d'ailleurs semblé bien mieux maîtrisé que dans "La Souris bleue".
   
   Le suspense est forcément au rendez-vous, soutenu par la construction façon Matriochka (matriochkas qui reviennent en plus fréquemment dans le récit). Côté personnages, j'ai retrouvé avec plaisir mon cher Brodie, toujours aussi paumé et aussi humain. Il est accompagné de la très théâtrale Julia et de nouveaux protagonistes très attachants.
   
   Bref, un récit qui mêle (oui, c'est mon verbe du jour) avec brio satire, humour, suspense et émotion. Peut-être un peu moins d'émotion quand même... tant pis, ce roman à un p'tit goût de "reviens-y" qui appelle à un 3ème opus...
   
   Une suite, une suite!!!
   ↓

critique par Morwenna




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Joli titre accrocheur...
Note :

   Recommandé par la chronique littéraire d'une revue féminine, j'avoue avoir été séduite par le titre accrocheur de ce livre d'une auteure que je ne connaissais pas, l'avoir noté et trouvé disponible en bibliothèque, alors que d'autres titres ne l'étaient pas...
   
   Parce qu'il a été témoin d'un violent accrochage entre deux automobilistes, Jackson Brodie, va se trouver lancé dans une série d'aventures incroyables...
   
   "Les choses s'arrangent..." est un thriller, une comédie noire et une satire de la vie contemporaine britannique. Plusieurs intrigues se croisent dans un texte porté par un humour subversif et un suspense hitchcockien.
   Sont brocardés entre autres, un certain théâtre d'avant-garde, les exercices auxquels doivent se plier les écrivains pour écrire leurs livres, une certaine littérature populaire, les promoteurs immobiliers, l'exploitation sexuelle des jeunes femmes d'Europe de l'Est, les nouveaux riches..., j'en oublie sûrement!
   
   Toute une salade! Plutôt indigeste en ce qui me concerne. Je n'ai pas aimé...!

critique par Françoise




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