Lecture / Ecriture
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Laurel et Hardy vont au paradis de Paul Auster

Paul Auster
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  Dès 10 ans: Auggie Wren's Christmas Story
  Moon Palace
  Tombouctou
  Le voyage d'Anna Blume
  Laurel et Hardy vont au paradis
  Pourquoi écrire?
  La Trilogie new-yorkaise
  Brooklyn follies
  La nuit de l’oracle
  Dans le scriptorium
  Mr Vertigo
  La cité de verre
  Léviathan
  L'invention de la solitude
  Le livre des illusions
  Le carnet rouge
  Seul dans le noir
  Invisible
  Sunset Park
  Chronique d’hiver
  4321

AUTEUR DU MOIS DE NOVEMBRE 2005

Paul Auster est né en 1947 dans le New Jersey. Il vit aux Etats Unis (Brooklin) avec de fréquents séjours en Europe, France en particulier. Il a fait des études littéraires à la Columbia University et il parle fort bien le français puisqu'il fut le traducteur de Mallarmé, de Sartre et d'autres.


Il connaît une dizaine d'années de galère durant lesquelles il écrit tout en exerçant différents métiers, jusqu'au décès de son père. A ce moment, son héritage lui permet de s'adonner plus complètement à l'écriture et il sera plublié 3 ans plus tard.
Il écrit également des scénarii de cinéma.
C'est maintenant un auteur largement reconnu.
Il est le compagnon de Siri Hustvedt.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"


Laurel et Hardy vont au paradis - Paul Auster

Quand Paul Auster cherchait sa voix
Note :

   Les trois pièces proposées ici sont des oeuvres de jeunesse, que Paul Auster a pu écrire grâce à une bourse qui l'avait dégagé pour un temps des petits boulots (traductions et critiques) qui lui permettaient de faire bouillir la marmite, une bourse qui lui avait donné la possibilité de voyager et d'expérimenter en toute liberté, sans souci du lendemain (des circonstances que Paul Auster nous décrit par le menu dans "Le diable par la queue").
   
   La première pièce, "Laurel et Hardy vont au paradis", place ces deux personnages bien connus dans un univers étrange et une profonde solitude. Nos deux héros doivent accomplir un certain nombre de tâches, tout d'abord une série d'exercices physiques et spirituels en guise d'échauffements, et enfin leur tâche principale: construire un mur à l'aide de 18 grosses pierres qui doivent être disposées dans un ordre à la fois précis et complètement dénué de sens... L'absence de sens de la tâche de nos deux héros, l'attente d'un inspecteur qui ne vient pas, tout cela vous a un certain petit air d' "En attendant Godot", avec un côté comique plus accentué, plus de légèreté. Moins de force dramatique aussi.
   
   "Black out" nous plonge dans une atmosphère de mystère et de mélancolie, une atmosphère de roman noir. Trois hommes, dénommés par les sobriquets de Black, Green et Blue, sont rassemblés dans un bureau. Blue doit remettre à Black un rapport. On devine qu'il s'agit d'un rapport de filature ou de surveillance, mais sans que les enjeux soient clairement révélés, tandis que d'autres personnages sont évoqués de façon assez mystérieuse... Un peu trop mystérieuse, peut-être...
   
   Enfin, la troisième pièce, "Cache cache", nous confronte à deux personnages - un homme et une femme - enfermés chacun de leur côté dans une sorte de boîte, qui ressemble à un théâtre de marionnettes, avec une ouverture munie de rideaux sur l'avant. Ils partageront toute la durée de la pièce entre la poursuite d'un dialogue sans queue ni tête, la recherche d'un objet dont ils ont complètement oublié la nature, et des moments de silence où ils se dissimulent derrière leurs rideaux fermés.
   
   On pressent dans ces trois pièces l'ébauche d'une réflexion sur la vie, son sens ou son absence de sens, et sur le langage, ce qu'il signifie, ce qu'il échoue à dire, les malentendus et les manipulations auxquels il se prête. Mais malgré quelques jolies trouvailles, malgré quelques belles métaphores et quelques formules qui restent gravées dans l'esprit du lecteur, aucune de ces trois pièces ne parvient vraiment à décoller. Elles m'apparaissent finalement pour ce qu'elles sont - de l'aveu même de Paul Auster - des expériences d'un jeune écrivain qui cherchait encore sa voix. C'est une lecture agréable, mais dont le principal intérêt, essentiellement documentaire, est de permettre aux "fans" de Paul Auster de découvrir ses premières gammes.
   

critique par Fée Carabine




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