Lecture / Ecriture
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Des femmes remarquables de Barbara Pym

Barbara Pym
  Des femmes remarquables
  Une demoiselle comme il faut
  Crampton Hodnet
  Adam et Cassandra
  Un brin de verdure
  La douce colombe est morte
  Comme une gazelle apprivoisée
  Jane et Prudence
  Quatuor d'automne

Barbara Mary Crampton Pym est une écrivaine britannique née en 1913 et morte en 1980.

Des femmes remarquables - Barbara Pym

Journal d’une femme désespérée
Note :

    Cher Journal,
   
   J’ai décidé de commencer à te tenir parce qu’il est temps que je prenne ma vie en main. (Non, ça ne va pas !) J’ai décidé de commencer ce journal parce que je voulais tenir quelqu’un au courant de ma vie palpitante. Non pas qu’il m’arrive quoi que ce soit digne d’être mentionné, mais après tout, j’ai aussi le droit de considérer ma vie d’un point de vue nombriliste. Sur ce, j’en ai déjà assez avec tes insinuations pernicieuses, je n’ai pas encore lu la note que m’a laissée Maisie et je ne sais toujours pas comment elle réussit cet extraordinaire crumble aux fruits rouges ! Bonne nuit !
   
   Le jour suivant.
   Aujourd’hui j’ai fait les courses. (Non, sans intérêt) Aujourd’hui je suis allée voir Julian Malory, notre pasteur. (Affreusement banal). Je rentre tout juste du presbytère où j’ai eu une conversation des plus intéressantes avec Winifred, la sœur de notre pasteur Julian. Nous avons arrêté une date pour la prochaine vente de charité et décidé de nous rendre ensemble au village de X au printemps prochain. Il paraît qu’ils vendent des chrysanthèmes vraiment peu communs !
   
   Le soir.
   Mon voisin Rocky est venu. Je me suis sentie un peu bête avec toutes mes culottes étendues dans la cuisine. Heureusement que le thé n’était pas trop fait. Comme je le pense souvent, rien de tel qu’une bonne tasse de thé dans les moments critiques ! Rien de pire qu’un thé trop léger, c’est aussi pour ça que je touillais nerveusement le thé avant de servir Rocky. Sa femme Héléna est encore sortie seule. Ou plutôt non, je crois avoir compris qu’elle était accompagnée d’un collègue… je ne peux pas m’empêcher de penser que sa place est auprès de son mari. Mais je ne devrais pas me mêler de la vie des autres. Oh, au fait ! Rocky m’a donné une adorable tasse victorienne ! Et je préfère ne pas penser que c’est parce que le service était déjà dépareillé.
   
   Le surlendemain.
   Il pleut.
   
   Plus tard.
   J’ai nettoyé mes vitres. Maintenant j’ai une vue charmante sur le presbytère !
   
   Un jour.
   Cela fait quarante ans que je tiens ce journal. Rocky est parti, Winifred et Julian ne sont plus là mais je fais toujours des tasses de thé pour mes voisins. Au moins les deux vieilles demoiselles qui vivent en bas sont charmantes. En revanche elles ont un chat. Je me demande si je peux leur dire qu’il a gratté et dispersé deux fois de suite la terre des jardinières donnant sur la cour.
   
   Voilà qui vous donnera très certainement une meilleure idée du roman Des Femmes Remarquables de Barbara Pym que toutes les critiques que j’aurais pu écrire !
   Et le bilan ? Sympathique. British à souhait, sans être absolument passionnant. A prescrire pour une détente immédiate après journée mouvementée de femme pas si désespérée ! ;o)
    ↓

critique par Lou




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Fundamental cup of tea
Note :

   Titre original : Excellent women
   
   Cette fois direction Londres, un Londres juste après la guerre (l'église fréquentée par l'héroïne a été en partie détruite par un bombardement, et les réunions se déroulent dans une aile; un pot de confitures paraît un beau cadeau (restrictions?)).
   
   Cette fois l'histoire est racontée à la première personne par Mildred Lathbury.
   "I suppose an unmaried woman just other thirty, who lives alone and had no apparent ties, must expect to find herself involved or interested in other's people business, and if she is also a clergyman's daughter then one might really say that there is no hope for her." (Je suppose qu'une femme trentenaire non mariée, vivant seule et sans liens apparents, doit s'attendre à se trouver impliquée ou intéressée dans les affaires des autres,et si elle est aussi la fille d'un clergyman, alors on peut réellement dire qu'il n'y a aucun espoir pour elle)(traduction perso à l'arrache)

   
   Mildred mène donc une vie tranquille, ponctuée par les fêtes religieuses, les ventes de charité, les bazars, la décoration florale de l'église, etc., bref les activités autour de l'église et le papotage avec les paroissiens, et surtout le Père Julian Malory et sa sœur. Julian est encore épousable, mais semble appartenir à l'espèce de ceux qui ne se marient pas.
   
   Par ailleurs le couple Napier s'installe dans l'appartement en dessous du sien, lui est vraiment attirant, elle est anthropologue, et voilà un nouvel univers à découvrir et fréquenter.
   
   Barbara Pym est toujours géniale, la vie de son héroïne pourrait sembler bien ennuyeuse, mais le roman ne l'est pas du tout, il y a toujours ces petites piques et réflexions assez caustiques - ou réalistes ou mélancoliques, qui font sourire ou devenir un peu triste, c'est selon.
   
   Un petit suspense, beaucoup de possibilités entre les personnages, encore une réussite.
   
   "They've moved me to a new office and I don't like it at all. Different pigeons come to the windows." (L'on m'a donné un nouveau bureau et je n'aime pas ça du tout. Ce sont des pigeons différents qui viennent aux fenêtres)
(William leur donne à manger)
   
   Au détour d'un paragraphe, enfin, Mildred, l'excellente femme, se pose la question impliquant beaucoup plus "Did we really need a cup of tea? (...) I began to realise that my question had struck at something deep and fundamental."

critique par Keisha




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